Billet d'humeur 10 — Les réseaux sociaux, j'y reviens toujours
Mai 20262009. La Rochelle.
Laurence Juin lance la première twittclasse française. Une classe de lycée professionnel. Twitter comme outil pédagogique. À l'époque, c'était inouï.
Et moi, depuis mon compte X tout neuf, je discutais avec elle.
Un directeur d'école primaire en province. Une pionnière nationale.
On se parlait. Vraiment.
C'est peut-être ça, ce que les réseaux m'ont appris en premier : le statut n'existe plus quand on partage honnêtement.
J'ai quitté. Supprimé. Recréé.
Une trop longue traversée du désert. Puis la haine est montée. La violence aussi.
Ce n'est pas une image. C'est ce qu'on lit. Ce qu'on absorbe. Ce qu'on finit par ressentir physiquement quand on passe trop de temps là-bas.
Compliqué à gérer pour quelqu'un qui cherche exactement le contraire : le partage. L'échange. Le plaisir de parler avec des gens qui font le même métier à l'autre bout du pays.
Alors j'ai appris à doser. À choisir. À partir quand ça ne ressemble plus à ce pourquoi j'étais venu.
Ce que les RS m'ont appris sur mon métier
Que ma pratique mérite d'être racontée. Pas par ego. Par utilité.
Parce que chaque fois que j'ai partagé un truc — un outil, une organisation, une galère surmontée — quelqu'un quelque part a dit « moi aussi » ou « je vais essayer ».
Et ça, aucune formation, aucun stage, aucune circulaire ne me l'avait jamais dit.
Les réseaux m'ont aussi appris que la communauté enseignante est immense. Diverse. Et bien plus réflexive qu'on ne le croit.
Elle se cache juste derrière des pseudos. Des comptes avec trois abonnés qui postent des pépites. Des collègues qu'on ne croisera jamais en vrai mais dont on connaît la classe mieux que celle du bureau d'à côté.
Alors oui, j'y reviens
Et je repars parfois.
Mais je reste convaincu d'une chose : partager sa pratique, c'est aussi la faire progresser.
Se projeter, c'est déjà un peu débuter.
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
Les réseaux ne sont pas un lieu. Ce sont des gens. Quand on choisit bien ceux qu'on lit, qu'on suit, à qui on répond, on retrouve ce pour quoi on était venu : cette conversation entre collègues qu'aucune salle des maîtres ne pourra jamais offrir.