Billet d'humeur 15 — Canva à l'école : outil pédagogique ou aspirateur à temps perdu ?
Juin 2026
Canva à l'école, j'en parle souvent. Trop souvent, peut-être, au goût de certains.
Une collègue m'a posé la question qui fâche, un jour : « Tu passes combien de temps sur Canva par semaine ? Moi j'ai essayé, et j'ai l'impression de passer des heures pour un résultat que je faisais en dix minutes sous Word. »
C'est une critique honnête. Elle mérite une réponse honnête.
Oui, au début, Canva prend du temps
Enfin… m'a pris du temps 😋 Le temps de comprendre l'interface. Le temps de ne pas trouver ce qu'on cherche. Le temps de refaire trois fois le même visuel parce que le résultat ne me plaisait pas. Et le temps de faire deux fois le tour des templates, parce qu'il y en a tellement 🤩
La courbe d'apprentissage est réelle. Je ne vais pas prétendre le contraire.
Mais cette courbe ne dure pas. Et surtout, ce n'est pas la bonne question.
La vraie question
Elle n'est pas « Est-ce que Canva prend du temps ? ». Elle est : « Est-ce que ce que je produis avec Canva apporte quelque chose que Word ne peut pas apporter ? »
Dans mon cas, la réponse est oui. Sans hésitation. Les affiches de classe que les parents photographient. Les supports de séance que les enfants reconnaissent et qui deviennent un repère visuel. Les communications d'école qui ont enfin l'air professionnelles.
Tout ça, je ne sais pas le faire sous Word de la même façon.
Est-ce que Canva est fait pour tout le monde ?
Non. Probablement pas.
Si tu produis peu de supports visuels, si tu n'as pas besoin de créer beaucoup de ressources, si Word te suffit : Canva ne changera pas ta vie.
Mais si tu passes du temps sur des affiches, des communications, des ressources pédagogiques — et que tu veux que ce soit beau et rapide — alors ça vaut le coup d'investir le temps de l'apprendre.
Mon écosystème visuel, version imagée (illustration générée par IA).
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
Un outil ne se juge pas au temps qu'il coûte à l'entrée, mais à ce qu'il permet une fois la marche franchie.
Canva m'a coûté des heures. Il m'en rend depuis, et il rend mes supports meilleurs.
Le vrai gâchis de temps, ce n'est pas d'apprendre un outil. C'est de rester sur celui qui ne fera jamais ce dont on a besoin.
Billet d'humeur 11 — Ce qui s'automatise ne vaut plus rien
Juin 2026
Un tweet est passé devant mes yeux ce soir. Un gamin de 17 ans, 12 chaînes YouTube, 100 000 dollars par mois, trois heures de travail et le reste géré par des machines. La chute du post : « Ce business n'a rien à voir avec le talent. »
Il a raison. Et c'est exactement pour ça que ça me dérange.
Je vais te résumer le système, parce qu'il est réel.
Claude crache trente idées de sujets par semaine.
ElevenLabs pose une voix sur chaque script en quarante secondes.
CapCut assemble images et son tout seul.
Un script Python guette les pics de trafic et balance les uploads.
Vingt-quatre vidéos par jour, douze chaînes, aucune main humaine sur le clavier après le réglage initial.
Techniquement, ça tient. Je ne vais pas faire semblant du contraire. Les outils existent, j'en utilise moi-même certains. La chaîne de production décrite n'a rien d'un fantasme.
Ce qui est un fantasme, ce sont les chiffres
Zéro, puis quatre mille, puis cent mille en douze mois : une courbe trop lisse pour être honnête, sans une seule capture d'écran pour l'étayer, postée par un compte certifié qui se traduit tout seul du turc.
Et surtout : YouTube passe son temps à démonétiser et purger ce genre de fermes à contenu. Une usine à vingt-quatre vidéos quotidiennes a l'espérance de vie d'un moustique. Le récit oublie poliment de le mentionner. Et je suis fatigué de voir ces contenus pulluler sur les réseaux.
Mais mettons les chiffres de côté
Même si tout était vrai, même si le môme empochait vraiment ses cent mille dollars, il y a une phrase dans ce tweet qui devrait tous nous arrêter net : « Ce business n'a rien à voir avec le talent. »
Il le dit comme une bonne nouvelle. Moi je l'entends comme un aveu.
Parce que si ça n'a rien à voir avec le talent, alors ça n'a rien à voir avec personne.
Ces vingt-quatre vidéos quotidiennes ne sont le point de vue de personne. Elles ne racontent l'expérience de personne. Elles n'ont coûté ni une nuit blanche, ni un doute, ni une intuition. Elles existent parce qu'un script a détecté un pic de trafic. C'est tout. C'est de la matière qui remplit un trou, calibrée pour être regardée trois secondes et oubliée la quatrième.
Et c'est là que ça me ramène à nous
À ce que je fais ici, à ce que je raconte à mes collègues sur l'IA. On entre dans un moment où produire du contenu ne coûte plus rien. Plus rien. Un texte, une voix, une vidéo, une image — la machine en fabrique à la chaîne pour le prix d'un abonnement.
Et quand quelque chose ne coûte plus rien à produire, ce quelque chose ne vaut plus rien.
Ce qui devient rare, alors, ce n'est pas le contenu. C'est tout l'inverse.
C'est la voix qui parle de quelque part.
C'est celui qui a vécu la chose avant de l'écrire.
C'est le prof qui a raté sa séance avant de comprendre comment la réussir, le directeur qui a transpiré sur une décision, la personne qui met son nom et sa tête derrière ce qu'elle affirme.
Le talent, justement. Le truc dont le gamin nous explique fièrement qu'on peut s'en passer.
On peut s'en passer pour fabriquer du bruit. On ne peut pas s'en passer pour dire quelque chose.
Alors oui, j'utilise ces outils
Je m'en sers pour aller plus vite, pour dégrossir, pour ne pas réinventer la roue à chaque fois.
Mais je ne les laisse jamais parler à ma place, parce que le jour où ils parlent à ma place, il n'y a plus de raison de m'écouter plutôt qu'eux. La machine peut écrire mille billets cette nuit. Aucun ne t'aura regardé dans les yeux.
Le gamin a vingt-quatre vidéos par jour. Il n'a rien à dire.
Les deux vont parfaitement ensemble.
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
L'IA ne me fait pas peur quand elle m'aide à dire mieux ce que j'ai à dire. Elle m'inquiète quand elle remplace le fait d'avoir quelque chose à dire. La différence tient en un mot : l'incarnation. Tant que je reste celui qui a vécu, douté, testé et raté avant d'écrire, aucune machine ne peut prendre ma place. Le jour où je l'oublie, elle le fera sans effort.
Billet d'humeur 10 — Les réseaux sociaux, j'y reviens toujours
Juin 2026
2009. La Rochelle.
Laurence Juin lance la première twittclasse française. Une classe de lycée professionnel. Twitter comme outil pédagogique. À l'époque, c'était inouï.
Et moi, depuis mon compte X tout neuf, je discutais avec elle.
Un directeur d'école primaire en province. Une pionnière nationale.
On se parlait. Vraiment.
C'est peut-être ça, ce que les réseaux m'ont appris en premier : le statut n'existe plus quand on partage honnêtement.
J'ai quitté. Supprimé. Recréé.
Une trop longue traversée du désert. Puis la haine est montée. La violence aussi.
Ce n'est pas une image. C'est ce qu'on lit. Ce qu'on absorbe. Ce qu'on finit par ressentir physiquement quand on passe trop de temps là-bas.
Compliqué à gérer pour quelqu'un qui cherche exactement le contraire : le partage. L'échange. Le plaisir de parler avec des gens qui font le même métier à l'autre bout du pays.
Alors j'ai appris à doser. À choisir. À partir quand ça ne ressemble plus à ce pourquoi j'étais venu.
Ce que les RS m'ont appris sur mon métier
Que ma pratique mérite d'être racontée. Pas par ego. Par utilité.
Parce que chaque fois que j'ai partagé un truc — un outil, une organisation, une galère surmontée — quelqu'un quelque part a dit « moi aussi » ou « je vais essayer ».
Et ça, aucune formation, aucun stage, aucune circulaire ne me l'avait jamais dit.
Les réseaux m'ont aussi appris que la communauté enseignante est immense. Diverse. Et bien plus réflexive qu'on ne le croit.
Elle se cache juste derrière des pseudos. Des comptes avec trois abonnés qui postent des pépites. Des collègues qu'on ne croisera jamais en vrai mais dont on connaît la classe mieux que celle du bureau d'à côté.
Alors oui, j'y reviens
Et je repars parfois.
Mais je reste convaincu d'une chose : partager sa pratique, c'est aussi la faire progresser.
Se projeter, c'est déjà un peu débuter.
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
Les réseaux ne sont pas un lieu. Ce sont des gens. Quand on choisit bien ceux qu'on lit, qu'on suit, à qui on répond, on retrouve ce pour quoi on était venu : cette conversation entre collègues qu'aucune salle des maîtres ne pourra jamais offrir.
Billet d'humeur 9 — Oser demander, oser rêver
Avril 2026
Je me définis souvent comme un explorateur.
Pas le genre avec le chapeau et la machette. Plutôt celui qui cherche... tout le temps.
Chercher des idées. Chercher des solutions. Chercher ce qui n'existe pas encore.
Tester tout le temps.
Se planter parfois.
Se relever toujours.
La question qui a tout changé
Le projet V2 est né de là. D'une question simple posée par Monsieur le Maire :
« Et si vous deviez imaginer l'école de demain ? »
J'aurais pu répondre prudemment. Proposer des ajustements. Rester raisonnable.
Mais non.
J'ai osé demander. Demander des iPads pour tous. Demander une refonte complète des espaces. Demander une cour végétalisée.
J'ai osé rêver. Grand. Trop grand peut-être, me disais-je à l'époque.
Et pourtant...
Pourtant, le feu vert est arrivé. Immédiat. Total.
Ce jour-là, j'ai compris quelque chose d'essentiel.
On ne nous dit jamais oui si on ne demande pas.
Ça paraît évident dit comme ça. Mais combien de fois on se censure ? Combien de fois on se dit « ça ne passera jamais » avant même d'avoir essayé ?
Un rêve avec un plan
J'ai appris à formuler mes rêves, mes envies. À les structurer. À les présenter de façon à ce qu'ils deviennent des projets.
Un rêve sans plan, c'est juste un souhait.
Un rêve avec un plan... c'est un projet.
Et un projet, ça se défend. Ça se négocie. Ça se concrétise.
Alors oui, parfois on se plante. Parfois on essuie des refus. Parfois on doute.
Mais les fois où ça marche...
Ces fois-là valent toutes les autres.
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
Explorer, c'est accepter de ne pas savoir où l'on va. Oser demander, c'est accepter qu'on puisse nous dire non.
Mais c'est aussi s'ouvrir la possibilité d'un oui qui change tout.
Billet d'humeur 8 — On parle de bien-être à l'école. Mais ce concept, on en fait quoi ?
Mars 2026
Ces dernières semaines, j'ai écrit un courrier aux familles.
Pas un courrier de rentrée. Pas une invitation à la kermesse.
Un courrier sur les incivilités. Entre adultes. Entre élèves. Des situations qui ont eu des suites.
Pas vraiment le genre de truc qu'on apprend à gérer en MEEF.
Et pourtant. Au moment de l'écrire, j'ai pensé à l'équipe avant tout. Aux collègues qui encaissent. Qui sourient le lendemain matin devant 25 enfants. Qui font comme si.
Parce qu'on fait toujours comme si.
L'école doit rester un espace de confiance — c'est ce que j'ai écrit aux familles. C'est vrai. Mais un espace de confiance, ça se construit aussi pour les adultes qui y travaillent. Pas seulement pour les enfants.
Le bien-être : beau mot de circulaire
Le bien-être à l'école, c'est devenu un beau mot de circulaire.
Des tableaux de bord. Des formations. Des référents. Des enquêtes anonymes.
Ce que j'observe sur le terrain, c'est autre chose : c'est un café bu trop vite entre deux récréations. C'est une blague dans la salle des maîtres qui désamorce une tension. C'est un collègue qui prend le temps de demander « ça va, toi ? » — et qui attend vraiment la réponse.
Le bien-être, ce n'est pas un dispositif. C'est une culture.
Et cette culture-là, on la construit malgré. Malgré les tensions. Malgré les courriers difficiles. Malgré les situations qui débordent du cadre.
On la construit quand même. Et franchement, ça mérite qu'on en parle.
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
Le bien-être des acteurs de l'école (enfants, adultes) n'est pas un luxe. C'est une condition.
Une condition pour être présent, disponible, vivant professionnellement.
Billet d'humeur 7 — Pourquoi suis-je incapable de faire deux années de suite la même chose ??
Mars 2026
C'est plus fort que moi.
Chaque année, je me dis « Cette fois, je garde ce qui fonctionne. Je stabilise. Je ne change plus rien. »
Et chaque année... je recommence une grande partie du travail.
Pas par masochisme. Pas par ennui. Mais parce que je vois toujours comment faire mieux. Autrement. Différemment. Mais souvent après 😋
Le Plan de Travail : une évolution permanente
Au début, c'était simple. Un plan de travail sur une seule matière. Je m'en souviens comme si c'était hier : la géométrie. Une feuille A4 recto-verso.
Et puis j'ai voulu enrichir. Complexifier. Personnaliser.
Du PLAN DE TRAVAIL, je suis passé au PROGRAMME DE TRAVAIL. Plus complet. Plus ambitieux. Incluant plusieurs disciplines. D'ailleurs Programme de travail parce qu'il s'agit d'une Feuille de route donnée aux élèves donc autant appeler un chat un chat !!
Est-ce que c'était nécessaire ? Probablement pas pour tout le monde. Pour moi, oui. Parce que je ne supportais plus les limites de l'ancienne version.
Les disciplines de Découverte du Monde : le grand chantier
L'Histoire : enfin une stabilité !
Ah, celle-là... Je peux le dire avec fierté : mes supports sont stabilisés depuis deux ou trois ans.
Genially est devenu mon allié. Les présentations interactives, les frises chronologiques dynamiques, de la vidéo... J'ai trouvé ma formule.
Pour une fois, je ne change pas. Et ça fait du bien.
Les Sciences : le chaos créatif
Par contre, là... C'est le festival.
Chaque année, je modifie mes fiches. Je réécris mes évaluations. J'ajoute des projets. J'en retire d'autres.
De la manipulation d'une boîte en carton faite maison pour comprendre les phases de la Lune une année … Foxar, géniale application, une autre année … L'an prochain ? Je ne sais pas encore. Mais ce sera différent. J'en suis certain.
Pourquoi ? Parce que les sciences évoluent. Les ressources évoluent. Les besoins des élèves évoluent.
Et parce que... je ne peux pas m'en empêcher.
Est-ce un défaut ou une qualité ?
Je me suis longtemps posé la question.
Les collègues qui gardent les mêmes supports depuis dix ans... Ils ont tort ? Ils ont raison ?
La vérité, c'est qu'il n'y a pas de bonne réponse.
Certains trouvent leur équilibre dans la stabilité. Moi, je le trouve dans le mouvement.
L'important, c'est que les élèves apprennent. Et ils apprennent. Avec mes fiches qui changent chaque année. Avec mes projets qui se réinventent. Avec mon incapacité chronique à faire deux fois la même chose.
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
Ne pas refaire deux fois la même chose, ce n'est pas de l'instabilité. C'est de l'évolution.
C'est accepter que ce qui fonctionnait hier peut être amélioré demain.
C'est rester vivant professionnellement.
Et ça, je refuse d'y renoncer.
Billet d'humeur 6 — Directeur ET enseignant : jongler au quotidien
Mars 2026
Ce billet d'humeur parle de cette double casquette que certains d'entre nous portent chaque jour.
7h15. J'arrive à l'école. J'avoue je suis matinal… mais alors pas du tout soirinal ð
Je pose mes affaires en classe et/ou au bureau je fonce au bureau de direction et/ou dans ma classe.
En général, assez rapidement, un collègue vient me voir pour quelque chose d'urgent… ou un parent m'a écrit sur One pour quelque chose d'encore plus "urgent".
7h28. Le problème est réglé. Enfin... la plupart du temps…
7h45. Le gros des troupes arrivent. J'ai intérêt d'être prêt et d'avoir photocopié ce qui devait l'être car c'est le rush en salle des maitres !!
À ce moment-là, si je suis en classe la journée, je cours vers ma classe pour préparer mon installation du matin (détaillée en vidéo sur mes réseaux).
8h20. J'ouvre le portillon de l'école et accueille tous les élèves.
J'écrirai d'ailleurs un billet sur le mot "BONJOUR" prochainement…
8h30. J'accueille mes élèves avec le sourire. Comme si de rien n'était.
Voilà.
C'est ça, être directeur et enseignant.
Jongler. Tout le temps.
Il y a les matinées où tout roule. Où je peux me consacrer entièrement à mes CM2. Où les apprentissages avancent. Où je me sens pleinement ENSEIGNANT.
Et puis il y a les autres matinées... nombreuses…
Celles où mon téléphone vibre dans ma poche parce que la mairie a une urgence ou que le portail sonne… oui, je sais… je suis vraiment geek mais j'ai demandé à la Mairie d'équiper l'interphone d'un relai pour qu'il sonne sur mon téléphone, ce qui m'évite de descendre les marches 4 à 4… Je vois le portail du premier étage depuis le palier avant d'ouvrir !!
Celles où un collègue frappe à ma porte parce qu'il y a un conflit à gérer dans la cour, un chien qui a fait irruption dans la cour, des chatons nouveau-nés découverts sous les passerelles de l'école….
Celles où la Circonscription appelle et où je dois sortir de classe en plein milieu d'une séance.
Ces jours-là, je me sens coupé en deux. Ou plutôt, j'ai la sensation de subir ma journée plutôt que de la vivre…
Avec le temps, j'ai appris quelques trucs. Des "stratégies de survie", en quelque sorte.
J'ai appris à DÉLÉGUER, un peu. Pas tout porter sur mes épaules. Faire confiance aux collègues, aux parents délégués, aux élèves eux-mêmes.
J'ai appris à COMPARTIMENTER, un peu plus. Quand je suis en classe, je suis en classe. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai déménagé dans ma classe à l'étage alors que pendant plus de 10 ans, j'étais dans la classe à côté de mon bureau de directeur.
J'ai appris à ACCEPTER l'imperfection, à peine !! Non, je ne serai jamais le directeur parfait ET l'enseignant parfait en même temps. Et c'est plutôt mieux.
Mais il y a aussi des avantages à cette double casquette. Des choses qu'on oublie de mentionner.
Je connais TOUS les élèves de l'école. Pas juste les miens. Je les vois grandir année après année.
J'ai une vision GLOBALE. Je comprends les enjeux à l'échelle de l'école, pas juste de ma classe.
Je peux IMPULSER des projets. Le projet V2, les iPads, la classe flexible... le projet GRAFF, le tout premier projet en 2013… J'ai pu les mettre en place aussi parce que j'avais la casquette de directeur.
Alors oui. C'est épuisant parfois. Souvent, même.
Mais quand je vois ce qu'on a construit dans cette école... Quand je vois mes élèves épanouis dans leur classe modulable... Quand je vois mes collègues motivés par nos projets communs...
Je me dis que ça vaut le coup.
Le jonglage permanent. Les journées à rallonge. Les week-ends à rattraper les dossiers...
Ça vaut le coup.
ð¡ Ce qui me conforte dans ma pratique
Ce qui me tient, c'est l'esprit d'équipe.
Ces collègues qui comprennent quand je dois filer en pleine récré.
Ces élèves qui savent que parfois, "Maître doit aller régler un truc". Cette confiance mutuelle qui permet de tenir.
On ne porte pas cette double casquette seul.
On la porte ensemble.
Billet d'humeur 5 — La quête permanente du système parfait
Février 2026
Je suis un éternel insatisfait (ce n'est pas moi qui le dit... mais la personne qui me connaît le mieux !!).
Surtout quand il s'agit d'outils numériques. En fait... pas que mais ce n'est pas le sujet 😉
Vous connaissez cette impression que le système parfait existe... quelque part. Aucune friction, tout serait fluide, efficace, magique.
Spoiler : ce système n'existe pas 😅 Mais ça ne m'empêche pas de le chercher. Encore et encore.
Les systèmes d'exploitation
Linux. J'y ai cru. La liberté totale. La personnalisation infinie. Le côté « Je maîtrise ma machine » et je suis libre ! Et puis... les heures passées à configurer. Les incompatibilités. Le temps perdu au lieu du temps gagné.
Windows. Le classique. Celui que tout le monde utilise. Celui qui « juste fonctionne ». Sauf quand il décide de faire une mise à jour de trois heures pile quand tu dois débuter la classe. Mais non je ne suis pas méchant... D'ailleurs j'ai tout de suite posé le cadre : aucune action chez qui que ce soit... Juste un parcours qui est le mien.
Apple. Mon choix actuel. L'écosystème. L'intégration. La fluidité.
Est-ce le système parfait ? Non. Mais c'est celui qui me fait le moins perdre de temps. Et à ce stade de ma vie professionnelle... c'est l'essentiel.
Les logiciels de traitement de texte : le grand dilemme
Word, Pages, Google Docs, LibreOffice... J'ai tout testé, plusieurs fois, sous toutes les coutures !
Et la vérité, c'est que chacun a ses atouts, mais aucun n'est parfait.
Du coup, je finis toujours par choisir celui qui s'adapte le mieux à la situation. Mon côté perfectionniste grince des dents, mais mon pragmatisme, lui, prend le dessus !
Les applications de prise de notes : le combat sans fin
Notability et GoodNotes, deux géants qui s'affrontent pour conquérir nos/vos tablettes.
J'ai personnellement testé les deux en profondeur, passant de l'un à l'autre, puis suis revenu en arrière et j'ai repris le chemin inverse.
Chaque mise à jour me pousse à reconsidérer mon choix, et chaque nouvelle fonctionnalité chez le concurrent me fait hésiter. C'est d'ailleurs un peu comme ça tout le temps avec mes outils...
C'est un vrai casse-tête, mais c'est aussi ce qui me motive à rester informé, à explorer les nouvelles possibilités, et à ne jamais me reposer sur mes lauriers.
En ce moment ? Je n'utilise plus ni l'un ni l'autre 😉 J'ai opté pour les prises de notes rapide via un raccourci que j'ai créé et qui m'enregistre un vocal, avant de le transcrire via Apple Notes et l'envoyer dans ma base de données "idées" sur Notion... Mais j'y viens 😉
Obsidian vs Notion : le match du siècle
Ah, celui-là... C'est un vrai casse-tête !
Obsidian, avec ses fichiers Markdown en local, la propriété totale de ses données, ses liens bidirectionnels et son graphe de connaissances... J'ai même opté pour une formation payante pour mieux le maîtriser... Si, si 💸💸 Bon, j'ai depuis résilié car la synchronisation ne m'apportait rien de plus.
Et Notion, avec son interface intuitive, ses bases de données, ses templates, sa collaboration et son intégration de tout avec tout... J'ai des workspaces Notion qui feraient pâlir d'envie un chef de projet. Je m'auto-censure car je me suis un peu emballé !!
Du coup, je navigue entre les deux, même si j'ai un peu choisi.
Et vous savez quoi ? C'est peut-être ça, la solution ! Ne pas choisir, tout simplement. Utiliser les forces de chacun, et accepter que le système parfait... c'est peut-être un écosystème imparfait mais complémentaire. Après tout, pourquoi choisir quand on peut avoir le meilleur des deux mondes ?
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
Cette quête permanente, c'est aussi ce qui me rend curieux. Un vrai explorateur comme j'aime me qualifier. Ce qui me pousse à explorer. À ne jamais m'endormir sur mes acquis. Le système parfait n'existe peut-être pas. Mais le chemin pour le trouver... c'est là que se trouve la vraie richesse.