Billet d'humeur 19 — Tout numériser. Vraiment tout ?

Juin 2026

Un étui pour carnet papier. Je l'ai encore. Offert par un collègue qui travaille le cuir. Une merveille.

Étui en cuir ouvert avec carnet à couverture rouge et porte-plume, sur un bureau ancien avec globe terrestre et livres
L'étui, le carnet, la plume en verre. Le papier a encore sa place sur mon bureau.

Écrire, j'adore — même si j'écris mal. Et les beaux objets, n'en parlons pas. J'en veux pour preuve cette plume en verre portée par un porte-plume en ébène.

Et pourtant, je suis celui qui numérise tout. Notion pour la classe, pour la direction. L'iPad pour la classe. Les outils Apple partout. Un écosystème complet, pensé, rodé.

Alors la question qui revient — surtout en formation — c'est : tu ne gardes vraiment rien en papier ?

Si. Quelques choses.

L'agenda. Les listes de courses du week-end. Quelques notes griffonnées dans la marge d'une réunion quand sortir l'iPad prendrait plus de temps que d'écrire.

Et surtout — les bilans de fin d'année sur les élèves. Certaines choses se pensent mieux avec un stylo.

Longtemps, j'ai cru que numériser = mieux

Que chaque outil qu'on pouvait remplacer par une application était un progrès. Que le papier était une résistance au changement.

Je n'y crois plus.

Aujourd'hui, je pense que le vrai enjeu, c'est la cohérence. Utiliser le numérique là où il fait gagner du temps, de la lisibilité, de la souplesse. Et garder le papier là où il fait réfléchir différemment.

Le piège du « tout numériser »

Le problème, c'est qu'on finit par numériser pour numériser.

On crée une page Notion pour une info qu'un Post-it aurait suffi à noter. On ouvre une app pour une tâche qui prend dix secondes à la main.

Le numérique n'est pas une fin. C'est un moyen. Et un moyen, ça se choisit en fonction du besoin — pas de la tendance.

C'est exactement ce que j'essaie de transmettre quand je raconte mon usage de Notion, comme dans ce billet sur ce qui s'automatise : l'outil n'a de valeur que par ce qu'on en fait, pas par le fait de l'avoir adopté.

💡 Ce qui me conforte dans ma pratique

Je reste un numérique convaincu — mais convaincu, pas captif. Ce qui me rassure, ce n'est pas d'avoir tout basculé sur écran. C'est de savoir pourquoi je garde encore un stylo dans certains cas. Le jour où je numériserai une chose simplement parce que « ça se fait », c'est que j'aurai perdu le fil. Le bon outil, c'est celui qui sert le besoin — jamais l'inverse.

Ces réflexions vous parlent ?

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