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Créer une app de révision avec l'IA en un week-end

Vendredi 25 septembre au soir, je ne connaissais pas le combo GitHub et Supabase. Dimanche à 17 h, Boomerang, une webapp de révision pour le cycle 3, tournait sur mon iPad avec son propre sous-domaine. Entre les deux : Claude Code, une page 404, un QR code trop joli pour être honnête et un renoncement que je n'avais pas prévu. Voici le making-of, sans rien couper.

MacBook, iPhone et iPad sur une table de terrasse, dimanche 27 septembre à 17 h 25
Dimanche, 17 h 25. À l'écran, le cahier des charges s'appelle encore « sans collecte de données ».

Tout est parti d'un rendez-vous parents

Restitution des évaluations nationales. Une maman explique qu'elle fait travailler sa fille en plus, le soir, sur une application. On photographie la leçon, l'application fabrique les révisions.

J'ai trouvé l'idée excellente, je suis d'ailleurs allé la télécharger… puis l'ai supprimée quand on m'a demandé ma CB 😉

Il faut avouer qu'en plus, je me suis surtout mis à réfléchir aux données de sa fille.

Il ne m'en a pas fallu plus pour partir au quart de tour 🤣

  • Je suis allé voir l'application sur l'App Store : je voulais que cette webapp devienne un outil pour ma classe et ses iPads, une app de plus parmi celles que j'utilise déjà en classe ;
  • J'ai demandé une analyse à Perplexity ;
  • Puis j'ai posé la question à Claude : peut-on faire une webapp équivalente, sur iPad et smartphone, sans collecter de données ? La réponse tenait en une condition. Séparer la fabrication des révisions, côté enseignant, et leur usage, côté élève.

Samedi soir : un dépôt vide et un nom

Cahier des charges rédigé avec Claude. Titre de travail : « Webapp de révision CM2, zéro collecte ». Retiens ce « zéro collecte », il ne va pas tenir jusqu'au dimanche soir 😬

Dépôt GitHub créé. Premier fichier CLAUDE.md, celui qui explique à Claude Code ce qu'on construit et selon quelles règles. Mon tout premier commit est parti avec une ancienne version du fichier. Annulé avant publication, ouf.

Vers 19 h, le projet avait un nom : Boomerang. Parce que c'est exactement ce que font les cartes : celles qu'on ne sait pas reviennent. Jusqu'à ce qu'on les sache. L'icône est sortie de Nano Banana, et il a fallu la reprendre avant qu'elle ressemble à quelque chose.

Icône de l'application Boomerang : un boomerang orange sur fond sable
L'icône finale, après retouches.

Dimanche, 9 h : page 404

Première mise en ligne. Je clique sur le lien, assez fier de moi. Page 404.

Illustration générée par IA : un boomerang brisé sous le chiffre 404 et la phrase Oups, le boomerang n'est pas revenu
Illustration générée par IA. La vraie page 404 était beaucoup moins drôle.

Les fichiers n'étaient jamais partis sur GitHub. Ils étaient bien rangés sur mon Mac, et nulle part ailleurs. Il manquait un geste (Commit, puis Push) que tout développeur fait sans y penser. Moi, je l'apprenais ce matin-là.

À 11 h 30, la version 0.4.2 tournait sur l'iPad : les paquets, les cartes, le quiz, les avatars.

L'après-midi, la synchronisation entre appareils, puis la publication des paquets directement depuis l'atelier.

À 16 h 30, le sous-domaine boomerang.tableautablettes.fr était branché.

À 17 h, deux paquets de test étaient publiés.

🤯 J'ai relevé les chiffres dans les journaux de Claude Code. 🤯

Première requête samedi à 19 h 28, dernière dimanche à 17 h 43 : 22 h 15, nuit comprise. En travail actif, environ 4 heures, tests sur iPad compris. 336 échanges. 90 tests automatiques, dont je n'aurais pas écrit un seul. Côté argent, rien de plus que mon abonnement : la session a pris 7 % de mon quota de la semaine. Pour être complet, il faut y ajouter le temps passé avec Claude en conversation (cahier des charges, paquets, fiches) et les réglages faits à la main dans GitHub, Supabase et le DNS.

L'IA prépare, je relis

C'est le cœur de Boomerang, et c'est la partie dont je suis le plus sûr.

Côté enseignant, il y a un atelier. Je choisis la discipline, la période, le niveau. Je colle ma leçon. Pour le premier essai, c'était l'origine des aliments en sciences, et la Révolution française en histoire.

Claude prépare un paquet : une fiche, des cartes recto-verso, un quiz qui mélange QCM, vrai ou faux, texte à trous et remise en ordre.

Ensuite, je relis. Chaque carte, chaque question, chaque distracteur. Un bouton « Relu » par élément. Tant que tout n'est pas coché, le bouton Publier reste inaccessible. Compte moins d'une dizaine de minutes par leçon, relecture comprise.

Pourquoi j'y tiens autant ? Parce que je sais comment la leçon a été faite en classe, avec quels mots, et quel QCM mal fichu piégera un élève pour de mauvaises raisons. L'IA, elle, ne le sait pas. C'est la même règle que celle que je défends dans ma charte IA en cycle 3. Et une autre, tout aussi ferme : aucune leçon collée dans Claude ne contient de prénom d'élève.

Ce que l'élève voit (et ce qu'il ne verra jamais)

Côté élève, ni nom ni compte. Un avatar parmi 44 (onze animaux en quatre couleurs, dont le panda de ma classe et le chat de la classe voisine) et un code à quatre chiffres. L'app s'installe sur l'écran d'accueil et fonctionne hors ligne.

Écran Nouvel avatar de Boomerang : onze animaux au choix, du renard au chat
Onze animaux, quatre couleurs. Aucun prénom.

Les cartes suivent une répétition espacée en cinq boîtes. Une carte ratée revient le jour même. Une carte sue revient après 1 jour, puis 3, puis 7, puis 14. Rien de neuf, ce sont les boîtes de Leitner. La différence : l'app tient le calendrier à la place de l'élève. Et le principe de départ tient en une phrase que j'ai mise sur la fiche de présentation : relire donne l'impression de savoir, chercher la réponse avant de la voir oblige à s'en souvenir.

Tout a été pensé d'abord pour les élèves DYS : police Luciole, taille du texte réglable, lecture à voix haute, compatibilité VoiceOver. Aucun chronomètre, nulle part.

Ce qu'il ne verra jamais : un classement, une série de jours à tenir, une notification. Un enfant qui révise pour garder sa série révise pour la série. Or, je voulais qu'il soit fier de me montrer sa progression en classe, ou qu'il puisse la montrer en rentrant le soir chez lui.

Dans Boomerang, une plante pousse au fil des révisions. C'est tout.

Le renoncement du dimanche après-midi

Au départ, zéro collecte. L'app sur l'appareil, point.

Et puis une question est arrivée sans crier gare dans ma petite tête 😋 : un élève qui révise en classe sur l'iPad et le soir sur le téléphone familial, il repart de zéro ? Pour que sa progression le suive, il faut la stocker quelque part. J'ai donc renoncé au « zéro donnée ».

Ce que j'ai choisi à la place : le strict minimum. L'avatar, une empreinte du code (jamais le code lui-même), l'état des cartes. Un serveur en Europe, via Supabase. Aucun nom, aucune publicité, aucun traceur, aucun cookie. Et un effacement automatique de tout, chaque 31 août.

Même vigilance pour le QR code. J'en avais fait un « joli » avec un service en ligne. Sauf que ce service redirigeait les scans, les enregistrait et pouvait expirer du jour au lendemain. Un traceur à l'entrée d'une app qui refuse les traceurs : bravo Eric. Remplacé par un QR code direct. Moins joli. Tant pis !!

QR code direct vers l'application Boomerang
Le QR code direct. Aucun détour, aucun compteur.

Dernière galère, la plus bête : la fiche de présentation pour ma moitié, qui m'a insufflé l'idée en me parlant de son rendez-vous parents de vendredi, tenait sur une page chez Claude et sur deux dans Word. Trois allers-retours. Certaines difficultés n'ont rien de technique.

Ce que je ne sais pas encore

Les élèves ne l'ont pas encore utilisée. Je n'ai donc rien à dire sur l'efficacité, et je me méfierais de moi si j'en disais quelque chose après un week-end. Le test commence en octobre, avec deux classes séparées : la mienne et celle de Laurence.

Boomerang est un projet personnel, gratuit, sans publicité, hébergé sur mon domaine. Ce n'est pas un outil officiel de mon école ni de l'Éducation nationale.

Je reviendrai ici raconter la suite, y compris ce qui casse le jour où une classe entière tapera son code en même temps.

📋 Boomerang en bref

Pour qui : les élèves de cycle 3, sur iPad, tablette, ordinateur ou téléphone.

Trois activités par leçon : une fiche, des cartes recto-verso, un quiz.

La méthode : répétition espacée en cinq boîtes, à 1, 3, 7 puis 14 jours.

Les données : un avatar, une empreinte du code, l'état des cartes. Effacement chaque 31 août.

La règle : aucun paquet publié sans relecture humaine, élément par élément.

Outils utilisés : Claude (cahier des charges, paquets, documents), Claude Code (tout le code), Nano Banana (icône et illustration), GitHub et GitHub Pages (hébergement), Supabase (synchronisation), Perplexity (analyse de départ). Aucune donnée d'élève ne figure dans cet article.

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