Lecture française du rapport OCDE · Volume I · Future-Ready Students

PISA 2025du CP à 15 ans

Une lecture pédagogique, scientifique et visuelle des résultats internationaux, construite pour l'école primaire française. Ce que PISA mesure, ce qu'il montre, ce qu'il suggère, et ce que nous ne pouvons pas en déduire.

Sources · OCDE (2026), PISA 2025 Results (Volume I), 377 p. et Note pays : France, 13 p. Périmètre · 91 pays et économies, 760 000 élèves Domaine majeur · Sciences Établi le · 12 septembre 2026, révisé le 13
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Comment lire ce rapport

Ce document n'est ni une traduction ni un résumé du rapport de l'OCDE. C'est une extraction hiérarchisée, croisée et interprétée, dont le fil conducteur tient en cinq degrés que le lecteur doit pouvoir distinguer à tout moment.

Les cinq degrés de la lecture
Du mesuré au non démontrable. Chaque affirmation de ce rapport se situe à l'un de ces niveaux.
CE QUE PISA MESURE Des tâches passées à 15 ans CE QU'IL MONTRE Des écarts, des tendances, des seuils CE QU'IL SUGGÈRE Des associations, jamais des causes CE QUE NOUS EN DÉDUISONS Une lecture pour le primaire CE QUE NOUS NE POUVONS PAS Les conclusions abusives (§27) Le degré de certitude décroît de gauche à droite. Le rapport de l'OCDE s'arrête au troisième. Les quatrième et cinquième degrés relèvent de ce document, et sont signalés comme tels.

Les quatre niveaux de preuve

Chaque affirmation chiffrée ou interprétative porte l'un de ces quatre marqueurs. Ils apparaissent en tête de paragraphe, dans les encadrés, et dans les colonnes des tableaux de leviers.

DonnéeRésultat explicitement mesuré par PISA 2025, reproduit tel qu'il figure dans le rapport.
RapportInterprétation ou conclusion formulée par l'OCDE elle-même, dans son propre texte.
InterprétationDéduction pédagogique appliquée à l'école primaire française. Elle engage ce document, pas l'OCDE.
HypothèseLecture possible, non démontrée, avancée pour ouvrir la discussion. À traiter comme telle.

Traçabilité

Chaque chiffre important est suivi de sa source sous la forme : Vol. I, ch. 2, Tableau I.2.9, p. 101 Les numéros de page sont ceux de la pagination imprimée du rapport, qui correspond au numéro de page du PDF diminué de deux. Quand une valeur ne figure pas dans le rapport imprimé et n'est accessible que par la base de données en ligne, c'est indiqué explicitement plutôt qu'estimé.

Mise à jour du 13 septembre 2026

Ce document a d'abord été établi à partir du seul Volume I. L'ajout de la note pays française publiée par l'OCDE a permis de combler deux manques signalés dans la première version, l'échantillon français et la répartition française par niveau de compétence, d'ajouter une quarantaine de valeurs nationales, et de préciser trois résultats dont la formulation initiale mélangeait deux fenêtres temporelles : le recul porté par le bas, l'évolution du harcèlement et le resserrement de l'écart social. Les blocs concernés portent la mention de leur source.

Ce document s'appuie sur une seconde source officielle : la note pays française publiée par l'OCDE en même temps que le volume. Ses renvois prennent la forme Note pays France, p. 11 et utilisent la pagination propre à ce document de 13 pages. Cette note ne publie aucun résultat nouveau : elle donne la lecture française des mêmes données, avec des valeurs nationales que le volume ne détaillait pas. Les chiffres y sont arrondis à l'unité, ce qui explique les écarts de décimale avec les tableaux de synthèse.

Trois règles d'écriture appliquées à tout le document
  • Aucun chiffre inventé. Quand une donnée n'existe pas dans le rapport, la phrase employée est : « Le rapport PISA 2025 ne permet pas de déterminer directement ce point. »
  • Aucune corrélation présentée comme une causalité. L'OCDE écrit systématiquement is associated with ; la traduction retenue est « est associé à », « coïncide avec », « va de pair avec ».
  • Aucun score PISA attribué à une classe du primaire. PISA n'évalue pas les élèves de CP, CE1, CE2, CM1 ou CM2. Les colonnes CP à CM2 de ce rapport sont des jalons pédagogiques, construits à partir des compétences, jamais des résultats mesurés.

Terminologie

Les concepts sont traduits en français, avec le terme anglais entre parenthèses lorsqu'il a une valeur scientifique propre : état d'esprit de développement (growth mindset), activation cognitive (cognitive activation), demande d'aide autorégulée (self-regulated help seeking), résilience académique (academic resilience), lecteurs hâtifs (hasty readers).

Sur les moyennes OCDE, un avertissement de périmètre s'impose tout au long du rapport. L'OCDE publie au moins quatre moyennes différentes : « OECD average » (l'ensemble des pays OCDE en 2025), « OECD average-35 » (les 35 pays comparables dans le temps), « OECD average-29 » (les pays retenus pour les analyses migratoires) et « OECD average-23 » (les 23 pays disposant de séries longues). Elles ne sont pas interchangeables. Ce document précise le périmètre chaque fois qu'il change.

Partie I

Ce qu'il faut retenir

Si vous ne deviez lire qu'une seule partie du rapport, lisez celle-ci.

01

PISA 2025, ce qu'il faut retenir

Cinq séries de dix entrées : les chiffres, les constats, les alertes, les raisons d'espérer, les implications pour l'école primaire. Chaque entrée est sourcée. Les cinquante tiennent en deux pages.

760 000
élèves évalués, représentant environ 33 millions de jeunes de 15 ans dans 91 pays et économies
Vol. I, p. 48
−28
points de lecture perdus en moyenne OCDE entre 2015 et 2025 (489 → 461)
Préface, p. 3, note 3
20 %
des jeunes de 15 ans de l'OCDE sont faibles dans les trois matières, contre 16 % en 2022
Préface, p. 3
20 pts
de score PISA correspondent en moyenne à une année de scolarité autour de 15 ans
Encadré I.2.2, p. 90

Dix chiffres

ChiffreCe qu'il ditSource
0191pays et économies participants, un record. 38 membres de l'OCDE, 53 partenaires. Sept primo-participants dont le Kenya, le Rwanda et la Zambie.p. 46-47
02482 / 461 / 463moyennes OCDE 2025 en sciences, lecture et mathématiques. Le niveau le plus bas jamais observé dans les trois domaines depuis 2000.ch. 2, p. 70 et p. 95
03500moyenne OCDE en résolution de problèmes computationnels, épreuve nouvelle en 2025, où l'élève dispose de tutoriels et de retours pendant l'épreuve.ch. 2, p. 82-83
04−7 / −27 / −24tendance décennale 2015-2025 en sciences, lecture et mathématiques, moyenne des 35 pays OCDE comparables.Tableau I.2.9, p. 101
0526 %des élèves de l'OCDE n'atteignent pas le niveau 2 en sciences, le seuil à partir duquel on passe de « savoir un peu de science » à « utiliser la science ».ch. 2, p. 77-78
067,2 %des élèves de l'OCDE atteignent les niveaux 5 ou 6 en sciences, ceux qui savent évaluer des preuves et détecter une interprétation erronée.Tableau I.2.2, p. 77
076,6 % → 11,4 %part de « lecteurs hâtifs » entre 2018 et 2025, ceux qui répondent vite et faux à l'épreuve de fluence. Un quasi-doublement en sept ans.Annexe A1, Tableau I.A1.15, p. 314
0885 pointsséparent en moyenne OCDE les élèves du quart social supérieur de ceux du quart inférieur, en sciences. En France : 100 points.Tableau I.2, p. 30-31
0928 %des élèves déclarent que leurs camarades sont distraits par les appareils numériques dans la plupart ou la totalité des cours de sciences.Figure I.4.7, p. 230-231
106 sur 10des élèves apprennent en cours à évaluer la qualité d'une information générée par l'IA, contre 8 sur 10 pour l'information trouvée en ligne.Encadré I.4.2, p. 240

Dix constats

  1. Donnée Le recul est général et antérieur à la pandémie. PISA 2025 enregistre le niveau moyen OCDE le plus bas jamais observé dans les trois domaines, à l'exception des sciences en 2022. La lecture décline après un pic vers 2012, les sciences depuis 2009, les mathématiques surtout depuis 2018. ch. 2, p. 95
  2. Donnée Les sciences résistent mieux que les deux autres domaines. Sur dix ans, la moyenne OCDE perd 7 points en sciences contre 27 en lecture et 24 en mathématiques. Le domaine majeur de 2025 est aussi le moins dégradé. Tableau I.2.9, p. 101
  3. Donnée Ce sont les élèves faibles qui décrochent. Entre 2015 et 2025, les scores au 25e percentile chutent de 38 points en lecture et 32 en mathématiques, contre 27 et 23 au 75e percentile. L'écart interdécile en sciences atteint 259 points, le plus grand jamais mesuré. Figure I.1.6, p. 57-58 ; ch. 2, p. 91
  4. Rapport Le resserrement des écarts sociaux vient du haut qui descend. L'écart favorisés / défavorisés en sciences s'est réduit de 13 points en moyenne OCDE, parce que les élèves favorisés ont perdu 8 points, sans progression significative des défavorisés. Tableau I.2.10, p. 120
  5. Donnée L'engagement décline en même temps que la performance. La part d'élèves en désaccord avec « apprendre de nouvelles choses est ennuyeux » a baissé dans 60 systèmes et n'a augmenté nulle part. Les pays où la lecture recule le plus sont ceux où l'engagement recule le plus. ch. 3, p. 155-156 ; Figure I.1.10, p. 61
  6. Rapport Ce qui recule le plus en lecture, ce sont les compétences de haut niveau. Évaluer une information, relier plusieurs sources, juger de la fiabilité d'un texte. Les tâches les moins affectées sont celles où il suffit de localiser une information isolée. Encadré I.2.3, p. 96 ; Annexe A1, p. 312
  7. Donnée Le numérique n'a pas d'effet uniforme : la finalité et la dose comptent. Un usage limité ou modéré pour apprendre à l'école va de pair avec de meilleurs scores en sciences jusqu'à cinq heures par jour ; l'usage récréatif sur temps scolaire est associé à des scores décroissants dès une heure par jour. Figures I.4.5 et I.4.6, p. 229-230
  8. Donnée Les non-utilisateurs d'IA font mieux que les utilisateurs, sur les tâches spécifiques. Résumer un texte, chercher, rédiger : les élèves qui ne recourent pas à l'IA obtiennent de meilleurs scores. Sur l'usage général « m'aider à apprendre », les utilisateurs hebdomadaires rejoignent le niveau des non-utilisateurs sans le dépasser. ch. 4, p. 238-239
  9. Donnée Le soutien des familles a baissé presque partout. En 2022, 77 % des élèves déclaraient que leurs parents leur demandent ce qu'ils ont fait à l'école au moins une fois par semaine. En 2025, 71 %. La baisse touche plus fortement les garçons et les élèves défavorisés. En France, la chute est bien plus marquée : de 74 % à 63 %, et de 48 % à 34 % pour les discussions sur les difficultés rencontrées. Figure I.4.26, p. 255-256 ; Note pays France, p. 10
  10. Rapport Aucune explication unique ne rend compte du recul. L'OCDE identifie quatre forces complémentaires, situées chez les élèves, dans les classes, dans le pilotage des systèmes et dans la société. Elle écrit que ces hypothèses « n'attribuent de responsabilité ni aux élèves, ni aux enseignants, ni aux écoles, ni aux familles ». Encadré I.2.3, p. 100

Dix alertes

1 · La lecture d'abord

Entre 2018 et 2025, la lecture recule de 25 points en moyenne OCDE, soit plus d'une année de scolarité. Trois quarts des systèmes comparables sont concernés (56 sur 74).

Annexe A1, p. 308

2 · Le bas de la distribution

Les scores moyens des 10 % d'élèves les plus faibles en sciences sont les plus bas jamais enregistrés depuis que PISA mesure ce domaine, en 2006.

ch. 2, p. 91

3 · La lecture attentive

Les taux de réussite ont le plus baissé sur les tâches adossées à des textes longs. La difficulté liée à la longueur du texte reste un moteur fort du recul global.

Annexe A1, p. 318

4 · La réponse rapide et fausse

La part de réponses hâtives a augmenté de plus de 4 points en lecture entre 2018 et 2025, pour atteindre environ 9 %, tandis que la part d'items non atteints diminuait. Les élèves répondent vite plutôt que de laisser vide.

Annexe A1, p. 313

5 · Le niveau 2 en sciences

Un quart des élèves de l'OCDE ne sait pas distinguer une explication scientifique d'une explication non scientifique, ni juger de la crédibilité d'une source avec un seul critère.

Tableau I.2.2, p. 77

6 · Le doute épistémique

43 % des élèves de l'OCDE estiment qu'il faut se fier davantage au bon sens et moins aux études scientifiques. 37,5 % adhèrent simultanément à la vérification des sources et à cette préférence pour le bon sens.

ch. 3, p. 171 et Tableau I.3.2, p. 173

7 · La fracture d'usage critique de l'IA

Les élèves défavorisés sont moins susceptibles qu'on leur demande d'évaluer une information générée par l'IA. L'OCDE parle d'« une nouvelle forme de fracture socio-économique à l'ère de l'IA ».

Encadré I.4.2, p. 240

8 · Le harcèlement remonte

La prévalence du harcèlement augmente dans une large majorité de pays depuis 2022, le harcèlement relationnel en tête. Le cyberharcèlement ne touche que 3,2 % des élèves mais s'accompagne des écarts de performance les plus importants.

ch. 4, p. 263 et p. 266

9 · L'assiduité

La moitié des élèves de l'OCDE déclarent être arrivés en retard au moins une fois en deux semaines. Chez les élèves de CM1, la part d'absents au moins une fois toutes les deux semaines est passée de 10,7 % en 2019 à 14,8 % en 2023.

ch. 4, p. 269 ; Encadré I.2.3, p. 99

10 · L'école perçue comme utile

Un quart des élèves de l'OCDE déclarent que l'école a été une perte de temps. Environ la moitié seulement estiment qu'elle les a préparés à la vie adulte, et cette proportion ne progresse pas avec le niveau de compétence.

ch. 3, p. 196 et Figure I.3.30, p. 202

Dix raisons d'espérer

  1. Des systèmes progressent, et pas seulement les riches. Sur la décennie, les sciences progressent au Cambodge (+72), en Türkiye (+62), en Arabie saoudite (+37), au Kazakhstan et en République dominicaine (+34), aux Philippines (+22). Tableau I.2.9, p. 101
  2. Performance et équité peuvent monter ensemble. Le Monténégro, le Qatar, la République slovaque, la Türkiye et les Émirats arabes unis ont réduit leur part d'élèves faibles et augmenté leur part d'élèves très performants sur dix ans. ch. 2, p. 94
  3. Huit systèmes conjuguent forte inclusion et forte justice sociale. B-S-J-Z (Chine), Canada, Estonie, Irlande, Japon, Corée, Lituanie, Macao (Chine) : plus de 75 % d'élèves au niveau 2 et moins de 10 % de variance expliquée par l'origine sociale. Figure I.2.10, p. 110
  4. Le climat disciplinaire s'améliore. Il progresse entre 2015 et 2025 en moyenne OCDE et dans 37 pays, de façon remarquable en Corée et en Croatie, et cela va de pair avec une performance en sciences stable ou en hausse. Figure I.4.28, p. 259-260
  5. Le sentiment d'appartenance progresse. C'est la seule dimension d'engagement qui s'améliore depuis 2022 : plus d'élèves se sentent à leur place dans 39 systèmes, se font des amis facilement dans 64, et se sentent moins seuls dans 48. ch. 3, p. 191
  6. Le soutien enseignant progresse dans la moitié des pays. Depuis 2015, notamment en Corée, au Japon, en Indonésie, en Croatie, en République slovaque, en Thaïlande et au Viêt Nam. C'est le seul indicateur du chapitre 4 dont le lien avec la performance se renforce après prise en compte de l'origine sociale. Figures I.4.22 et I.4.23, p. 250-252
  7. Les compétences ne se figent pas à 15 ans. La comparaison PISA-PIAAC montre que dans un premier groupe de pays, dont la France, la littératie continue de progresser jusque vers 30 ans. Encadré I.2.4, p. 108
  8. L'activation cognitive fonctionne indépendamment du niveau. Les relations entre pratiques d'enseignement exigeantes et plaisir, curiosité, persévérance, autorégulation restent inchangées après prise en compte de la performance. Ce n'est donc pas un effet des bons élèves. Encadré I.3.3, p. 189
  9. L'ouverture de l'accès ne fait pas baisser les meilleurs. Dans au moins trois des sept systèmes ayant élargi l'accès au secondaire depuis 2015, la performance ne s'est pas dégradée et le score minimum des 25 % de meilleurs élèves s'est maintenu ou a progressé. Figure I.2.8, p. 105-106
  10. L'engagement environnemental est massif. 72 % des élèves participent à au moins une activité liée à l'environnement, 62 % souhaitent y contribuer par leur futur métier. L'OCDE parle d'une aspiration « non pas de niche mais dominante ». ch. 5, p. 293 et p. 297

Dix implications pour l'école primaire

Ces dix points relèvent du niveau Interprétation : ce sont des déductions pédagogiques appliquées au primaire français, construites à partir des résultats de PISA. Elles n'ont pas été mesurées par PISA, qui n'évalue pas les élèves de l'école élémentaire.

  1. La fluence n'est pas un objectif de CE1, c'est une condition d'accès au reste. Ce qui recule à 15 ans, ce sont les tâches longues et les processus de haut niveau. Ils supposent que le décodage ne coûte plus rien.
  2. Il faut entraîner explicitement la lecture de textes longs, dès le CE2. La difficulté liée à la longueur du texte est identifiée comme un moteur du recul, y compris sur la période 2018-2025 où les autres différences se resserrent.
  3. Le croisement de deux documents doit devenir un geste ordinaire du cycle 3. « Comparer des sources » apparaît explicitement dans la description du niveau 3-4 de compétence scientifique de PISA.
  4. Juger de la fiabilité d'une source s'apprend, et s'apprend tôt. Au niveau 2, un élève « utilise un seul critère pour juger si une source est crédible ». Ce critère unique se construit bien avant 15 ans.
  5. La lutte contre la réponse rapide et fausse est un objet d'enseignement. Ralentir, relire la consigne, vérifier avant de valider : la montée des lecteurs hâtifs est un résultat de comportement, pas seulement de compétence.
  6. Demander de l'aide et se fixer un objectif sont des compétences enseignables. Ce sont précisément les deux dimensions où les élèves français se situent le plus nettement sous la moyenne OCDE.
  7. L'usage récréatif des écrans sur temps scolaire est le seul sur lequel PISA soit franchement défavorable. L'usage pour apprendre présente un profil totalement différent.
  8. L'IA se prépare par la littératie critique, pas par l'outil. Le résultat le plus net du chapitre 4 est un effet d'interaction : usage régulier combiné à un apprentissage de l'évaluation des contenus générés.
  9. Le climat de classe est une ressource d'apprentissage, pas un préalable. Le temps consacré au maintien de l'ordre est passé de 13 % à 16 % du temps de classe entre 2018 et 2024 selon TALIS.
  10. Le lien avec les familles se joue sur le quotidien. L'association positive entre soutien familial et performance est portée par l'intérêt pour ce que l'élève a fait et appris dans la journée, pas par les discussions sur l'orientation future.
02

PISA 2025 en un coup d'œil

Une planche unique, conçue pour être lue en soixante secondes. Elle réunit le dispositif, les quatre domaines évalués, les quatre thématiques transversales et les deux marqueurs d'équité.

91
pays et économies
38 OCDE + 53 partenaires
760 000
élèves évalués
≈ 33 millions représentés
15 a. 3 m.
à 16 a. 2 m.
âge de la population cible
≥ 6 années de scolarité
2 h
de test par élève
+ 35 min de questionnaire
Les trois domaines historiques en 2025, moyenne OCDE et France
Échelle PISA commune. La quatrième épreuve, la résolution de problèmes computationnels, est nouvelle en 2025 et possède sa propre échelle : elle n'est pas comparable aux trois autres et figure sous le graphique.
Moyenne OCDEFrance
400 450 500 550 Score moyen sur l'échelle PISA Sciences 482 483 domaine majeur 2025 Mathématiques 463 458 Lecture 461 456 le plus fort recul décennal français
Résolution de problèmes computationnels, échelle propre : moyenne OCDE 500, France 497. Les meilleurs scores sont à Macao (Chine) 572, Singapour 563, B-S-J-Z (Chine) 560, Japon 557. Sources : OCDE, PISA 2025 Results (Vol. I), ch. 2, p. 70, Tableau I.2.4, p. 84, et Tableau I.1, p. 28.

Sciences · domaine majeur

Trois compétences évaluées : expliquer des phénomènes, construire et évaluer des démarches d'investigation, rechercher et utiliser l'information scientifique pour décider. Trois formes de connaissance : de contenu, procédurale, épistémique.

ch. 2, p. 76

Lecture

Comprendre, utiliser, évaluer des textes, réfléchir dessus et s'y engager. Le test s'ouvre sur trois minutes de fluence : juger la plausibilité de 21 ou 22 phrases.

p. 48 ; Annexe A1, p. 313

Mathématiques

Raisonner mathématiquement, formuler, employer et interpréter les mathématiques pour résoudre des problèmes dans des contextes variés du monde réel.

p. 48

Apprendre dans le monde numérique

Nouveauté 2025 : un processus itératif et autorégulé de construction de connaissances avec des outils de modélisation et de programmation. L'élève dispose de tutoriels, d'exemples et de retours pendant l'épreuve.

p. 48 ; ch. 2, p. 82-83

Intelligence artificielle

Quatre finalités d'usage mesurées : résumer un texte, faire une recherche préliminaire, rédiger un devoir, « m'aider à apprendre ». Cinq fréquences, de « jamais » à « tous les jours ».

Figure I.4.11, p. 237

Environnement

Une sous-échelle de sciences de l'environnement, plus des mesures d'attitudes, d'engagement à court et long terme, et d'opportunités d'apprentissage en classe.

ch. 5, p. 283

Équité

Deux dimensions : la justice (le statut social ne détermine pas les résultats) et l'inclusion (tous atteignent au moins les compétences de base). Un système n'est équitable que s'il conjugue les deux.

ch. 2, p. 109

Climat scolaire

Climat disciplinaire, exposition à cinq formes de harcèlement dont une forme spécifiquement en ligne, absentéisme et retards, sentiment de sécurité, sentiment d'appartenance.

ch. 4, p. 259-271

Sur l'infographie officielle

Le rapport contient une infographie de synthèse (Infographic 1, « PISA 2025 key results », p. 44). Elle est présente sous forme d'image dans le PDF et ses chiffres ne sont pas extractibles par voie textuelle. Les valeurs reprises ci-dessus proviennent toutes du corps du rapport, pas de cette infographie. Aucun chiffre ne lui a été attribué.

03

Le grand point méthodologique : PISA n'évalue pas l'école primaire

C'est la condition de validité de tout ce qui suit. PISA évalue des élèves âgés de 15 ans et 3 mois à 16 ans et 2 mois, scolarisés en classe de 7e année ou au-delà et ayant accompli au moins six années de scolarité formelle. En France, cela correspond pour l'essentiel à des élèves de seconde et de première année de CAP ou de baccalauréat professionnel.

Conséquence directe

PISA 2025 ne fournit aucun score de CP, de CE1, de CE2, de CM1 ni de CM2. Toute publication présentant un « niveau PISA » par classe du primaire fabrique une donnée qui n'existe pas. Cette phrase sera rappelée à chaque fois qu'une conclusion concernant le primaire est formulée dans ce rapport.

Rapport L'OCDE le formule elle-même : « PISA reflète les expériences d'apprentissage cumulées des élèves jusqu'à l'âge de 15 ans, plutôt que des résultats imputables à un moment précis ou à une politique particulière ». PISA ne mesure donc pas l'effet d'une réforme, ni le niveau d'un cycle. Vol. I, ch. 1, p. 52

La passerelle intellectuelle

Puisque PISA mesure un état cumulé à 15 ans, il est possible de raisonner à rebours : quelles compétences fondamentales faut-il avoir construites pour que celles qui sont observées à 15 ans soient possibles. Ce raisonnement est une Interprétation, pas une mesure. Il est toutefois solide, parce qu'il part de descriptions de compétences publiées par l'OCDE, pas de scores.

La passerelle, en six étapes
On part de ce qui est mesuré, on remonte aux conditions, on redescend vers les apprentissages progressifs.
1 · PISA 2025 Un score et une répartition par niveau de compétence, à 15 ans, sur des tâches de la vie réelle 2 · Compétences observées à 15 ans Expliquer, interpréter des données, évaluer une source, justifier une décision, raisonner sur du texte long 3 · Compétences fondamentales nécessaires à leur construction Décodage automatisé, vocabulaire, compréhension inférentielle, sens du nombre, langage du raisonnement 4 · Apprentissages progressifs Chaque palier libère des ressources cognitives pour le suivant : automatiser pour comprendre, comprendre pour raisonner 5 · CP → CE1 → CE2 → CM1 → CM2 Des jalons pédagogiques, définis par les compétences à installer, jamais par un score 6 · Entrée au collège, puis adolescence Quatre à cinq années supplémentaires avant la mesure. Ce que PISA observe n'est pas imputable au seul primaire. Les étapes 1 et 2 sont mesurées. Les étapes 3 à 5 sont une reconstruction pédagogique. L'étape 6 rappelle la distance.
Ce que la passerelle autorise
  • Identifier les compétences qui, à 15 ans, sont les plus dégradées, et remonter aux apprentissages qui les rendent possibles.
  • Hiérarchiser des priorités pédagogiques par cohérence logique avec les descripteurs de compétence publiés.
  • Construire des indicateurs de réussite locaux, vérifiables dans une classe.
Ce qu'elle interdit
  • Attribuer un score, un rang ou un pourcentage PISA à un niveau de classe du primaire.
  • Affirmer qu'une pratique de CP « cause » un résultat à 15 ans. PISA ne suit aucun élève dans le temps.
  • Tenir la baisse française pour un problème de primaire : la France fait partie des trois pays dont les résultats PISA baissent alors que les résultats PIRLS de fin de CM1 étaient stables.

Annexe A1, p. 310

Un résultat français qui change la lecture

Sur 23 pays ayant participé aux quatre évaluations concernées, les résultats baissent à la fois en PIRLS (fin de CM1) et en PISA. L'OCDE en déduit que, pour la plupart des pays, la racine du recul pourrait plausiblement se situer dans les premières années. La France constitue une exception, avec l'Australie et Hong Kong (Chine) : ses résultats PISA baissent malgré des résultats PIRLS stables. Ce raisonnement ne s'applique donc pas mécaniquement au cas français. C'est un argument de prudence, pas un motif de relâchement sur le primaire.

Annexe A1, p. 310 ; corrélation PISA 2025 / PIRLS 2021 : r = 0,74 sur 27 participants

Partie II

Le diagnostic

Ce qui s'est passé dans le monde et en France, domaine par domaine, depuis 2015.

04

Que s'est-il passé depuis 2015, depuis 2018, depuis 2022

Trois horizons temporels, trois lectures différentes. La confusion entre les trois est la première source d'erreur dans les commentaires publics de PISA.

Trois horizons, trois méthodes de calcul
  • Depuis 2015 (dix ans) : l'OCDE publie une « tendance décennale moyenne », calculée par régression linéaire sur l'ensemble des cycles disponibles, pour les pays disposant d'au moins trois évaluations comparables. Ce n'est pas la simple différence entre 2015 et 2025.
  • Depuis 2018 (sept ans) : cet horizon apparaît surtout dans l'Annexe A1 consacrée à la lecture et dans les analyses par type d'item. Il correspond au dernier cycle où la lecture était le domaine majeur.
  • Depuis 2022 (trois ans) : différence brute entre deux cycles, calculée avec une erreur de lien. Pour les sciences, l'erreur de lien 2022-2025 est de 2,9 points.

Tableau I.2.9, note, p. 101 ; Encadré 1, p. 23 ; Annexe A3, p. 326-327

Le mouvement d'ensemble sur vingt-cinq ans

Donnée Sur les vingt-cinq ans de PISA, la tendance moyenne des pays de l'OCDE est négative. En 2025, la performance est la plus basse jamais observée dans les trois matières, significativement en dessous de toute évaluation antérieure, à la seule exception des sciences en 2022. Le maximum historique est atteint en 2009 pour les sciences et en 2012 pour la lecture. Les mathématiques restent proches de leur niveau de 2003 jusqu'en 2018, puis chutent nettement. ch. 2, p. 95 ; Figure I.2.6, p. 95, périmètre OCDE-23

Tendance décennale 2015-2025, points perdus
Changement moyen par période de dix ans, calculé par régression linéaire. La France perd davantage que la moyenne OCDE dans les trois domaines, et l'écart est maximal en lecture.
Moyenne OCDE, 35 paysFrance
0 −10 −20 −30 −40 Points de score perdus par décennie Sciences −7 −12 Lecture −27 −44 Mathématiques −24 −38
Source : OCDE, PISA 2025 Results (Vol. I), ch. 2, Tableau I.2.9, p. 101. Périmètre de la moyenne : 35 pays de l'OCDE disposant de données comparables. La significativité statistique de chaque valeur est codée par une teinte dans le rapport original et n'est pas reproduite ici.

Sciences : un recul modéré, mais continu

Donnée La moyenne OCDE passe de 489 points en 2015 à 482 en 2025, soit 7 points. Entre 2022 et 2025, l'évolution n'est pas statistiquement significative : la performance est globalement stable dans 48 systèmes sur 74. Vingt-huit systèmes affichent une tendance décennale négative, de 7 points à Malte à 37 points en Islande. Préface, p. 3, note 1 ; ch. 2, p. 89 et p. 100

Rapport L'OCDE avertit que « la stabilité récente de la performance en sciences masque un déclin de long terme soutenu ». Elle ajoute que la moyenne stable dissimule un creusement des écarts : entre 2018 et 2025, l'écart entre les élèves les plus forts et les plus faibles s'est creusé de plus de 15 points. ch. 2, p. 100 et p. 91

Lecture : le recul le plus sévère

Donnée La moyenne OCDE passe de 489 points en 2015 à 461 en 2025, soit 28 points. Sur l'horizon 2018-2025, elle perd 25 points : 11 points entre 2018 et 2022, puis 14 entre 2022 et 2025. Sur 74 systèmes comparables, 56 enregistrent une baisse significative et cinq seulement progressent, tous situés significativement sous la moyenne OCDE. Préface, p. 3, note 3 ; Annexe A1, p. 308

Rapport L'OCDE traduit ce chiffre ainsi : « les élèves de 15 ans de 2025 lisent au niveau que l'on pouvait attendre d'élèves de 14 ans sept ans plus tôt ; autrement dit, leur développement de la compétence en lecture accuse un retard d'au moins un an ». Annexe A1, p. 308

Mathématiques : la chute la plus brutale, et la plus tardive

Donnée La moyenne OCDE passe de 485 points en 2015 à 463 en 2025, soit 22 points. Le trait distinctif du domaine est le moment de la rupture : la performance reste proche du niveau de 2003 jusqu'en 2018, puis chute nettement entre 2018 et 2025. Entre 2022 et 2025, la baisse est de 9 points, et 38 systèmes sur 74 reculent. Préface, p. 3, note 2 ; ch. 2, p. 89 et p. 95

Évolution récente, 2022 à 2025
Différence brute entre les deux cycles. La France décroche davantage que la moyenne OCDE en mathématiques et en lecture ; en sciences l'écart est marginal.
Moyenne OCDE, 35 paysFrance
0 −5 −10 −15 −20 Points de score, 2025 moins 2022 Sciences −3 −4 Lecture −14 −18 Mathématiques −9 −16
Source : OCDE, PISA 2025 Results (Vol. I), ch. 2, Tableau I.2.6, p. 89. En sciences, l'OCDE indique que l'évolution de la moyenne OCDE-35 n'est pas statistiquement significative.

Qui décroche : la réponse par percentile

Donnée Le résultat le plus structurant de la période n'est pas la baisse de la moyenne, c'est sa répartition. Entre 2015 et 2025, en moyenne sur 23 pays de l'OCDE, les scores au 25e percentile reculent nettement plus que ceux du 75e. Figure I.1.6, p. 57-58

Le décrochage se joue en bas de la distribution
Évolution 2015-2025 des scores, moyenne OCDE-23, selon la position dans la distribution.
Élèves faibles, 25e percentileÉlèves forts, 75e percentile
0 −10 −20 −30 −40 Points de score, 2025 moins 2015 Sciences −15 −8 Lecture −38 −27 Mathématiques −32 −23
Source : OCDE, PISA 2025 Results (Vol. I), ch. 1, Figure I.1.6 et texte p. 57-58. Périmètre : moyenne des 23 pays de l'OCDE disposant de séries longues comparables.
Lecture pédagogique de ce graphique

Interprétation Une perte de 38 points au 25e percentile en lecture représente, avec le repère de l'OCDE de 20 points par année de scolarité, un ordre de grandeur proche de deux années de progrès. Au 75e percentile, environ 1,35 année. L'écart de traitement entre les deux extrémités est le résultat le plus directement actionnable pour une école : ce qui se dégrade le plus vite, ce sont les élèves qui ont le plus besoin de l'école. L'OCDE avertit toutefois que ce repère des 20 points ne doit pas être appliqué mécaniquement.

Encadré I.2.2, p. 90 ; mise en garde reproduite intégralement au §27

Les niveaux de compétence : la traduction concrète du recul

Donnée Sur dix ans, en moyenne sur 35 pays de l'OCDE, la part d'élèves sous le niveau 2 progresse de 3 points de pourcentage en sciences, de 10 points en lecture et d'environ 9 points en mathématiques. La part d'élèves aux niveaux 5 ou 6 reste inchangée en sciences et recule d'environ 2 points en lecture et en mathématiques. ch. 2, p. 93-95

Où se situent les élèves de l'OCDE en sciences, 2025
Répartition par niveaux agrégés. Le niveau 2, à 410 points, est le seuil que l'OCDE considère comme nécessaire pour participer de façon signifiante à la société.
1,1 % 24,6 % 67,1 % 7,2 % < 1b Niveaux 1a et 1b · sous le seuil Niveaux 2, 3 et 4 · usage pratique de la science Niv. 5-6 Seuil de maîtrise : niveau 2 = 410 points Au-dessous : 26 % des élèves de l'OCDE. Ils repèrent parfois la bonne idée scientifique quand elle est simple et familière, sans savoir expliquer, évaluer une preuve ou fonder une décision. Seuils de score : niveau 1b 261 · 1a 335 · 2 410 · 3 484 · 4 559 · 5 633 · 6 708
Source : OCDE, PISA 2025 Results (Vol. I), ch. 2, Tableau I.2.2, p. 77 et Figure I.2.3, p. 79. Le complément à 100 % (environ 1,1 %) correspond aux élèves situés sous le niveau 1b, qui n'ont pas de ligne propre dans le tableau de l'OCDE.

Les quatre forces du recul, selon l'OCDE

Rapport L'Encadré I.2.3 est la partie la plus développée du rapport sur l'explication du déclin. L'OCDE y présente quatre forces, en précisant qu'elles sont complémentaires et non concurrentes : « chacune ajoute de la profondeur et de la clarté au contexte du déclin, plutôt que de constituer des explications rivales ». Encadré I.2.3, p. 95-100

Force 1 · Les élèves

Pas un déclin uniforme des compétences, mais une attention réduite et, dans certains pays, des attitudes plus négatives envers l'école.

  • Les taux de réussite ont le plus baissé sur les tâches à textes longs.
  • Les réponses hâtives augmentent, les items non atteints diminuent.
  • La performance baisse davantage dans les sections tardives du test.
  • L'effort déclaré sur le test PISA a diminué par rapport à 2022 et 2018.

p. 96-97

Force 2 · Écoles et classes

Besoin accru de soutien, davantage de perturbations, difficultés à maintenir la discipline.

  • Moins d'élèves déclarent que leur professeur de sciences continue d'enseigner jusqu'à ce qu'ils comprennent, depuis 2015.
  • Le temps de classe consacré au maintien de l'ordre passe de 13 % en 2018 à 16 % en 2024 (TALIS).
  • Le harcèlement baisse de 2018 à 2022 puis remonte en 2025.

p. 97

Force 3 · Pressions systémiques

Des classes plus diverses et un pilotage plus faible.

  • 73 % des enseignants de l'OCDE déclarent des classes académiquement diverses (TALIS 2024).
  • La composition du public scolaire n'explique pas la baisse globale. L'OCDE l'écrit explicitement.
  • La question posée est celle de la capacité des systèmes à répondre à des besoins cumulés dans les mêmes classes.

p. 97-98

Force 4 · Tendances sociétales

Habitudes de lecture en mutation, vies plus numériques, pandémie.

  • Plus d'élèves passent plus d'une heure par jour sur les réseaux sociaux ou les jeux ; moins déclarent chercher une information pratique ou créer du contenu.
  • Le plaisir de lire a aussi décliné chez les parents.
  • Aucune relation simple entre durée de fermeture des écoles et tendance de lecture.

p. 98-99

Le contre-exemple des fermetures d'écoles

L'OCDE écrit : « il n'existe pas de relation simple entre la durée des fermetures et les tendances de lecture ultérieures ». La Colombie, avec environ vingt semaines de fermeture au printemps 2020, perd environ 9 points en lecture. Le Costa Rica, avec une durée comparable, n'enregistre aucun changement significatif. La Suède, sans aucune fermeture, perd environ 21 points. L'OCDE propose alors une lecture différente : la pandémie aurait agi comme catalyseur de changements plus profonds d'habitudes et de valeurs, plutôt que comme cause directe.

Encadré I.2.3, p. 99, périmètre 29 systèmes

Les associations mesurées par l'OCDE

Toutes les valeurs ci-dessous sont des corrélations entre évolutions nationales de deux indicateurs. L'OCDE écrit systématiquement « ces associations n'impliquent pas de causalité ».

Association mesurée entre paysrSensPage
Part d'élèves menacés par d'autres élèves ↔ performance en lecture−0,63plus de menaces, plus de baisse97
Curiosité déclarée ↔ performance en lecture+0,54évoluent ensemble96
« L'école est une perte de temps » ↔ performance en lecture+0,53évoluent ensemble97
Exposition aux grossièretés ↔ performance en lecture−0,36sens inverse97
Persévérance sur tâche ennuyeuse ↔ performance en lecture+0,33modérée96
« Le professeur continue jusqu'à ce qu'on comprenne » ↔ performance en sciences+0,32modérée97
Source : OCDE, PISA 2025 Results (Vol. I), Encadré I.2.3. Corrélations entre les évolutions nationales des deux indicateurs, pas entre leurs niveaux.
05

🇫🇷 La France dans PISA 2025

La France n'est presque jamais citée nommément dans le corps du rapport. Elle apparaît dans les tableaux de synthèse et dans les classements des figures. Les valeurs ci-dessous proviennent toutes des huit tableaux « Snapshot » des pages 28 à 43 et des tableaux chiffrés des chapitres 2 et 3. Chaque fois qu'une donnée française n'existe pas dans le rapport imprimé, c'est dit.

483
Sciences · moyenne OCDE 482
Tableau I.1, p. 28
456
Lecture · moyenne OCDE 461
Tableau I.1, p. 28
458
Mathématiques · moyenne OCDE 463
Tableau I.1, p. 28
497
Problèmes computationnels · OCDE 500
Tableau I.2.4, p. 84

Le tableau de bord français, domaine par domaine

IndicateurFranceOCDEÉcartSource
Sciences, score moyen483482+1, au niveau OCDET. I.1, p. 28
Sous-échelle : expliquer des phénomènes (eps)481482−1T. I.2.3, p. 81
Sous-échelle : évaluer des démarches d'investigation (ede)483481+2T. I.2.3, p. 81
Sous-échelle : évaluer et utiliser l'information pour décider (eid)487480+7, force relativeT. I.2.3, p. 81
Lecture, score moyen456461−5T. I.1, p. 28
Mathématiques, score moyen458463−5T. I.1, p. 28
Problèmes computationnels, score moyen497500−3T. I.2.4, p. 84
Sciences de l'environnement (sous-échelle)486480+6, meilleur résultat comparatifT. I.8, p. 42
Élèves faibles dans les trois matières21,3 %19,7 %+1,6 ptT. I.1, p. 28
Élèves très performants dans au moins un domaine9,8 %11,9 %−2,1 ptsT. I.1, p. 28
Écart calculé France moins OCDE. Les scores de lecture et de mathématiques n'apparaissent que dans le tableau de synthèse I.1 : les tableaux de comparaison deux à deux correspondants ne sont publiés qu'en ligne.

Position relative : avec qui la France est-elle statistiquement indistinguable

Donnée En sciences, le score français de 483 points n'est pas statistiquement différent de celui de treize systèmes : Tchéquie (490), Belgique (490), Lituanie (488), Allemagne (486), Pays-Bas (485), Suède (485), Slovénie (484), Italie (483), Portugal (482), Hongrie (480), Danemark (478), Espagne (477), Croatie (476). Tableau I.2.1, p. 71

Donnée En résolution de problèmes computationnels, le score français de 497 points n'est pas statistiquement différent de la Suède (503), du Portugal (501), de l'Espagne (499), de l'Allemagne (498), de la République slovaque (497), du Brunei Darussalam (496), de la Hongrie (495) et de la Norvège (491). Tableau I.2.4, p. 84

Sur la notion de rang

L'OCDE ne publie pas de rang officiel. Elle indique (p. 327) que le classement rigoureux passe par des fourchettes de rangs, disponibles uniquement en ligne. Toute affirmation du type « la France est 27e » repose sur un tri de tableau, pas sur une statistique publiée, et ignore les intervalles de confiance. Ce document n'utilise donc pas de rang pour la France.

Les tendances françaises

TendanceSciencesLectureMathsSource
France, 2022 → 2025−4−18−16T. I.2.6, p. 89
Moyenne OCDE-35, 2022 → 2025−3−14−9T. I.2.6, p. 89
France, tendance décennale 2015-2025−12−44−38T. I.2.9, p. 101
Moyenne OCDE-35, tendance décennale−7−27−24T. I.2.9, p. 101
La France perd davantage que la moyenne OCDE dans les trois domaines, sur les deux horizons. L'écart le plus marqué est la lecture sur dix ans : 44 points contre 27, soit 63 % de plus.
Le chiffre le plus sévère du rapport pour la France

Lecture, tendance décennale : −44 points contre −27 pour la moyenne OCDE. Avec le repère de l'OCDE (20 points ≈ une année de scolarité), l'ordre de grandeur est de plus de deux années de progrès d'apprentissage sur une décennie. Cette conversion doit être maniée avec précaution : l'OCDE écrit explicitement qu'il ne faut pas appliquer mécaniquement ce repère, et aucune estimation de gain annuel d'apprentissage n'a été publiée pour la France, qui ne figure pas dans le tableau des dix pays concernés.

Tableau I.2.9, p. 101 ; Encadré I.2.2 et Tableau I.2.7, p. 90-91

Le profil français en un graphique

Donnée Les indices de PISA sont standardisés sur la moyenne OCDE, fixée à zéro. Le graphique ci-dessous rassemble les quinze indices pour lesquels une valeur française est publiée dans les tableaux de synthèse. Il fait apparaître un profil très contrasté : des croyances favorables, des conditions d'apprentissage défavorables.

Le profil français, écart à la moyenne OCDE sur quinze indices
Écart France moins OCDE, en points d'indice standardisé. La moyenne OCDE vaut zéro par construction. Les valeurs positives sont à droite.
−0,20 −0,10 0 +0,10 Écart France moins OCDE, en points d'indice ÉCART Croyances sur la nature de la science +0,12 Efficacité collective (environnement) +0,12 Curiosité +0,11 Sensibilisation environnementale +0,10 Adaptabilité cognitive −0,01 Persévérance −0,01 Sentiment d'appartenance −0,03 Capacité perçue d'agir (environnement) −0,07 Apprentissage environnemental en classe −0,13 Recherche d'aide autorégulée −0,16 Fixation d'objectifs −0,20 Soutien enseignant perçu −0,21 Capacité numérique des écoles −0,22 Soutien familial perçu −0,23 Climat de discipline −0,26
Sources : Tableaux I.4 (p. 34), I.5 (p. 36), I.6 (p. 38), I.7 (p. 40) et I.8 (p. 42) du Vol. I. Les indices de soutien perçu sont des auto-déclarations d'élèves, sensibles aux normes culturelles de réponse : un indice bas ne mesure pas directement la qualité de l'accompagnement reçu.

Les élèves français croient plus que la moyenne que l'intelligence se développe, et moins que la moyenne qu'il faut se fixer un objectif ou demander de l'aide pour y arriver.

Le paradoxe français en trois chiffres

80,5 %
des élèves français déclarent un état d'esprit de développement, contre 69,3 % en moyenne OCDE. La France et l'Estonie sont les deux seuls pays nommés au-dessus de 80 % par le rapport.
T. I.4, p. 34 ; ch. 3, p. 162
−0,20
sur l'indice de fixation d'objectifs, et −0,16 sur la recherche d'aide. Les deux plus grands écarts défavorables du profil attitudinal français.
T. I.4, p. 34
45,0 %
des élèves français estiment que l'école les a préparés à la vie adulte, contre 51,4 % en moyenne OCDE. Mais 70,4 % croient à la mobilité sociale, contre 66,4 %.
T. I.5, p. 36

Interprétation Le rapprochement de ces trois chiffres constitue, pour l'école primaire, l'un des messages les plus directement exploitables de PISA 2025. Les élèves français arrivent à 15 ans avec une croyance forte dans la malléabilité de l'intelligence et dans la possibilité de changer de position sociale, et une mise en œuvre faible des stratégies qui rendraient cette croyance opérante. Se fixer un but, planifier, résumer pour repérer ses lacunes, demander de l'aide au bon moment : ces gestes sont enseignables, et ils s'enseignent avant le collège.

Forces et vulnérabilités, l'inventaire complet

Ce sur quoi la France est au-dessus de la moyenne OCDE
  • Sciences de l'environnement : 486 contre 480. Meilleur écart positif du rapport sur une échelle cognitive.
  • Compétence « évaluer et utiliser l'information scientifique pour décider » : 487 contre 480.
  • État d'esprit de développement : 80,5 % contre 69,3 %.
  • Croyances sur la nature de la science : +0,12.
  • Curiosité déclarée : +0,11.
  • Absence de harcèlement : 56,0 % contre 52,5 %. Réserve : la prévalence remonte en France entre 2022 et 2025.
  • Absence d'absentéisme : 67,9 % contre 66,1 %.
  • Absence de distraction numérique : 44,8 % contre 39,2 %. Réserve : quand elle est signalée, elle coûte 24 points en France contre 11 en moyenne OCDE.
  • Consignes disciplinaires sur le numérique : 78,9 % contre 71,2 %.
  • Écoles sans pénurie de matériel : 48,5 % contre 43,8 %.
  • Croyance en la mobilité sociale : 70,4 % contre 66,4 %.
  • Progression des élèves défavorisés 2022-2025 : +13 points contre +5. Réserve : sur 2015-2025, ces mêmes élèves sont stables et l'écart ne se réduit que par la baisse du haut.
Ce sur quoi la France est en dessous
  • Tendance décennale en lecture : −44 contre −27.
  • Tendance décennale en mathématiques : −38 contre −24.
  • Écart social en sciences : 100 points contre 85.
  • Écart immigrés / non-immigrés : −57 points contre −43.
  • Écoles sans pénurie d'enseignants : 12,9 % contre 28,8 %.
  • Climat de discipline : −0,12 contre +0,14.
  • Apprendre à évaluer une information générée par l'IA : 46,8 % contre 62,6 %.
  • Capacité numérique des établissements : −0,25 contre −0,03, avant-dernier rang mondial.
  • Soutien familial perçu : −0,42 contre −0,19, et l'une des neuf plus fortes baisses mondiales depuis 2022.
  • Soutien enseignant perçu : −0,18 contre +0,03.
  • Fixation d'objectifs et recherche d'aide : −0,20 et −0,16.
  • Valeur perçue des apprentissages scolaires : 45,0 % contre 51,4 %.
  • Élèves résilients : 11,0 % contre 11,9 %.

Ce que la note pays française ajoute au volume

L'OCDE publie, pour chaque pays participant, une note nationale de treize pages en langue locale. Celle de la France comble une partie des manques listés plus bas et donne des valeurs nationales que le volume ne détaillait qu'en moyenne OCDE. Les chiffres y sont arrondis à l'unité.

L'échantillon français, enfin documenté

Donnée 6 501 élèves, issus de 289 établissements, ont passé le test en France. Ils représentent environ 768 200 jeunes de 15 ans, soit 88 % de la population totale de cette classe d'âge. Un échantillon supplémentaire, issu des mêmes établissements, a passé l'évaluation d'anglais langue étrangère. Note pays France, p. 11

Donnée Sur la qualité des données, la note est explicite : « en France, toutes les données ont respecté les normes de qualité fixées par le PISA et ont été validées pour publication ». Aucun astérisque de réserve n'accompagne la France, contrairement à plusieurs pays dont les résultats « pourraient pâtir d'une plus grande incertitude, voire présenter un biais ». Note pays France, p. 3

La répartition française par niveau de compétence

Donnée Le volume ne publiait pas cette répartition pour la France. La note la donne pour les quatre domaines. Le seuil de compétence de base est le niveau 2, sauf en résolution de problèmes computationnels où l'OCDE retient le niveau 3.

DomaineFrance, niveau de baseOCDEFrance, très perf.OCDE
Sciences74 %74 %7 %7 %
Mathématiques64 %65 %5 %8 %
Compréhension de l'écrit67 %69 %5 %6 %
Problèmes computationnels (niveau 3)63 %64 %··
Sources : Note pays France, Graphique 1, p. 1-2 et Graphique 4, p. 5. Autrement dit, la France compte 26 % d'élèves peu performants en sciences, 36 % en mathématiques et 33 % en compréhension de l'écrit, contre 26 %, 35 % et 31 % en moyenne OCDE. Le décrochage français le plus net porte sur les très performants en mathématiques : 5 % contre 8 %.
L'évolution des élèves peu performants depuis 2015

Donnée Par rapport à 2015, la proportion d'élèves français situés en deçà du niveau 2 a augmenté de 12 points de pourcentage en mathématiques, de 11 points en compréhension de l'écrit et de 4 points en sciences. Note pays France, p. 4

Interprétation C'est la traduction la plus concrète de la baisse des scores : en dix ans, un élève français sur huit a basculé sous le seuil de compétence de base en mathématiques. Rapporté à une classe de vingt-cinq élèves, cela représente trois élèves de plus.

Une précision de fenêtre temporelle à ne pas confondre

Ce document montre plus haut que le recul est porté par le bas de la distribution. Ce résultat porte sur la décennie 2015-2025 et sur la moyenne de vingt-trois pays de l'OCDE. Sur la période courte, la note pays apporte une précision française différente : entre 2022 et 2025, l'écart entre les 10 % d'élèves les plus performants et les 10 % les moins performants n'a pas évolué de manière significative en France, ni en mathématiques, ni en compréhension de l'écrit, ni en sciences. La baisse récente touche donc toute la distribution, quand la baisse décennale a d'abord touché le bas.

Note pays France, p. 3-4 ; comparer avec Figure I.1.6, p. 57-58

Les attitudes françaises, et ce qu'elles rapportent réellement

Donnée Le volume donnait les indices français standardisés. La note donne les pourcentages bruts et, surtout, l'écart de score associé à une unité d'indice, après prise en compte du profil social des élèves et des établissements. C'est cette seconde colonne qui change la lecture.

AttitudeFranceOCDEPoints de score associés, FranceOCDE
Mentalité de développement (growth mindset)81 %69 %+31+28
Curiosité déclarée75 %73 %+14+19
Persévérance face à la difficulté54 %60 %+8+13
Recherche d'aide··+3+6
Sources : Note pays France, p. 7-8. Les pourcentages désignent la part d'élèves en accord avec les items correspondants. Les points de score sont l'écart en sciences associé à une augmentation d'une unité de l'indice, après contrôle du profil socio-économique des élèves et des établissements. L'écart de mentalité de développement est celui entre élèves déclarant une mentalité de développement et élèves déclarant une mentalité fixe.

Donnée Deux points complémentaires. D'abord, ces attitudes sont restées stables en France entre 2022 et 2025 : la baisse des scores ne s'accompagne pas d'une dégradation déclarée des dispositions. Ensuite, l'écart de score entre les élèves qui valorisent l'école et ceux qui estiment y perdre leur temps est de 21 points en France contre 27 en moyenne OCDE. Note pays France, p. 7-8

Le résultat français le plus important de la note

Donnée La mentalité de développement est le seul levier attitudinal dont le rendement est plus élevé en France qu'en moyenne OCDE : 31 points contre 28. Tous les autres rapportent moins chez nous : curiosité 14 contre 19, persévérance 8 contre 13, recherche d'aide 3 contre 6.

Interprétation Et c'est précisément le levier où la France part de la position la plus favorable, avec 81 % d'élèves concernés contre 69 %. Pour une école primaire, cela hiérarchise le travail : entretenir explicitement la croyance que l'intelligence se développe par le travail, l'effort et la rétroaction produit plus, en France, que de miser sur la curiosité ou l'encouragement à persévérer pris isolément. Ce qui ne veut pas dire abandonner ces deux derniers, mais ne pas leur demander ce qu'ils ne donnent pas ici.

L'autorégulation, en pourcentages

Donnée Les deux indices français les plus négatifs du profil, la fixation d'objectifs et la recherche d'aide, prennent enfin des valeurs concrètes. En France, 33 % des élèves déclarent planifier souvent ou très souvent leur travail scolaire (OCDE 37 %) et 48 % se poser des questions sur la matière à réviser pour vérifier qu'ils ont bien compris (OCDE 49 %). Pour l'aide : 71 % en demandent à leur enseignant quand ils en ont besoin (OCDE 77 %) et 78 % s'adressent à un camarade (OCDE 82 %). Note pays France, p. 8

Interprétation Un élève français sur trois seulement planifie son travail, et près d'un sur trois ne sollicite pas son enseignant quand il bloque. Ces deux comportements ne s'improvisent pas à quinze ans : ils s'enseignent, explicitement, et l'école primaire est le moment où ils s'installent. Les leviers correspondants figurent en partie III.

Deux écarts français à interpréter avec précaution

L'interdiction du téléphone portable : 27,1 % contre 49,5 %

Le Tableau I.6 (p. 38) indique que 27,1 % des élèves français sont scolarisés dans un établissement où le téléphone portable est interdit dans l'enceinte, contre 49,5 % en moyenne OCDE. Ce chiffre provient des déclarations des chefs d'établissement et porte sur la population PISA, c'est-à-dire des élèves de 15 ans, donc majoritairement des lycéens en France. Il ne mesure donc pas l'application de l'interdiction légale en école et en collège. Le rapport ne fournit pas cette précision : elle doit accompagner toute citation de ce chiffre.

Les indices de soutien perçu

Le soutien familial français est mesuré à −0,42 et le soutien enseignant à −0,18, tous deux nettement sous la moyenne OCDE. Les valeurs les plus élevées de ces indices se situent systématiquement dans des pays à revenu intermédiaire : Thaïlande +0,74, République dominicaine +0,68, Jordanie +0,66. L'OCDE rappelle que ces mesures sont des auto-déclarations, exposées aux effets de style de réponse et au biais de groupe de référence. Un indice bas mesure la façon dont les élèves déclarent le soutien reçu, pas la quantité objective de soutien.

ch. 3, p. 152 et note 1, p. 215

Ce que le rapport ne dit pas sur la France

Pour éviter toute extrapolation, voici l'inventaire explicite de ce qui n'existe pas dans le volume imprimé concernant la France.

  • Aucune donnée d'échantillonnage. Comblé par la note pays : 6 501 élèves, 289 établissements, 768 200 jeunes représentés, 88 % de couverture. Restent absents le taux d'exclusion et le taux de réponse, qui renvoient au rapport technique à paraître.
  • Aucune estimation de gain annuel d'apprentissage : la France ne figure pas parmi les dix pays du Tableau I.2.7.
  • Aucune série temporelle imprimée : les scores français de 2000 à 2022 n'apparaissent nulle part, seuls les écarts et les tendances.
  • Aucune répartition française par niveau de compétence. Comblée par la note pays pour les quatre domaines, en pourcentages arrondis à l'unité. Restent absents les percentiles français et les écarts-types.
  • Aucun chiffre français dans les tableaux de l'Annexe A1 : lecteurs hâtifs, fluence, longueur de texte, effort déclaré.
  • Aucune donnée régionale ou académique.
  • Aucun résultat pour l'évaluation d'anglais langue étrangère, à laquelle la France a pourtant participé, ni pour l'épreuve « Apprendre dans le monde numérique ». La note pays précise la date : ces résultats et les analyses d'autonomie d'apprentissage seront publiés en 2027. Note pays France, p. 11

Annexe A2, p. 322-323 ; Annexe A1, p. 318-319 ; Tableau I.2.7, p. 91 ; Note pays France, p. 3 et p. 11

06

Les sciences, domaine majeur de 2025

Tous les neuf ans environ, PISA consacre une analyse approfondie à l'un des trois domaines. En 2025, c'est le tour des sciences, comme en 2006 et 2015. Cette édition déplace nettement la définition : d'une science que l'on connaît vers une science dont on est un usager critique.

PISA définit une personne scientifiquement éduquée comme quelqu'un capable de participer à un débat raisonné sur la science, la durabilité et la technologie, pour éclairer l'action.

Vol. I, ch. 2, p. 76, traduction

L'OCDE précise que cette personne est formée pour être « un usager informé et critique de la connaissance scientifique tout au long de sa vie, sans devenir nécessairement productrice de savoir scientifique ». Elle comprend les grands concepts, les pratiques standards des scientifiques, le degré de justification des affirmations, et les mécanismes sociaux qui rendent la connaissance scientifique digne de confiance. ch. 2, p. 76

Les trois formes de connaissance

Connaissances de contenu

Les faits, concepts, idées et grandes théories explicatives établis scientifiquement sur le monde naturel et matériel.

Connaissances procédurales

Les procédures et pratiques standards permettant d'obtenir des données fiables et valides : identifier des variables, répéter des mesures pour réduire l'incertitude, représenter et communiquer des données de façon appropriée.

Connaissances épistémiques

Comment une affirmation scientifique est justifiée et pourquoi les scientifiques procèdent ainsi : rôle des observations, des modèles, des théories et des arguments, nature collaborative de la science, relecture par les pairs, rôle du consensus.

Vol. I, ch. 2, p. 76

Les trois compétences évaluées, et le profil français

CodeCompétenceCe que l'élève doit savoir faireFranceOCDE
epsExpliquer des phénomènes de façon scientifiqueReconnaître, construire et évaluer des explications et des modèles pour des phénomènes naturels et technologiques.481482
edeConstruire et évaluer des démarches d'investigation, interpréter de façon critique les données et les preuvesApprécier comment une question est investiguée scientifiquement, interpréter les données de façon critique, en évaluer la fiabilité et les limites, synthétiser les résultats.483481
eidRechercher, évaluer et utiliser l'information scientifique pour décider et agirTrouver l'information, en évaluer la crédibilité et les failles potentielles, s'en servir pour éclairer une décision.487480
Source : Vol. I, ch. 2, p. 76 et Tableau I.2.3, p. 81. La standardisation des sous-échelles est calculée sur l'ensemble des pays participants : il s'agit de forces relatives entre compétences, pas d'écarts absolus.

Donnée Sur les 91 systèmes, la compétence eid est le point fort relatif le plus fréquent (23 systèmes), devant eps (22) et ede (18). Seuls la Corée et les Émirats arabes unis présentent des performances équivalentes sur les trois sous-échelles. Encadré I.2.1, p. 80

Interprétation Le profil français est inverse de la moyenne OCDE sur le couple eps / ede : la France est relativement plus à l'aise pour évaluer une démarche que pour expliquer un phénomène. Cette configuration est cohérente avec une tradition scolaire qui travaille la démarche d'investigation et le raisonnement expérimental, et davantage en difficulté sur la construction d'explications causales appuyées sur des modèles.

Les niveaux de compétence, décrits par l'OCDE

NiveauxScore min.Ce que l'élève sait faire% OCDE
5 et 6633 · 708 Mobiliser théories, modèles, données complexes et sources multiples. Construire et évaluer des explications, faire des prédictions, identifier forces et limites des modèles, évaluer des protocoles alternatifs, interpréter des représentations avancées, détecter les interprétations erronées, évaluer la crédibilité des sources, apprécier des considérations sociales, éthiques ou économiques. Au niveau 6, dans des contextes non familiers. 7,2
2, 3 et 4410 · 484 · 559 Passer de la reconnaissance à l'usage actif. Au niveau 2 : distinguer une explication scientifique d'une explication non scientifique, expliquer simplement un phénomène familier, interpréter des données simples, identifier une preuve soutenant une affirmation, juger de la crédibilité d'une source avec un seul critère. Aux niveaux 3 et 4 : évaluer des explications ou des modèles, interpréter des graphiques et des tableaux, identifier des failles dans une interprétation, justifier un protocole simple, comparer des sources. 67,1
1a et 1b335 · 261 Se débrouiller dans des situations simples, familières et concrètes, aux options limitées. Reconnaître une explication de base, choisir un protocole simple, sélectionner une source pertinente, identifier un élément de preuve. Raisonnement limité aux tâches peu exigeantes : pas encore capables de façon régulière d'expliquer, d'interpréter des preuves, de juger de la crédibilité ou d'utiliser le savoir scientifique de manière autonome. 24,6
Source : Vol. I, ch. 2, Tableau I.2.2, p. 77, traduction fidèle des descripteurs. Le complément à 100 % correspond aux élèves sous le niveau 1b.
Être compétent en sciences en 2025, traduit en langage du primaire

Interprétation Les descripteurs de l'OCDE, relus avec des mots d'école élémentaire, donnent six gestes qui se construisent bien avant 15 ans.

  1. Observer et décrire précisément ce que l'on voit, avant d'expliquer. Dire ce qui se passe, avec les mots justes.
  2. Distinguer une explication scientifique d'une opinion. Repérer les marqueurs : une preuve, une mesure, une source identifiée.
  3. Lire un tableau et un graphique simples, y compris les valeurs qui sortent du lot, et dire ce qu'ils montrent.
  4. Trouver dans un document la preuve qui soutient une affirmation, et dire laquelle ne la soutient pas.
  5. Juger d'une source avec un critère explicite : qui parle, avec quelle compétence, depuis quand.
  6. Comparer deux documents qui ne disent pas la même chose, et formuler la différence.

Ces six gestes sont dérivés des descripteurs des niveaux 2, 3 et 4 (Tableau I.2.2, p. 77). Ils ne constituent pas une prescription de l'OCDE.

La nouveauté 2025 : la résolution de problèmes computationnels

Donnée L'épreuve mesure « la capacité des élèves à s'engager dans un processus itératif et autorégulé de construction de connaissances et de résolution de problèmes, à l'aide d'outils et de pratiques computationnels ». Les élèves complètent deux unités étendues, pendant lesquelles ils ont accès à des tutoriels, à des retours et à des exemples. La performance reflète donc non seulement ce que l'élève sait déjà, mais sa capacité à apprendre et à s'adapter pendant l'épreuve. ch. 2, p. 82-83 et p. 86

Corrélations intra-pays entre domainesSciencesLectureMaths
Problèmes computationnels0,760,690,75
Mathématiques0,880,80
Lecture0,87
Source : Vol. I, ch. 2, Tableau I.2.5, p. 86, moyenne OCDE. La corrélation la plus faible du tableau oppose les problèmes computationnels et la lecture : l'OCDE en conclut que cette épreuve mesure un ensemble de compétences distinct.

Donnée En moyenne OCDE, 26 % des élèves atteignent les niveaux 5 ou 6 de cette épreuve et 5 % sont sous le niveau 1. L'OCDE ne fixe pas de seuil de maîtrise formel, mais désigne le niveau 3 comme repère utile : c'est le point à partir duquel les élèves commencent à mener des expériences contrôlées de base pour inférer des relations simples entre facteurs d'un modèle. ch. 2, p. 83

Donnée Environ 43 % de la variation de performance sur cette épreuve peut être associée uniquement à la performance en sciences. Plus de la moitié reste donc en dehors. Six systèmes sur-performent de plus de 30 points par rapport à l'attendu : Hong Kong (Chine), Malaisie, Brunei Darussalam, Philippines, Macao (Chine) et Islande, dont plusieurs systèmes de niveau intermédiaire. ch. 2, p. 86-87

07

La lecture, l'alerte majeure

L'OCDE consacre à la lecture un encadré de cinq pages et une annexe entière de treize pages. Ce traitement exceptionnel tient à une raison qu'elle énonce clairement : la compréhension écrite conditionne la réussite des tâches de tous les autres domaines de PISA.

−25
points de lecture entre 2018 et 2025, moyenne OCDE-35 : 11 points de 2018 à 2022, puis 14 de 2022 à 2025
Annexe A1, p. 308
56/74
systèmes enregistrent une baisse significative. Cinq progressent, tous situés sous la moyenne OCDE.
Annexe A1, p. 308
11,4 %
de lecteurs hâtifs en 2025 contre 6,6 % en 2018, à l'épreuve de fluence. Un quasi-doublement.
Tableau I.A1.15, p. 314
37 %
des garçons de l'OCDE n'atteignent pas le niveau de base en lecture, contre 25 % des filles
ch. 2, p. 133

Ce n'est pas un artefact de mesure

Rapport L'Annexe A1 est construite pour répondre à une objection : la baisse pourrait-elle venir de l'instrument plutôt que des élèves. L'OCDE a disséqué le test item par item. Le test de lecture 2025 repose sur celui de 2018, ce qui permet une comparaison en milieu contrôlé. Sa conclusion : « le déclin ne reflète vraisemblablement pas des problèmes de mesure ni des anomalies propres à PISA. Le signal reste fort malgré les limites connues des outils de mesure éducative actuels. » Encadré I.2.3, p. 95 ; Annexe A1, p. 318

  • Les scores de pourcentage de réussite et les scores moyens sont corrélés à 0,91 sur 2022-2025 et 0,90 sur 2018-2025.
  • La section initiale non adaptative et les sections adaptatives évoluent dans la même direction : ce n'est pas un effet de l'adaptativité.
  • La fatigue ne joue pas de rôle significatif : la baisse de réussite au fil du test de sciences est modeste, et les écarts entre première et deuxième heure ne se sont pas creusés dans le temps.
  • Les élèves ne « bâclent » pas plus le questionnaire : la part d'élèves qui cochent toujours la même réponse sur l'échelle du sentiment d'appartenance est plus faible en 2025 qu'en 2022 et 2018.

Annexe A1, p. 311, 317 ; Tableau I.A1.7, I.A1.2, I.A1.17

Ce qui recule exactement

Donnée L'analyse par caractéristique d'item est le résultat le plus utile pour l'école. Les items ont été classés selon six dimensions : position dans le test, position dans l'unité, longueur du texte (court sous 200 mots, moyen de 200 à 399, long au-delà de 400), format de réponse, source unique ou sources multiples, et processus cognitif. Annexe A1, p. 312

DimensionCe qui recule le plusCe qui résiste
Longueur du texteLes items adossés à des textes longs. Sur 2018-2025, cette différence reste un moteur fort du recul global.Les textes courts.
Processus cognitifSur 2018-2022 : évaluer et réfléchir, qui exige de lire attentivement, de retenir et d'intégrer plusieurs éléments. Sur 2018-2025, les écarts entre processus se resserrent et la baisse devient plus uniforme.Localiser une information isolée, réussissable par un engagement ciblé et superficiel.
Format de réponseLes QCM simples et les sélections complexes.En 2025, les élèves réussissent un peu mieux les items à réponse ouverte qu'en 2022.
Sources multiplesRésultat contre-intuitif : les données n'indiquent pas, en moyenne OCDE, de difficulté accrue face aux items exigeant de croiser plusieurs textes, par rapport aux items à source unique.
Position dans le testLa performance a baissé partout, mais plus sévèrement dans les dernières étapes adaptatives que sur les items du début.
Source : Vol. I, Annexe A1, p. 312-313 et p. 318. Les résultats par pays diffèrent parfois de la moyenne OCDE et sont affectés de marges d'incertitude plus larges.

Le lecteur hâtif

Donnée Le test de lecture s'ouvre par trois minutes de fluence : juger si vingt et une ou vingt-deux phrases ont du sens. L'OCDE classe les élèves en quatre catégories selon leur précision et leur vitesse, avec des normes calculées pays par pays et langue par langue.

Lecteur précis et fluent

Au plus une erreur, et au plus deux fois le temps de la norme de son groupe linguistique.

−7 points de % entre 2018 et 2025

Lecteur lent

Plus de deux fois le temps de la norme, que les réponses soient exactes ou non.

+1 point de % environ

Lecteur imprécis

Plus d'une erreur, sans être ni trop rapide ni trop lent.

Variation non détaillée en moyenne

Lecteur hâtif

Plus d'une erreur et une épreuve terminée plus vite que 99 % des élèves de son pays ayant fait au plus une erreur.

6,6 % → 11,4 %, l'essentiel de la hausse sur 2022-2025

La montée du lecteur hâtif, 2018 à 2025
Part d'élèves donnant des réponses rapides et fausses à l'épreuve de fluence, moyenne sur 35 pays de l'OCDE.
0 % 2 6 10 14 2018 6,6 % 2025 11,4 % +4,8 points en sept ans Sur la même période, la part de lecteurs précis et fluents recule d'environ 7 points de pourcentage, tandis que celle des lecteurs lents ne progresse que d'environ 1 point. Le déplacement se fait vers la hâte, pas vers la lenteur.
Source : OCDE, PISA 2025 Results (Vol. I), Annexe A1, Tableau I.A1.15, p. 314. Le seuil de « hâte » est défini pays par pays et langue par langue, en référence au rythme des élèves de niveau 3 ayant fait au plus une erreur.

Donnée Le phénomène dépasse l'épreuve de fluence. Sur l'ensemble du test de lecture, la part de réponses hâtives, c'est-à-dire à la fois incorrectes et données plus vite que les répondants exacts les plus rapides, a augmenté de plus de quatre points de pourcentage entre 2018 et 2025, pour atteindre environ 9 %. Dans le même temps, la part d'items non atteints a diminué d'environ deux points. L'OCDE conclut : « les élèves sont devenus plus enclins à répondre vite qu'à laisser un item difficile sans réponse ». Annexe A1, p. 313

Donnée La France se situe exactement dans la norme sur cet indicateur : 9,0 % de réponses hâtives en lecture, contre 8,9 % en moyenne OCDE. Les extrêmes vont de 2,2 % à B-S-J-Z (Chine) à 22,5 % au Liban. Tableau I.4, p. 34-35

Les causes possibles avancées par l'OCDE

Elles sont présentées comme des coïncidences temporelles, jamais comme des démonstrations.

Habitudes de lecture
  • L'indice de plaisir de lire décline sur la décennie jusqu'à 2018 en moyenne OCDE.
  • Les élèves déclarent lire moins de romans, de magazines papier et de journaux physiques.
  • Dans PISA 2018, ceux qui lisaient de la fiction et des textes longs pour l'école obtenaient de meilleurs scores, après contrôle du profil social.
  • Ceux qui lisaient plus souvent des livres sur papier avaient tendance à mieux performer que ceux qui lisaient principalement sur écran.
  • La lecture a aussi perdu du terrain comme passe-temps préféré des parents.
Engagement numérique
  • Entre 2022 et 2025, une part plus importante d'élèves passe plus d'une heure par jour sur les réseaux sociaux ou les jeux vidéo.
  • Une part plus faible déclare utiliser le numérique pour chercher une information pratique ou créer du contenu.
  • Les élèves de PISA 2025 sont nés vers 2009 et ont grandi pendant la diffusion rapide des appareils personnels.
  • L'OCDE écrit expressément : « ces tendances n'établissent pas de lien direct entre activités en ligne et baisse de la performance en lecture ».

Encadré I.2.3, p. 98-99

De la lecture à la pensée critique
La chaîne complète, du décodage au jugement. Les trois derniers maillons sont ceux que PISA voit reculer le plus nettement à 15 ans.
DÉCODER Identifier les mots sans effort conscient LIRE VITE Fluence : précision et vitesse ensemble COMPRENDRE Littéral, puis mise en relation d'éléments INTERPRÉTER Inférer, dépasser le sens explicite ÉVALUER Juger qualité et validité du contenu CROISER Comparer plusieurs sources, trancher ZONE DE RECUL LA PLUS MARQUÉE À 15 ANS Entre 2018 et 2022, les baisses se concentrent sur les processus de haut niveau, ceux qui exigent de retenir et d'intégrer plusieurs éléments d'information. CONDITIONS D'ACCÈS, CONSTRUITES AU PRIMAIRE Tant que l'identification des mots mobilise l'attention, les maillons suivants restent hors de portée. Nuance importante : sur la période longue 2018-2025, les écarts entre processus cognitifs se resserrent et la baisse devient plus uniforme. En revanche, la difficulté liée à la longueur du texte reste un moteur fort du recul. Et PISA n'observe pas de difficulté accrue sur les items à sources multiples par rapport aux items à source unique. Sources : Annexe A1, p. 312-313 et p. 318 ; Encadré I.2.3, p. 96. La chaîne elle-même est une reconstruction pédagogique.
Ce que ce diagnostic change pour l'école primaire

Interprétation Trois conséquences se déduisent sans forcer le raisonnement.

  • La fluence n'est pas une fin. Elle est la condition qui libère les ressources attentionnelles nécessaires aux maillons suivants. Un élève qui lit 90 mots par minute au CM2 avec une compréhension correcte n'a pas de problème de fluence ; un élève qui décode encore syllabe par syllabe n'accédera pas à l'évaluation d'un document.
  • La longueur du texte est un paramètre pédagogique à part entière. Si les tâches à texte long sont celles qui reculent le plus, l'exposition régulière et accompagnée à des textes longs devient un objet d'enseignement, pas un supplément.
  • La hâte se travaille. Le recul observé n'est pas seulement un recul de compétence, c'est aussi un recul de comportement de lecteur : répondre vite plutôt que laisser vide. Les rituels de relecture, d'auto-vérification et de justification de la réponse relèvent de ce registre.
08

Les mathématiques

Le domaine dont la chute est la plus tardive et la plus brutale. La performance reste proche du niveau de 2003 jusqu'en 2018, puis décroche.

485 → 463
moyenne OCDE de 2015 à 2025, soit 22 points
Préface, p. 3, note 2
−9
points entre 2022 et 2025 ; 38 systèmes sur 74 reculent
ch. 2, p. 89
+9 pts
de part d'élèves sous le niveau 2 en dix ans, moyenne OCDE-35
ch. 2, p. 93-95
+13
points d'avantage des garçons sur les filles en moyenne OCDE, et +13 aussi en France
T. I.3, p. 32

Ce que PISA mesure en mathématiques

Donnée La définition retenue est la capacité « à raisonner mathématiquement et à formuler, employer et interpréter les mathématiques pour résoudre des problèmes dans une variété de contextes du monde réel ». L'accent porte sur la mobilisation dans des situations nouvelles, pas sur la restitution de procédures. p. 48

La structure de l'écart de genre

Donnée L'avantage masculin de 13 points en moyenne OCDE masque une structure très inégale selon la position dans la distribution : 3 points seulement au 10e percentile, et 24 points au 90e percentile. L'écart en faveur des garçons se joue donc en haut de la distribution. Il est inversé dans un seul système, l'Autorité palestinienne. ch. 2, p. 131

Donnée Sur la part d'élèves sous le niveau de base, le sens s'inverse : 36 % des filles contre 33 % des garçons en moyenne OCDE. Dans la plupart des pays, la différence n'est pas significative. ch. 2, p. 133

Donnée En France, l'écart de 13 points correspond exactement à la moyenne OCDE, mais les deux sexes sont sous la moyenne de leur sexe : filles 451 contre 456, garçons 464 contre 470. Le retard français en mathématiques n'est donc pas un problème de genre, c'est un retard des deux sexes. T. I.3, p. 32

Quelles compétences mathématiques faut-il construire tôt

Interprétation PISA ne répond pas directement à cette question, qui porte sur le primaire. On peut toutefois raisonner à partir de deux résultats robustes du rapport : la corrélation sciences-mathématiques est la plus forte du tableau (0,88), et la baisse est portée par le bas de la distribution. Cela oriente vers les prérequis partagés du raisonnement, pas vers les procédures de haut niveau.

Six constructions précoces qui conditionnent le raisonnement ultérieur
  1. Le sens du nombre et la décomposition. Savoir que 7 c'est 5 et 2, ou 10 moins 3, avant toute technique opératoire. C'est ce qui rend le calcul mental possible, et le calcul mental libère l'attention pour le problème.
  2. L'automatisation des faits numériques. Les tables, les compléments à 10 et à 100, les doubles et moitiés. Non pour elles-mêmes, mais parce qu'un élève qui recalcule 8 × 7 n'a plus de ressources pour la structure du problème.
  3. La lecture du problème comme un texte. Un problème mathématique est d'abord un texte à comprendre. C'est le point de jonction avec le recul en lecture.
  4. La représentation. Schématiser une situation, passer d'un énoncé à un dessin, d'un dessin à une écriture mathématique, et revenir. La représentation est ce qui rend un problème nouveau abordable.
  5. La proportionnalité, très progressivement. Doubles, moitiés, échelles, situations « pour tant, tant ». C'est le concept qui structure le cycle 3 et conditionne l'accès aux pourcentages, aux vitesses et aux graphiques.
  6. Le contrôle du résultat. L'ordre de grandeur avant le calcul, la vérification de la plausibilité après. C'est exactement le geste dont l'absence produit la réponse rapide et fausse.

Déduction pédagogique. PISA 2025 ne prescrit aucun de ces six points et n'évalue pas les élèves du primaire.

09

Le grand dossier : les inégalités

L'OCDE distingue deux dimensions dont la conjonction seule définit l'équité : la justice, c'est-à-dire la mesure dans laquelle l'origine ne détermine pas les résultats, et l'inclusion, c'est-à-dire la mesure dans laquelle tous acquièrent au moins les compétences de base. Un système où la plupart des élèves sont faibles n'est pas équitable, même si les écarts entre groupes sociaux y sont petits.

L'indice ESCS et le gradient social

Donnée L'indice PISA de statut économique, social et culturel sert à découper chaque pays en quartiles. Un élève favorisé est un élève du quart supérieur de l'indice dans son propre pays ; un élève défavorisé, du quart inférieur. Le découpage est donc national et relatif. ch. 2, p. 116 ; note 3, p. 31

L'OCDE mesure deux grandeurs distinctes :

  • La force (strength) : la part de variation des performances expliquée par le statut social. Moyenne OCDE en sciences : 12 %. France : 13,5 %. Vingt-trois systèmes sont sous 7 %, cinq dépassent 20 %.
  • La pente (slope) : l'écart moyen de performance entre deux élèves distants d'une unité d'indice. En sciences, 36 points en moyenne OCDE, « presque le double de ce qu'un élève apprend typiquement en une année ». La valeur française n'est pas publiée dans le rapport imprimé.

ch. 2, p. 115 ; Tableau I.2, p. 30-31

L'écart social en sciences, et la façon dont il s'est resserré
À gauche, l'écart 2025 entre le quart social supérieur et le quart inférieur. À droite, ce qui a produit le resserrement entre 2022 et 2025.
ÉCART FAVORISÉS MOINS DÉFAVORISÉS, SCIENCES 2025 0 25 50 75 100 pts Moyenne OCDE 85 France 100 ÉVOLUTION 2022 → 2025, PAR QUART SOCIAL 0 −10 +10 +20 pts Défavorisés · OCDE +5 Défavorisés · France +13 Favorisés · OCDE −8 Favorisés · France −8
Sources : Tableau I.2, p. 30-31 et Tableau I.2.10, p. 120. En moyenne OCDE, l'écart s'est réduit de 13 points ; en France, de 21 points. L'OCDE précise que la progression des élèves défavorisés français de 13 points est l'une des plus modestes parmi les 21 pays où ces élèves progressent, les plus fortes dépassant 40 points en Géorgie, aux Émirats arabes unis et en Ouzbékistan.
Un écart qui se resserre n'est pas forcément un progrès

Rapport C'est le message le plus répété du chapitre : « un écart socio-économique plus petit peut résulter d'une performance stagnante chez les élèves défavorisés pendant que la performance des élèves favorisés décline. C'est ce qui est observé en sciences, en moyenne OCDE, entre 2022 et 2025 ». Et plus loin : « un écart qui se resserre ne signifie pas nécessairement un système plus juste ».

Le critère proposé par l'OCDE pour identifier un gain réel de justice : « les systèmes qui ont gagné en justice socio-économique sont ceux où la performance des élèves les plus défavorisés s'est améliorée autant ou davantage que celle de leurs pairs les plus favorisés ».

Sur ce critère, la France se situe du bon côté : ses élèves défavorisés progressent de 13 points, contre +5 en moyenne OCDE, tandis que les favorisés reculent de 8 points comme ailleurs. À la différence de la Suède ou de Malte, dont le resserrement vient du seul effondrement du haut.

Sur dix ans, le tableau s'inverse

Donnée Le jugement ci-dessus porte sur la période 2022-2025. Sur la décennie, la note pays française donne une lecture différente et moins favorable : « entre 2015 et 2025, l'écart de performance en sciences entre les 25 % d'élèves les plus favorisés et les 25 % les plus défavorisés s'est réduit en France, ainsi qu'en moyenne dans les pays de l'OCDE. Sur cette même période, les résultats ont baissé parmi les élèves favorisés, tandis qu'ils sont restés stables parmi les élèves défavorisés. »

Interprétation C'est exactement le cas de figure que l'OCDE range parmi les faux progrès d'équité : un resserrement par le haut. Les deux lectures coexistent sans se contredire, elles ne portent pas sur la même fenêtre. Sur dix ans, l'écart français se réduit sans que les élèves défavorisés aient progressé. Sur les trois dernières années, ils progressent réellement de 13 points. Toute citation de ce résultat doit préciser la période, sous peine de dire le contraire de ce que montrent les données.

Note pays France, p. 7 ; Tableau I.2.10, p. 120

ch. 2, p. 118 et p. 120 ; Tableau I.2.10, p. 120

Le risque, pas seulement l'écart

Donnée En moyenne OCDE, 37 % des élèves défavorisés sont sous le niveau 2 en sciences, contre 12 % des élèves favorisés. Un écart de 25 points de pourcentage, qui atteint ou dépasse 20 points dans la plupart des pays. Figure I.2.15, p. 121-122

Donnée Les élèves « académiquement résilients » sont ceux du quart social inférieur qui obtiennent un score dans le quart supérieur de performance de leur propre pays. Ils représentent 12 % des élèves défavorisés en moyenne OCDE, et 11,0 % en France. Une valeur de 25 % correspondrait à une absence totale de lien entre origine et performance. Figure I.2.16, p. 122-123

Un piège de lecture sur la résilience

Les taux de résilience les plus élevés se trouvent au Kenya (25,7 %), au Cambodge et au Rwanda (22,4 %), en Ouzbékistan (22,0 %). Ce sont aussi les systèmes où l'origine sociale explique le moins la performance, dans un contexte de performance globalement très basse. Un fort taux de résilience n'y signifie pas excellence : il signifie que l'indice social y prédit mal les résultats. L'OCDE prévient qu'« un pays combinant une forte justice socio-économique avec une faible performance moyenne ne doit pas être vu comme un résultat souhaitable ».

ch. 2, p. 115 et Tableau I.2, p. 30

Le cumul des faiblesses

Donnée En rapportant les résultats à l'ensemble d'une classe d'âge de 15 ans, et non aux seuls élèves testés, la Figure I.2.11 donne une image plus dure : 29 % des jeunes de 15 ans sont faibles dans les trois matières, dont 12 points correspondant aux jeunes non couverts par l'échantillon PISA, et 49 % sont faibles dans au moins une matière. Figure I.2.11, p. 112-114

Ces deux chiffres reposent sur une hypothèse explicite : les jeunes non couverts par PISA sont supposés sous le niveau 2 dans les trois matières. L'OCDE qualifie elle-même cette hypothèse de « conservatrice », plus plausible pour les non-scolarisés et les décrocheurs que pour les élèves exclus pour d'autres raisons. Ces chiffres doivent toujours être cités avec leur hypothèse. (note 11, p. 149)

Une privation que l'indice social ne capte pas

Donnée PISA 2025 introduit un indicateur de privation multidimensionnelle, construit sur des manques contraints : l'élève déclare ne pas avoir l'objet parce que ses parents n'en ont pas les moyens. Deux dimensions : privation matérielle (chaussures, vêtements neufs, accès à une baignoire ou une douche) et privation sociale (activités de loisirs payantes, jeux d'intérieur, équipement de loisir extérieur).

12 %
des élèves déclarent au moins une forme de privation, tous pays participants confondus
−64
points de score en sciences associés à la privation matérielle
−53
points associés à la privation sociale, un écart presque aussi large
r = 0,8
corrélation entre les deux formes de privation au niveau des systèmes

Encadré I.2.5 et Figure I.2.17, p. 124-126, Table I.B1.2b.21

Rapport L'OCDE en tire une conclusion directe : « la part moyenne d'élèves déclarant une privation est relativement faible, mais les écarts de performance associés sont larges ». L'indicateur ne capte pas de simples différences marginales de ressources, mais des formes de difficulté « étroitement liées à la position socio-économique sans y être entièrement réductibles ». p. 126

Interprétation Pour une école, la dimension sociale de la privation est celle sur laquelle une action collective est possible : l'accès aux activités, aux sorties, aux équipements de loisir. L'écart de score associé y est presque aussi large que pour la privation matérielle.

Genre : trois configurations opposées selon le domaine

DomaineMoyenne10e percentile90e percentileSous le niveau 2
Sciencesfilles +1filles +12garçons +10garçons 27 % / filles 24 %
Lecturefilles +30filles +40filles +19garçons 37 % / filles 25 %
Mathématiquesgarçons +13garçons +3garçons +24garçons 33 % / filles 36 %
Moyennes OCDE. Sources : ch. 2, p. 129-136. En sciences, l'écart moyen quasi nul masque deux profils opposés : les filles devancent en bas de distribution, les garçons en haut.

Rapport L'écart en lecture est le plus large de toutes les matières, systématique (les filles devancent dans tous les pays sauf trois), présent à tous les niveaux de la distribution, et maximal chez les élèves les plus faibles : 40 points au 10e percentile contre 19 au 90e. C'est donc avant tout un problème de garçons en difficulté de lecture. ch. 2, p. 129-130

Immigration : l'écart brut et l'écart net

Donnée En moyenne sur 29 pays de l'OCDE, 18 % des élèves ont un parcours migratoire, dont 10 % de deuxième génération et 8 % de première. 41 % des élèves issus de l'immigration sont socio-économiquement défavorisés, contre 21 % des non-immigrés. 71 % des élèves de première génération et 47 % de deuxième génération parlent principalement à la maison une langue différente de celle du test. ch. 2, p. 139-141

Donnée Après prise en compte du statut social et de la langue parlée à la maison, les élèves immigrés obtiennent de meilleurs scores en sciences que les non-immigrés dans 13 systèmes, de moins bons dans 21, et la différence n'est pas significative dans 10. Figure I.2.23, p. 142-143

Donnée La France fait partie des sept pays où le surcroît de désavantage social des élèves issus de l'immigration est le plus marqué, avec un écart supérieur à 30 points de pourcentage, aux côtés de l'Autriche, du Danemark, de la Grèce, de l'Islande, de l'Italie et de la Norvège. Son écart brut de performance est de 57 points (502 contre 445), contre 43 en moyenne OCDE. L'écart net français, après contrôle, n'est pas publié dans le rapport imprimé. ch. 2, p. 139 ; Tableau I.2, p. 30-31

Une affirmation explicite de l'OCDE, à citer telle quelle

« PISA 2025 ne fournit aucune base à l'affirmation selon laquelle des proportions plus importantes d'élèves issus de l'immigration seraient liées à de moins bons résultats éducatifs dans les pays d'accueil. »

L'OCDE ajoute immédiatement la précaution inverse : la relation positive observée entre part d'élèves immigrés et performance moyenne ne tient pas compte du revenu national, et après prise en compte de celui-ci, la corrélation devient très faible ou proche de zéro.

ch. 2, p. 141-142

Comment se construisent ces écarts, selon l'OCDE

Rapport Le chapitre avance quatre mécanismes, toujours en langage d'association.

  1. L'antériorité. « Les racines de ces disparités prennent souvent forme bien avant qu'un enfant n'entre dans une salle de classe formelle. » La privation économique et des conditions familiales défavorables dans la petite enfance peuvent entraver le développement cognitif et les capacités verbales.
  2. Le cumul des ressources. Les élèves favorisés bénéficient de ressources financières, sociales et culturelles supérieures tout au long de la scolarité.
  3. Le caractère cumulatif de la faiblesse. « Les élèves qui n'atteignent pas le seuil de base dans un domaine ont un risque accru de passer sous le seuil dans les autres. »
  4. Le non-déterminisme. « Le désavantage socio-économique ne détermine pas la réussite scolaire. » C'est la justification du concept de résilience académique.

ch. 2, p. 111-114

10

Le profil de l'élève « future-ready »

C'est le titre du volume et la thèse du chapitre 1. L'OCDE y propose une définition opérationnelle en deux dimensions, et la conclusion qu'elle en tire est contre-intuitive : réussir et s'engager ne vont pas ensemble.

Les apprenants compétents sont ceux qui non seulement comprennent ce qu'ils ont appris, mais savent aussi utiliser efficacement ce savoir et ces compétences, les appliquer avec confiance dans des situations réelles, et continuer à les appliquer tout au long de leur vie, au-delà des cadres éducatifs formels. Cela suppose aussi une volonté d'apprendre, soutenue par la curiosité et la persévérance.

Vol. I, ch. 1, p. 54, traduction

Deux dimensions, une intersection étroite

50 %
des élèves de l'OCDE sont « performants » : au niveau 2 ou plus en sciences, lecture et mathématiques, au niveau 3 ou plus en problèmes computationnels
23 %
sont « engagés » : curiosité, persévérance, fixation d'objectifs et recherche d'aide réunies
14 %
sont les deux à la fois, et constituent les « apprenants compétents »
28 % / 33 %
à Singapour et à B-S-J-Z (Chine), les seuls systèmes à dépasser le quart d'apprenants compétents

Vol. I, ch. 1, Figures I.1.8 et I.1.9, p. 59-60 ; note 2, p. 66 pour les définitions opérationnelles

Rapport L'OCDE en tire une conclusion de politique éducative explicite : « l'engagement dans l'apprentissage ne devrait pas être vu simplement comme un sous-produit de la réussite scolaire, et la performance scolaire ne devrait pas servir d'indicateur indirect de l'engagement plus large des élèves. Chaque résultat mérite l'attention pour lui-même. » ch. 1, p. 60

Donnée Le constat est vérifiable dans les deux sens. Parmi les systèmes où moins de 10 % des élèves sont performants sur tous les domaines, le Kenya, le Kosovo et le Maroc présentent plus d'un tiers d'élèves au profil « engagé mais non performant », entre 35 % et 38 %. Inversement, les systèmes en tête de la performance ne dominent que partiellement le classement de l'engagement. ch. 1, p. 59-60

Donnée La France se situe dans la moitié gauche du nuage de la Figure I.1.9 : engagement inférieur à la moyenne OCDE de 23 %, part d'apprenants performants autour de la moyenne de 50 %. Les valeurs exactes ne sont pas imprimées. Figure I.1.9, p. 60, lecture de position sur le nuage

Les douze composantes du portrait

Le cadre du chapitre 1 rassemble, autour de l'apprenant, quatre panneaux d'indicateurs. Voici ce que PISA mesure réellement derrière chacun, avec sa valeur OCDE et, quand elle existe, sa valeur française.

ComposanteCe que PISA mesure exactementOCDEFrance
Connaissances et compétencesPart d'élèves au niveau 2 ou plus en sciences, lecture, mathématiques ; niveau 3 ou plus en problèmes computationnels74 % (sciences)n. d.
CuriositéCinq items : aimer apprendre, trouver ennuyeux d'apprendre, aimer savoir comment ça marche, être curieux de beaucoup de choses, se sentir plus curieux que les autres69 % · 73 % · 74 %+0,11
PersévéranceCinq items : finir ce qu'on commence, continuer jusqu'au bout, fournir un effort supplémentaire, finir même quand c'est ennuyeux, abandonner facilement61 % · 60 % · 52 %−0,01
Adaptabilité cognitiveQuatre items : gérer des situations inhabituelles, s'adapter sous pression, résoudre une situation difficile avec d'autres, s'adapter à une nouvelle culture48 % à 55 %0,00
Autorégulation, demande d'aideDemander de l'aide en difficulté, à l'enseignant, aux camarades, après avoir cherché seul77 % à 82 %−0,16
Autorégulation, fixation d'objectifsPlanifier son approche, résumer sans ses documents, s'auto-questionner, changer de méthode si elle ne marche pas35 % à 49 %−0,20
Esprit critique et épistémiqueCinq croyances sur la nature de la science, dont « vérifier une source auprès d'autres sources fiables »> 81 %+0,12
État d'esprit de développementUn item unique : désaccord avec « on a une certaine quantité d'intelligence et on ne peut pas y faire grand-chose »69 %80,5 %
Engagement et valeur de l'écoleL'école apprend des choses utiles pour un métier, prépare à la vie adulte, a été une perte de temps67 % · 51 % · 24 %45 %
Sentiment d'appartenanceSix items : appartenir, être apprécié, se faire des amis, se sentir étranger, mal à sa place, seul76 % à 87 %+0,06
Croyance en la mobilité socialeUn item nouveau en 2025 : désaccord avec « votre statut dans la société est quelque chose que vous ne pouvez pas vraiment changer »66 %70,4 %
Conscience environnementaleConnaissance déclarée de six thèmes, croyance en sa capacité d'agir, croyance en l'efficacité collective−0,14 / 0,00 / 0,00−0,04 / −0,07 / +0,12
Sources : ch. 1, note 2, p. 66 ; ch. 3, p. 155-196 ; Tableaux I.4 à I.8, p. 34-43. « n. d. » signifie que la valeur n'est pas publiée dans le rapport imprimé. Les indices sont standardisés sur la moyenne OCDE fixée à zéro.

Trois résultats qui déplacent le regard

La curiosité ne suffit pas, sa canalisation compte

La relation entre curiosité et performance en sciences est positive dans tous les pays participants. Mais sa force varie fortement, et les pays où la curiosité déclarée est la plus élevée ne sont pas ceux où elle prédit le mieux la performance. L'OCDE parle de la mesure dans laquelle « cette curiosité est canalisée vers des formes d'engagement académiquement pertinentes ».

Figure I.3.33, p. 205-206

Demander de l'aide amplifie l'effet de la curiosité

La relation positive entre « aimer apprendre » et la performance en sciences est plus forte chez les élèves qui demandent de l'aide : 13 points de score en moyenne, et dans 42 pays. Dans aucun système l'inverse n'est vrai.

ch. 3, p. 208, Table I.B1.3.47

L'état d'esprit de développement à lui seul ne fait pas le travail

Les élèves qui le déclarent obtiennent en moyenne 28 points de plus en sciences. Mais l'effet n'est pas uniforme : il est le plus large et le plus constant chez les élèves de niveau intermédiaire, plus faible chez les élèves faibles, et absent chez les très performants. En mathématiques, la taille d'effet standardisée passe de 0,04 chez les faibles à 0,17 chez les intermédiaires.

ch. 3, p. 207 et note 10, p. 216

La limite méthodologique du « growth mindset », à ne pas taire

L'OCDE mesure l'état d'esprit de développement par un item unique, formulé négativement : il faut être en désaccord avec un énoncé pour être classé « growth mindset ». Elle reconnaît explicitement deux risques : un biais d'acquiescement, et une erreur de mesure liée à la charge cognitive de la double négation. Sa conclusion : « ces éléments peuvent atténuer ou amplifier les corrélations présentées dans ce rapport. En conséquence, les résultats présentés ici devraient être interprétés avec prudence. » Les formulations ont en outre légèrement différé entre 2018, 2022 et 2025.

note 3, p. 215-216

Le triangle mobilité sociale, état d'esprit, résilience

Donnée Trois relations, mesurées par PISA 2025 et présentées ensemble dans la Figure I.1.12.

  • Les élèves déclarant un état d'esprit de développement sont trois fois plus susceptibles de percevoir des opportunités de mobilité sociale que ceux déclarant un état d'esprit fixe, en moyenne OCDE et sur l'ensemble des pays. Le résultat reste inchangé après contrôle du profil social. L'écart dépasse cinq fois aux Philippines et à Douchanbé.
  • Près de quatre élèves résilients sur cinq déclarent un état d'esprit de développement, contre environ trois sur cinq parmi les élèves défavorisés non performants.
  • Dans les pays de l'OCDE, plus de sept élèves résilients sur dix perçoivent des opportunités de mobilité sociale, contre moins de six sur dix parmi les élèves défavorisés non performants.

Encadré I.1.1 et Figure I.1.12, p. 64-65

Rapport L'OCDE conclut avec la précaution d'usage : « bien que ces associations n'établissent pas de relations causales, elles suggèrent un ensemble de croyances et de résultats qui se renforcent mutuellement ». Elle en déduit l'intérêt de politiques qui renforcent la perception de mobilité sociale, par l'équité, la transparence et l'ouverture des parcours, en parallèle des interventions sur l'état d'esprit. p. 64

Partie III

Du CP au CM2

Le cœur pédagogique de ce rapport. Ce qui se mesure à 15 ans ne commence pas à 15 ans. Cette partie remonte la chaîne, niveau par niveau, sans jamais fabriquer de résultat PISA par classe.

11

La passerelle : comment on construit à six ans ce qui se mesure à quinze

Avant d'entrer dans le détail de chaque niveau, un rappel et une méthode. Le rappel : PISA n'évalue aucun élève de l'école élémentaire. La méthode : partir des descripteurs de compétence publiés par l'OCDE, pas des scores, et identifier ce qu'ils supposent.

Ce que les colonnes CP à CM2 sont, et ne sont pas

Dans toute cette partie, les colonnes CP, CE1, CE2, CM1 et CM2 sont des jalons pédagogiques : des descriptions de ce qu'il paraît raisonnable d'installer à chaque niveau pour rendre possible ce que PISA observe à 15 ans. Elles ne sont ni des résultats PISA, ni des attendus officiels des programmes français, ni des seuils validés. Elles relèvent du niveau Interprétation, et sont à discuter en équipe plutôt qu'à appliquer.

Le principe de la libération des ressources

Interprétation Le fil qui relie les cinq niveaux tient en une phrase : chaque palier automatise ce que le palier précédent a construit, et libère par là l'attention nécessaire au suivant. Ce principe n'est pas énoncé par PISA, qui n'étudie pas le primaire. Il est cohérent avec deux de ses résultats.

  • Le premier : les tâches qui reculent le plus à 15 ans sont celles qui demandent de retenir et d'intégrer plusieurs éléments d'information, tandis que celles qui demandent de localiser une information isolée résistent. Retenir et intégrer coûte de l'attention. Annexe A1, p. 312
  • Le second : la difficulté liée à la longueur du texte reste un moteur fort du recul. Un texte long est un texte qui exige de maintenir l'effort, donc de ne pas le dépenser ailleurs. Annexe A1, p. 318
Ce que PISA voit reculer à 15 ans, et où cela se construit
Lecture de droite à gauche : la compétence observée, puis les conditions qui la rendent possible.
CE QUI RECULE À 15 ANS CE QUE CELA SUPPOSE NIVEAU PIVOT Lire un texte long sans décrocher Décodage automatisé, endurance de lecture CP · CE1 Retenir et relier plusieurs éléments Mémoire de travail disponible, vocabulaire CE1 · CE2 Inférer ce qui n'est pas écrit Compréhension explicite solide, culture partagée CE2 · CM1 Juger de la fiabilité d'une source Un critère explicite, verbalisé et réutilisable CM1 · CM2 Comparer deux documents divergents Habitude du croisement, langage de la comparaison CM1 · CM2 Interpréter un graphique ou un tableau Lecture de données, y compris les valeurs atypiques CE2 → CM2 Résister à la réponse rapide et fausse Contrôle, relecture, ordre de grandeur, justification CP → CM2 Demander de l'aide et se fixer un but Métier d'élève explicite, verbalisation des stratégies CP → CM2 Colonne de gauche : compétences que PISA mesure et voit reculer (Annexe A1 et Tableau I.2.2). Colonnes du milieu et de droite : reconstruction pédagogique.
12

CP, les fondations

Question centrale. Que faut-il construire au CP pour qu'un élève puisse progressivement développer les compétences qui seront nécessaires à 15 ans ?

L'ancrage PISA de ce niveau

Trois résultats du rapport orientent ce niveau, sans jamais le mesurer. Le premier : la difficulté liée à la longueur du texte est un moteur du recul en lecture. Le deuxième : les compétences de 15 ans reposent sur des processus qui exigent de la mémoire disponible. Le troisième : les élèves faibles décrochent plus vite que les autres, ce qui rend le seuil d'entrée dans la lecture décisif. Annexe A1, p. 318 ; Figure I.1.6, p. 57-58

Lecture

Conscience phonologique

Segmenter, fusionner, manipuler les unités sonores. Elle précède et conditionne le décodage. Sans elle, le code alphabétique reste opaque.

Décodage

Établir la correspondance graphème-phonème de façon systématique et explicite, avec des supports qui ne contiennent que ce qui a été étudié.

Automatisation

Le passage du décodage conscient à l'identification immédiate. C'est ce passage qui libère les ressources, et c'est le point de bascule de toute la scolarité.

Fluence

Précision et vitesse ensemble, avec l'intonation qui signale la compréhension. À travailler par relectures courtes et répétées, jamais par la seule vitesse.

Vocabulaire

Le levier le plus inégalitaire de tout le primaire. Enseigné explicitement, en réseaux, réactivé, et non seulement rencontré.

Compréhension orale

Elle doit avancer très au-delà de la compréhension écrite pendant toute l'année. Des textes longs entendus, questionnés, racontés à nouveau.

Compréhension écrite

Limitée par le décodage, elle se construit sur des textes très courts, avec un questionnement explicite du sens, pas seulement du prélèvement.

Écriture, langage oral, mathématiques

Écriture
  • Le geste graphique automatisé, pour la même raison que le décodage : un geste coûteux consomme l'attention disponible pour le contenu.
  • L'encodage, dicté puis autonome, comme contrepartie du décodage.
  • La production de phrases, très courtes et très régulières, plutôt que de rares textes longs.
Langage oral
  • Le passage du langage de situation au langage d'évocation : raconter ce qui n'est pas là.
  • La syntaxe complète, exigée dans les échanges collectifs.
  • Le lexique de la classe, qui est aussi celui des consignes.
Mathématiques
  • Le sens du nombre avant les techniques : décomposer, comparer, dénombrer sans compter un à un.
  • La ligne numérique, comme représentation partagée.
  • Les compléments et les doubles, automatisés progressivement.
  • La résolution de problèmes à une étape, verbalisée, schématisée, avant toute écriture symbolique.
Attention, mémoire, autonomie, goût d'apprendre
  • Des temps d'attention soutenue progressivement allongés, sur des tâches choisies.
  • Des routines de mémorisation espacée, dès le CP.
  • L'autonomie sur des tâches connues, pas sur des tâches nouvelles.
  • Le plaisir de comprendre, entretenu par la difficulté surmontée plutôt que par la facilité.
Les 10 priorités du CP
  1. Enseigner le code de façon explicite, systématique et rapide, avec des textes déchiffrables. C'est la condition d'accès à tout le reste.
  2. Faire lire à voix haute tous les jours, à chaque élève, sur des durées courtes et répétées.
  3. Tenir un objectif de fluence mesuré, relevé trois fois dans l'année, et connu de l'élève.
  4. Séparer nettement compréhension orale et compréhension écrite, et faire avancer la première très au-delà de la seconde.
  5. Enseigner le vocabulaire explicitement, en réseaux et avec réactivation, plutôt que de compter sur la rencontre.
  6. Écrire tous les jours, même une phrase, avec encodage explicite.
  7. Automatiser les faits numériques de base par des rituels très courts et quotidiens.
  8. Faire schématiser les problèmes avant de les écrire, systématiquement.
  9. Installer le vocabulaire du métier d'élève : je cherche, je vérifie, je demande, j'ai compris, je n'ai pas compris.
  10. Protéger le temps d'apprentissage. Le temps consacré au maintien de l'ordre est passé de 13 % à 16 % du temps de classe entre 2018 et 2024 selon TALIS ; ce qui se perd là ne se rattrape pas ailleurs.

Les points 1 à 9 sont une déduction pédagogique. Le point 10 s'appuie sur une donnée citée par l'OCDE dans l'Encadré I.2.3, p. 97.

Cinq indicateurs vérifiables en classe
  • Nombre de mots correctement lus par minute, relevé en octobre, février et juin.
  • Part d'élèves capables d'encoder une phrase dictée sans aide.
  • Durée d'attention soutenue tenue sur une tâche d'écriture.
  • Part d'élèves qui reformulent une consigne avec leurs mots.
  • Part d'élèves qui demandent de l'aide en formulant ce qu'ils ne comprennent pas.
Cinq erreurs à éviter
  • Confondre vitesse de lecture et fluence : la fluence inclut la précision et le respect du sens.
  • Arrêter le travail de compréhension orale dès que la lecture démarre.
  • Donner à lire des textes non déchiffrables tant que le code n'est pas installé.
  • Traiter le vocabulaire comme un effet secondaire des lectures.
  • Chercher l'autonomie sur des tâches nouvelles, ce qui produit de l'échec silencieux.
13

CE1, l'automatisation

Question centrale. Qu'est-ce qui doit devenir suffisamment automatisé au CE1 pour libérer les ressources cognitives nécessaires au raisonnement ?

L'ancrage PISA de ce niveau

À 15 ans, PISA observe que les élèves réussissent encore à localiser une information isolée, et échouent de plus en plus à retenir puis relier plusieurs éléments. C'est la signature d'une ressource attentionnelle saturée. L'automatisation est ce qui la libère. Annexe A1, p. 312 et p. 318

Ce qui doit devenir automatique

DomaineCe qui doit être automatiséCe qui reste coûteux, et c'est normal
FluenceL'identification des mots fréquents et des graphèmes complexes. La lecture d'un texte connu à voix haute sans hésitation.La lecture expressive d'un texte inconnu, la lecture de mots rares.
CompréhensionLe repérage des informations explicites. La reformulation d'un paragraphe court.L'inférence, le suivi d'un personnage sur plusieurs pages, l'implicite.
VocabulaireLe lexique des consignes et le lexique disciplinaire de base.Le vocabulaire abstrait, les mots polysémiques hors contexte.
OrthographeLes correspondances régulières, les mots invariables fréquents, l'accord dans le groupe nominal simple.Les accords à distance, les homophones grammaticaux en production libre.
Production écriteLe geste graphique, la copie sans erreur, la phrase simple bien ponctuée.La planification d'un texte, la cohérence sur plusieurs phrases.
CalculLes compléments à 10, les doubles et moitiés, l'addition en ligne, les tables de 2 et de 5.La multiplication posée, la soustraction avec retenue en calcul mental.
NumérationLa décomposition en dizaines et unités, la comparaison et le rangement jusqu'à 1 000.La compréhension complète de la valeur positionnelle sur de grands nombres.
ProblèmesLa reconnaissance des problèmes additifs canoniques et leur schématisation.Les problèmes à deux étapes, les énoncés dont la question précède les données.
RaisonnementLe fait de justifier : « je sais que, parce que ».La justification écrite autonome, la réfutation d'une proposition fausse.
Répartition indicative, relevant du niveau Interprétation. Elle n'est validée ni par PISA ni par les programmes officiels.

Ce qui n'est pas automatisé au CE1 sera payé en attention au CM2, puis en compréhension au collège, puis en score à 15 ans.

Cinq priorités du CE1
  1. Tenir la fluence comme objectif explicite, avec des relectures chronométrées sur textes courts et un suivi individuel visible.
  2. Faire lire des textes de plus en plus longs, progressivement, avec un accompagnement de la persévérance et non seulement de la compréhension.
  3. Automatiser le calcul par rituels quotidiens très courts, en privilégiant la fréquence sur la durée.
  4. Rendre la schématisation systématique en résolution de problèmes, pour que la représentation devienne un réflexe avant le cycle 3.
  5. Installer la relecture comme geste : ce qui se joue ici est le contraire exact de la réponse rapide et fausse observée à 15 ans.
Cinq indicateurs
  • Mots correctement lus par minute, avec seuil connu de l'élève.
  • Part d'élèves capables de résumer oralement un texte d'une page.
  • Temps de réponse moyen sur les faits numériques de base.
  • Part d'élèves qui schématisent spontanément un problème.
  • Part de copies relues, mesurée par le nombre de corrections faites par l'élève lui-même.
Cinq erreurs à éviter
  • Passer à la compréhension fine avant que le décodage soit stable, ce qui masque la vraie difficulté.
  • Multiplier les supports courts, ce qui n'entraîne jamais l'endurance de lecture.
  • Faire du calcul mental une performance collective rapide plutôt qu'un entraînement individuel.
  • Valoriser la réponse juste plus que la justification.
  • Renoncer au travail de vocabulaire, sous prétexte que le temps manque.
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CE2, comprendre pour apprendre

Le point de bascule. Jusqu'ici, l'élève apprenait à lire. À partir d'ici, il lit pour apprendre. Ce basculement est celui où les écarts se creusent le plus vite, parce que le texte cesse d'être l'objet de la leçon pour en devenir le véhicule.

L'ancrage PISA de ce niveau

Deux résultats convergent. D'une part, la corrélation intra-pays entre sciences et lecture atteint 0,87, et entre mathématiques et lecture 0,80 : à 15 ans, les compétences de lecture conditionnent la réussite dans les autres domaines. D'autre part, l'OCDE écrit que « la compréhension écrite joue un rôle-clé dans la compréhension et la réussite des tâches de tous les autres domaines PISA ». Le moment où la lecture devient un outil est donc décisif. Tableau I.2.5, p. 86 ; Encadré I.2.3, p. 95

Français

  • Compréhension. Passage d'un questionnement de prélèvement à un questionnement de construction du sens : de quoi parle ce texte, qui fait quoi, pourquoi, qu'est-ce qui change entre le début et la fin.
  • Textes. Diversification des genres, et surtout allongement progressif. Les textes documentaires entrent pour de bon, avec leurs intertitres, leurs encadrés et leurs images légendées.
  • Vocabulaire. Le lexique disciplinaire devient un obstacle réel. Il se traite en amont de la lecture, pas seulement après.
  • Inférences. L'enseignement explicite du sous-entendu : ce que le texte ne dit pas et qu'il faut reconstruire. C'est le maillon qui reculera le plus à 15 ans.
  • Production écrite. Écrire pour rendre compte de ce qu'on a compris, et non seulement pour raconter. Le résumé apparaît ici.

Mathématiques

  • Problèmes. Passage aux problèmes à deux étapes, et aux énoncés qui ne sont pas dans l'ordre chronologique.
  • Représentation. Le schéma en barres, la ligne graduée, le tableau. Trois représentations, réutilisées assez souvent pour devenir familières.
  • Raisonnement. Justifier une réponse en s'appuyant sur une propriété, pas seulement sur un calcul.
  • Nombres et opérations. Les grands nombres, la multiplication, l'approche de la division par le partage. Le contrôle par ordre de grandeur devient un geste.

Sciences

Interprétation Les quatre gestes du CE2 en sciences correspondent presque terme à terme aux descripteurs du niveau 2 de PISA, à condition de les tenir dans des contextes familiers.

Observer

Décrire précisément avant d'interpréter. Distinguer ce que je vois de ce que je pense.

Questionner

Formuler une question à laquelle on peut répondre par une observation ou une mesure.

Expérimenter

Comprendre qu'on ne change qu'une chose à la fois, et pourquoi. C'est le germe de la compétence « évaluer une démarche d'investigation ».

Interpréter

Dire ce que les résultats permettent de conclure, et ce qu'ils ne permettent pas de conclure.

Cinq priorités du CE2
  1. Allonger délibérément les textes lus, avec un accompagnement de l'endurance : un texte par semaine plus long que ce que l'élève lirait spontanément.
  2. Enseigner l'inférence explicitement, comme on enseigne une technique opératoire, avec un vocabulaire partagé.
  3. Traiter le vocabulaire disciplinaire avant la lecture dans toutes les disciplines, pas seulement en français.
  4. Installer trois représentations mathématiques et les réutiliser jusqu'à ce qu'elles deviennent des outils de pensée.
  5. Faire dire ce que les résultats ne permettent pas de conclure. C'est la première forme, accessible à 8 ans, de l'esprit critique que PISA mesure à 15.
Cinq indicateurs
  • Longueur maximale de texte lu en autonomie avec compréhension vérifiée.
  • Part d'élèves capables de répondre à une question inférentielle et de dire où ils ont trouvé l'indice.
  • Part d'élèves qui utilisent spontanément une représentation en résolution de problèmes.
  • Part d'élèves qui donnent un ordre de grandeur avant de calculer.
  • Part d'élèves qui distinguent, à l'oral, observation et interprétation.
Cinq erreurs à éviter
  • Traiter la compréhension comme un questionnaire plutôt que comme un enseignement.
  • Rester sur des textes courts pour ne pas mettre en difficulté, ce qui ne prépare pas la difficulté réelle.
  • Faire de la démarche d'investigation un rituel de forme sans variable contrôlée.
  • Donner la représentation au lieu de la faire produire.
  • Corriger la réponse sans faire verbaliser le chemin.
15

CM1, le raisonnement

Le niveau charnière. Les élèves de PISA 2025 avaient environ 10 ou 11 ans au début de la pandémie, « une période où les élèves passent habituellement de l'acquisition de la littératie et de la numératie fondamentales vers des compétences plus avancées de compréhension et de résolution de problèmes ». C'est exactement le CM1.

Encadré I.2.3, p. 99, formulation de l'OCDE

Compréhension de textes complexes

  • Interpréter. Dépasser le sens littéral, reconstruire les intentions, repérer un point de vue.
  • Synthétiser. Ramener un texte long à ses idées principales, sans le recopier. C'est l'opération que PISA appelle « faire des résumés pour identifier ses lacunes », et que seuls 35 % des élèves de 15 ans déclarent pratiquer souvent.
  • Argumenter. Soutenir une affirmation par une preuve prélevée dans le texte, et accepter de changer d'avis devant une preuve contraire.

Le chiffre de 35 % est une donnée PISA : ch. 3, p. 183. Sa transposition au CM1 est une interprétation.

Raisonnement mathématique

  • Fractions. Le seuil conceptuel du cycle 3. Une fraction est un nombre, pas une paire de nombres, et cela se construit par les représentations avant les règles.
  • Proportionnalité. Reconnaître une situation de proportionnalité et savoir dire pourquoi une autre n'en est pas une.
  • Problèmes. Plusieurs étapes, données inutiles, question ouverte. L'élève doit apprendre à décider quoi utiliser.
  • Contrôle. Estimer avant, vérifier après, expliquer une erreur plutôt que l'effacer.

Raisonnement scientifique, données, preuves

Interprétation C'est au CM1 que peut s'installer ce qui, chez PISA, distingue le niveau 2 du niveau 3 : passer du « je trouve la preuve qui soutient l'affirmation » au « j'évalue si cette preuve la soutient vraiment ».

  • Données. Lire un graphique en barres, un tableau à double entrée, une courbe simple. Repérer une valeur qui sort du lot et se demander pourquoi.
  • Preuves. Distinguer une affirmation, une preuve et une opinion. Identifier ce qui manquerait pour conclure.
  • Sources. Première formulation d'un critère de fiabilité : qui dit cela, comment le sait-il, depuis quand.
Cinq priorités du CM1
  1. Faire produire des résumés sans le texte sous les yeux, régulièrement, et les utiliser pour repérer ce qui n'est pas compris.
  2. Travailler la fraction comme un nombre, sur la ligne graduée, avant toute règle de calcul.
  3. Donner des problèmes avec données inutiles, pour que le tri devienne un geste de raisonnement.
  4. Faire lire des graphiques dans toutes les disciplines, y compris en histoire, en géographie et en sciences.
  5. Introduire un critère unique et explicite de fiabilité d'une source, réutilisé toute l'année, plutôt qu'une grille complète jamais mobilisée.
Cinq indicateurs
  • Qualité des résumés produits sans le texte, évaluée sur l'exhaustivité des idées principales.
  • Part d'élèves capables de placer une fraction sur une ligne graduée et de la comparer.
  • Part d'élèves qui écartent une donnée inutile sans y être invités.
  • Part d'élèves capables de dire ce qu'un graphique ne dit pas.
  • Part d'élèves qui appliquent le critère de fiabilité en dehors de la séance où il a été enseigné.
Cinq erreurs à éviter
  • Passer aux opérations sur les fractions avant que la fraction soit un nombre.
  • Confondre proportionnalité et « produit en croix ».
  • Considérer l'esprit critique comme une séance, plutôt que comme un geste réutilisé.
  • Faire du résumé une reformulation phrase à phrase.
  • N'exposer aux graphiques que dans le seul cours de mathématiques.
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CM2, le pont vers PISA

CM2 → collège → 15 ans → PISA. Le CM2 est le dernier niveau où un enseignant a la classe entière, toute l'année, dans toutes les disciplines. C'est aussi le niveau où se décide ce que l'élève emportera au collège : des connaissances, ou des gestes de travail.

Le rappel obligatoire

Il reste quatre années de collège entre le CM2 et la passation de PISA. Tout ce qui suit relève du niveau Interprétation. Aucun résultat PISA ne concerne les élèves de CM2, et la France fait même partie des trois pays dont les résultats PISA baissent alors que les résultats PIRLS de fin de CM1 étaient stables. La responsabilité du recul n'est pas localisable dans un niveau de classe.

La matrice de continuité

Dix compétences, suivies du CP à 15 ans. Les cinq colonnes du primaire sont des jalons pédagogiques. La dernière colonne, elle, reprend les descripteurs publiés par l'OCDE.

CompétenceCPCE1CE2CM1CM2PISA à 15 ans
Lire et comprendre Décoder, puis identifier les mots sans effort Lire un texte court avec fluence et en dire le contenu Lire un texte long, en dégager le propos Comprendre un texte complexe, repérer un point de vue Comprendre plusieurs types de textes, dont documentaires et numériques Comprendre, utiliser, évaluer des textes, réfléchir dessus et s'y engager
Interpréter Comprendre une histoire entendue au-delà des mots Répondre à une question dont la réponse n'est pas écrite Produire une inférence et dire sur quel indice Reconstruire une intention, un implicite, un non-dit Interpréter un texte et défendre son interprétation Dépasser le sens littéral ou inféré pour juger de la qualité et de la validité du contenu
Évaluer une information Distinguer ce qu'on sait de ce qu'on invente Dire d'où vient une information Distinguer observation et opinion Appliquer un critère de fiabilité explicite Comparer deux sources divergentes et trancher avec un argument Évaluer la crédibilité d'une source avec un critère (niveau 2), comparer des sources (niveaux 3-4), assesser la crédibilité en contexte non familier (niveaux 5-6)
Résoudre un problème Problème à une étape, schématisé Reconnaître un type de problème, le représenter Problème à deux étapes, énoncé non chronologique Trier des données, dont des données inutiles Problème ouvert, plusieurs chemins possibles Formuler, employer et interpréter les mathématiques pour résoudre des problèmes dans des contextes variés du monde réel
Raisonner Dire pourquoi, avec ses mots Justifier : « je sais que, parce que » Appuyer une justification sur une propriété Construire une chaîne de deux arguments Réfuter une proposition fausse en montrant où elle échoue Construire et évaluer des explications et des modèles, identifier des failles dans une interprétation
Utiliser des données Lire un tableau à une entrée, une collection Lire un graphique en barres simple Lire un tableau à double entrée, une courbe Repérer une valeur atypique et la questionner Construire une représentation adaptée à une question Interpréter des relations simples, y compris les valeurs aberrantes (niveau 2), interpréter des représentations avancées (niveaux 5-6)
Argumenter Donner son avis et l'expliquer Écouter un avis contraire sans le rejeter Appuyer un avis sur un élément du texte Distinguer argument et exemple Tenir un débat réglé et changer d'avis devant une preuve Participer à un débat raisonné sur la science, la durabilité et la technologie pour éclairer l'action
Esprit critique Vérifier auprès de l'adulte Se demander si c'est vrai Chercher une deuxième source Identifier ce qui manquerait pour conclure Résister à une affirmation plausible sans preuve Cinq croyances sur la nature de la science, dont la vérification d'une source auprès d'autres sources fiables. 43 % des élèves de l'OCDE préfèrent le bon sens aux études scientifiques.
Autonomie Faire seul une tâche connue Organiser son matériel et son temps court Choisir entre deux méthodes connues Planifier une tâche en plusieurs étapes Conduire un travail sur plusieurs jours Fixation d'objectifs : planifier (37 %), résumer sans documents (35 %), s'auto-questionner (49 %), changer d'approche (44 %)
Métacognition Dire « j'ai compris » ou « je n'ai pas compris » Relire pour vérifier Dire ce qui est difficile et pourquoi Repérer ses lacunes par le résumé Choisir sa stratégie et l'ajuster en cours de route Demande d'aide autorégulée : 78 % ne demandent de l'aide qu'après avoir cherché seuls
Colonnes CP à CM2 : jalons pédagogiques, niveau Interprétation, non validés par PISA. Colonne PISA : descripteurs et données issus du Tableau I.2.2 (p. 77), du ch. 2 (p. 76), et du ch. 3 (p. 171, 179, 183).
Les 10 priorités du CM2
  1. Faire lire un texte long chaque semaine, avec une tâche qui exige d'avoir tout lu.
  2. Faire comparer deux documents qui ne disent pas la même chose, au moins une fois par période, dans n'importe quelle discipline.
  3. Exiger la justification par une preuve prélevée, à l'écrit, pas seulement à l'oral.
  4. Faire construire des représentations de données, plutôt que de seulement en faire lire.
  5. Installer un critère de fiabilité d'une source et l'utiliser toute l'année, y compris sur un contenu généré par une intelligence artificielle.
  6. Faire planifier un travail sur plusieurs jours, avec un point d'étape intermédiaire visible.
  7. Enseigner la demande d'aide : quand, à qui, en formulant quoi. C'est l'un des deux points faibles français les plus nets.
  8. Enseigner la fixation d'objectifs : un but, un délai, un moyen de savoir si on y est. C'est l'autre.
  9. Rendre la relecture et le contrôle obligatoires, et les évaluer pour eux-mêmes.
  10. Préparer explicitement au collège le métier d'élève, pas seulement les contenus : cahier de textes, anticipation, autoévaluation.
Cinq indicateurs
  • Part d'élèves capables de lire un texte de trois pages et d'en restituer les idées principales.
  • Part d'élèves qui citent le passage justifiant leur réponse, sans y être invités.
  • Part d'élèves qui repèrent une divergence entre deux documents.
  • Part d'élèves capables de formuler une demande d'aide précise.
  • Part d'élèves qui tiennent un plan de travail sur plusieurs jours sans relance.
Cinq erreurs à éviter
  • Traiter la liaison CM2-sixième comme une visite plutôt que comme une continuité de gestes.
  • Confondre autonomie et absence d'accompagnement.
  • Réserver l'esprit critique aux séances d'éducation aux médias.
  • Évaluer la seule réponse juste, ce qui apprend implicitement la réponse rapide.
  • Supposer que la demande d'aide et la fixation d'objectifs vont de soi : les chiffres français disent le contraire.
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La trajectoire des apprentissages

Une frise en sept étapes. Sous chaque étape, la compétence déterminante : celle dont l'absence bloque la suivante.

Étape 1
CP
Fondations
Le code alphabétique, la conscience phonologique, le sens du nombre. Compétence déterminante : décoder.
Étape 2
CE1
Automatisation
La fluence, les faits numériques, le geste graphique. Compétence déterminante : ne plus y penser.
Étape 3
CE2
Compréhension
Lire pour apprendre, inférer, représenter. Compétence déterminante : construire du sens.
Étape 4
CM1
Raisonnement
Synthétiser, justifier, lire des données. Compétence déterminante : enchaîner des arguments.
Étape 5
CM2
Transfert
Croiser, évaluer, planifier. Compétence déterminante : réutiliser ailleurs.
Étape 6
Collège
Complexification
Disciplines séparées, textes spécialisés, autonomie exigée. Compétence déterminante : tenir seul.
Étape 7
15 ans
Mobilisation
Des situations nouvelles, non scolaires, à faibles enjeux. Compétence déterminante : s'engager quand rien n'y oblige.
Pourquoi la septième étape est différente des six autres

Rapport PISA est, pour la plupart des élèves, une évaluation à faibles enjeux : refus possible sans conséquence, aucun retour de résultat, aucune incidence sur les notes. L'OCDE mesure d'ailleurs que l'effort déclaré sur le test a baissé de 0,5 point sur une échelle en dix points par rapport à 2018, et de 0,3 point par rapport à 2022, tandis que l'effort déclaré « si le test avait compté » ne baisse que de 0,2 point. Elle en conclut que « la capacité à diriger et soutenir l'attention fait partie de ce que le test de lecture PISA mesure ».

Interprétation Pour l'école, cela signifie que la préparation à ce type de tâche n'est pas une préparation à l'examen. C'est l'entraînement à s'engager dans une tâche exigeante en l'absence d'enjeu externe, ce qui relève du métier d'élève et du plaisir de comprendre, pas de la pression.

Annexe A1, p. 315 et p. 318, Tableau I.A1.1

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Les 25 leviers pédagogiques

Chaque levier part d'un problème identifié dans PISA 2025, propose une pratique de classe, indique son ancrage, son niveau de preuve, sa limite et un indicateur vérifiable. Le niveau de preuve est celui du constat de départ, pas de l'efficacité de la pratique proposée : PISA n'évalue aucune pratique pédagogique.

Avertissement sur la notion de preuve dans ce tableau

PISA ne teste aucune intervention pédagogique. Aucune ligne de ce tableau ne peut être présentée comme « une pratique validée par PISA ». La colonne « Preuve » qualifie la solidité du problème auquel le levier répond, et la colonne « Limite » indique ce qui reste non démontré.

Lecture et langue
Levier et pratiqueNiveauAncrage PISA et limitePreuveIndicateur de réussite
01Fluence mesurée et suivie. Relectures courtes et répétées, seuil connu de l'élève, relevé trois fois par an.CP · CE1Le recul en lecture porte d'abord sur les tâches exigeant une attention soutenue. Limite : PISA ne mesure pas la fluence au primaire.RapportMots correctement lus par minute, courbe individuelle
02Endurance de lecture. Un texte plus long que la zone de confort, une fois par semaine, avec tâche exigeant d'avoir tout lu.CE2 → CM2La difficulté liée à la longueur du texte reste un moteur fort du recul. Limite : l'OCDE ne prescrit pas de remède.DonnéeLongueur de texte lu en autonomie avec compréhension vérifiée
03Inférence enseignée explicitement. Nommer l'opération, montrer l'indice, faire verbaliser le raisonnement.CE2 · CM1Les processus « évaluer et réfléchir » reculent le plus sur 2018-2022. Limite : l'écart entre processus se resserre sur la période longue.DonnéePart d'élèves justifiant leur inférence par un indice textuel
04Vocabulaire enseigné en amont. Le lexique disciplinaire traité avant la lecture, dans toutes les disciplines.CP → CM2Le vocabulaire est le levier le plus lié au milieu social. Limite : PISA ne mesure pas le vocabulaire séparément.HypothèsePart de mots-clés réutilisés spontanément en production
05Lecture sur papier préservée. Maintenir un volume de lecture sur support imprimé à côté des supports numériques.CP → CM2Dans PISA 2018, les élèves lisant plus souvent des livres papier performaient mieux, après contrôle social. Limite : donnée de 2018, association, et non reproduite en 2025.HypothèseVolume de lecture papier déclaré et suivi
06Résumé sans le texte. Produire régulièrement un résumé sans les documents sous les yeux, pour repérer les lacunes.CM1 · CM2Seuls 35 % des élèves de 15 ans déclarent le faire souvent. Limite : dans quatre pays, cette pratique est associée négativement à la performance, probablement par effet de compensation.DonnéeExhaustivité des idées principales restituées
Mathématiques et sciences
Levier et pratiqueNiveauAncrage PISA et limitePreuveIndicateur de réussite
07Automatisation par rituels quotidiens courts. Faits numériques, cinq minutes par jour, avec suivi individuel.CP · CE1La baisse est portée par les élèves faibles, qui saturent le plus vite en ressources attentionnelles. Limite : mécanisme non mesuré par PISA.InterprétationTemps de réponse moyen sur les faits de base
08Schématisation systématique. Représenter avant d'écrire, à chaque problème, avec trois représentations stables.CP → CM2PISA mesure la capacité à mobiliser dans des situations nouvelles. Limite : aucune donnée sur la schématisation.InterprétationPart d'élèves schématisant spontanément
09Contrôle par ordre de grandeur. Estimer avant de calculer, vérifier après, systématiquement.CE1 → CM2Réponse directe à la montée des réponses rapides et fausses. Limite : lien avec le comportement de réponse non démontré.DonnéePart d'estimations produites avant calcul
10Problèmes avec données inutiles. Faire trier l'information avant de calculer.CM1 · CM2PISA évalue la résolution en contexte réel, où le tri est une étape. Limite : déduction.InterprétationPart d'élèves écartant une donnée inutile sans consigne
11Fraction comme nombre. Ligne graduée avant toute règle de calcul.CM1 · CM2Prérequis du raisonnement proportionnel évalué à 15 ans. Limite : PISA ne mesure pas les fractions au primaire.InterprétationPart d'élèves comparant deux fractions sans algorithme
12Variable contrôlée en sciences. Ne changer qu'une chose à la fois, et savoir dire pourquoi.CE2 → CM2Correspond directement à la compétence « évaluer des démarches d'investigation », force relative française. Limite : transposition au primaire.DonnéePart d'élèves identifiant la variable testée
13Dire ce qu'on ne peut pas conclure. Terminer toute investigation par les limites du résultat.CE2 → CM2Description du niveau 2 : « identifier la preuve qui soutient une affirmation ». Limite : la version négative n'est pas décrite par PISA.InterprétationPart d'élèves formulant une limite après expérience
14Lecture de données dans toutes les disciplines. Graphiques et tableaux en histoire, géographie, sciences, EMC.CE2 → CM2Le niveau 2 exige d'interpréter des relations simples y compris les valeurs aberrantes. Limite : déduction.DonnéeNombre de disciplines où un graphique a été lu dans la période
Métacognition, autorégulation, engagement
Levier et pratiqueNiveauAncrage PISA et limitePreuveIndicateur de réussite
15Enseigner la demande d'aide. Quand, à qui, en formulant quoi. Rendre visible qu'un élève qui demande de l'aide travaille.CP → CM2La France est à −0,16 sur cet indice, l'un de ses deux points faibles nets. La demande d'aide amplifie l'effet de la curiosité sur la performance (+13 points). Limite : association.DonnéePart d'élèves formulant une demande précise plutôt que « je n'y arrive pas »
16Enseigner la fixation d'objectifs. Un but, un délai, un critère de réussite, revus en fin de séance.CE2 → CM2La France est à −0,20. Seuls 37 % des élèves de l'OCDE déclarent planifier souvent. Limite : la relation avec la performance est mitigée et même négative dans quatre pays.DonnéePart d'élèves capables de dire à quoi ils verront qu'ils ont réussi
17Activation cognitive. Relier notions anciennes et nouvelles, faire expliquer un principe, faire concevoir une expérience, encourager à persévérer.CE2 → CM2Les relations entre activation cognitive et plaisir, curiosité, persévérance, autorégulation restent inchangées après contrôle de la performance. Ce n'est donc pas un effet des bons élèves. Limite : mesuré en cours de sciences à 15 ans.RapportPart de séances comportant une demande d'explication
18Rituel anti-hâte. Relire, vérifier, justifier avant de rendre. Évaluer la relecture pour elle-même.CP → CM2La part de réponses hâtives augmente de plus de 4 points entre 2018 et 2025, tandis que les items non atteints diminuent. Limite : aucune intervention testée.DonnéeNombre de corrections faites par l'élève sur sa propre copie
19Encouragement explicite à persévérer. Demander de continuer à essayer face à la difficulté, de façon régulière et nommée.CP → CM2Là où les élèves perçoivent cet encouragement plus souvent, l'état d'esprit de développement se traduit davantage en performance. Aux Philippines, +41 points contre +17. Limite : association, forte variation entre pays.RapportPart d'élèves déclarant qu'on leur demande de persévérer
20Valoriser l'utilité de ce qu'on apprend. Expliciter à quoi sert ce qui est enseigné, dans la vie et dans la suite du parcours.CE2 → CM245 % des élèves français estiment que l'école les prépare à la vie adulte, contre 51,4 % en moyenne OCDE. Le lien entre valeur perçue et performance est positif dans presque tous les pays. Limite : la valeur perçue ne progresse pas avec le niveau scolaire.DonnéePart d'élèves capables de dire à quoi sert la notion travaillée
Climat, numérique, familles
Levier et pratiqueNiveauAncrage PISA et limitePreuveIndicateur de réussite
21Protéger le temps d'apprentissage. Traiter les perturbations par des routines de classe stables plutôt qu'au cas par cas.CP → CM2Le temps consacré au maintien de l'ordre passe de 13 % à 16 % entre 2018 et 2024. Le climat disciplinaire est positivement associé à la performance dans presque tous les pays, même après contrôle social. Limite : mesuré au secondaire.DonnéeMinutes d'enseignement effectif par heure, relevées ponctuellement
22Approche globale d'établissement contre le harcèlement. Attentes comportementales cohérentes, responsabilité partagée entre adultes, sentiment de sécurité.École entièreL'OCDE écrit que « les politiques promouvant des attentes comportementales cohérentes, des environnements sûrs et une responsabilité partagée apparaissent plus étroitement associées à des niveaux plus faibles de harcèlement que des mesures isolées ». Limite : association au niveau de l'établissement.RapportPart d'élèves déclarant se sentir en sécurité
23Réguler l'usage récréatif du numérique sur temps scolaire. Distinguer nettement usage pour apprendre et usage de loisir.École entièreLes scores en sciences sont les plus élevés jusqu'à une heure par jour d'usage récréatif à l'école, puis décroissent continûment. Limite : l'OCDE écrit que les données ne permettent aucune inférence causale, et que les interdictions de portable sont associées à des scores légèrement plus bas.DonnéeTemps d'usage récréatif déclaré sur temps scolaire
24Apprendre à évaluer un contenu généré par une IA. Comparer une production d'IA à une source fiable, et repérer ce qui manque ou ce qui est faux.CM1 · CM2Les élèves qui utilisent l'IA au moins une fois par semaine et apprennent en classe à en évaluer les productions dépassent légèrement tous les autres. Ces opportunités sont plus fréquentes chez les élèves favorisés. Limite : effet d'interaction, causalité non établie.RapportPart d'élèves ayant réalisé au moins une tâche d'évaluation de contenu généré
25Déplacer le dialogue avec les familles vers le quotidien. Demander ce que l'enfant a fait et appris aujourd'hui, plutôt que ce qu'il fera plus tard.CP → CM2L'association positive entre soutien familial et performance est portée par l'intérêt pour la vie scolaire quotidienne. Les discussions sur l'éducation future apparaissent négativement associées à la performance, probablement par effet de sélection. Limite : auto-déclaration, causalité inverse plausible.DonnéePart de familles déclarant un échange quotidien sur la journée d'école
Sources des ancrages : ch. 2 (p. 77, 91, 95-100), ch. 3 (p. 162-189), ch. 4 (p. 229-271), Annexe A1 (p. 312-318). Les pratiques proposées relèvent du niveau Interprétation.
19

Tableau de référence CP → CM2

La synthèse de la partie III en une page. Treize entrées, cinq niveaux. À lire en colonne pour préparer une année, en ligne pour préparer un conseil de cycle.

DomaineCPCE1CE2CM1CM2
LectureDécoder avec précisionLire avec fluence un texte courtLire un texte long sans décrocherLire un texte complexe et en dégager la structureLire plusieurs types de textes, dont documentaires et écrans
CompréhensionComprendre à l'oral bien au-delà de l'écritReformuler un paragrapheInférer et dire sur quel indiceInterpréter, repérer un point de vueConfronter deux textes sur le même sujet
ÉcritureGeste automatisé, encodage, phraseCopie sans erreur, phrase ponctuéeÉcrire pour rendre compteÉcrire un texte structuré en paragraphesÉcrire pour argumenter et pour résumer
VocabulaireLexique de la classe et des consignesLexique disciplinaire de baseLexique enseigné avant la lectureMots abstraits, polysémieLexique de l'argumentation et du raisonnement
MathématiquesSens du nombre, compléments, doublesNumération, addition, tables 2 et 5Grands nombres, multiplication, divisionFractions, décimaux, proportionnalitéConsolidation et transfert hors contexte scolaire
Résolution de problèmesUne étape, schématiséeTypes reconnus, représentésDeux étapes, énoncés non linéairesDonnées inutiles, triProblèmes ouverts, plusieurs chemins
SciencesObserver et décrireQuestionner, comparerExpérimenter avec une variable contrôléeInterpréter des données, formuler des limitesÉvaluer une démarche, discuter une conclusion
RaisonnementDire pourquoiJustifier par une raisonS'appuyer sur une propriétéEnchaîner deux argumentsRéfuter une proposition fausse
Esprit critiqueDistinguer ce qu'on sait et ce qu'on inventeDire d'où vient l'informationDistinguer observation et opinionAppliquer un critère de fiabilitéComparer deux sources divergentes
NumériqueUsage guidé, très limité en duréeProduire, pas seulement consommerChercher une information et dire où on l'a trouvéeComparer deux résultats de rechercheÉvaluer un contenu, y compris généré par une IA
Métacognition« J'ai compris » / « je n'ai pas compris »Relire pour vérifierNommer sa difficultéRepérer ses lacunes par le résuméChoisir et ajuster sa stratégie
AutonomieTâche connue, seulMatériel et temps courtChoix entre deux méthodesPlan en plusieurs étapesTravail sur plusieurs jours
EngagementPlaisir de comprendrePersévérer sur une tâche difficileAccepter l'erreur comme informationSe fixer un but et un critère de réussiteDemander de l'aide au bon moment, sans attendre
Niveau de preuve : Interprétation pour l'intégralité du tableau. Il s'agit de jalons pédagogiques construits à partir des descripteurs de compétence de PISA 2025, et non de résultats mesurés ni d'attendus officiels des programmes français.
Partie IV

Autour de l'élève

Le numérique, l'intelligence artificielle, les enseignants, les familles, le climat scolaire et l'environnement. Six chapitres où la nuance décide de tout.

20

Le numérique, ni tout ni rien

C'est la section où la tentation de la conclusion simple est la plus forte, et où le rapport la rend impossible. L'association entre usage numérique et performance dépend de deux paramètres : la finalité et la dose. Les deux réponses tranchées, « le numérique fait baisser les résultats » et « plus de numérique égale de meilleurs résultats », sont également contredites par les données.

L'usage des outils numériques par les élèves requiert une compréhension nuancée de l'intention et du moment de l'usage, ces facteurs ayant conjointement des implications pour la performance des élèves.

Vol. I, ch. 4, p. 229, traduction

Ce que les élèves font, et combien de temps

Donnée En moyenne OCDE, les élèves déclarent 1,7 heure par jour d'usage numérique à l'école pour apprendre, et 1,1 heure par jour pour les loisirs pendant le temps scolaire. Le temps total, dedans et dehors, a légèrement décliné depuis 2022. ch. 4, p. 226 et p. 218

Donnée En France, les deux chiffres sont plus bas : 1,1 heure par jour pour apprendre et 0,9 heure pour les loisirs pendant le temps scolaire. Les élèves français passent donc environ un tiers de temps en moins que la moyenne OCDE sur les appareils numériques à l'école, dans les deux finalités. Note pays France, p. 9

Le chiffre français le plus sévère de cette section

Donnée En France, 26 % des élèves indiquent que leurs camarades sont souvent distraits par les appareils numériques pendant la plupart ou la totalité des cours de sciences, contre 28 % en moyenne OCDE. La prévalence est donc légèrement plus faible. Mais le coût associé est plus du double : les élèves signalant ces distractions obtiennent 24 points de moins en sciences en France, après prise en compte du profil social, contre 11 points en moyenne OCDE.

Interprétation Moins de distraction déclarée, mais une distraction qui coûte deux fois plus cher. Le rapport ne permet pas de dire pourquoi. Deux pistes se discutent sans pouvoir être tranchées avec ces données : un climat de classe français déjà plus dégradé, qui amplifierait l'effet de toute perturbation supplémentaire, ou une différence de seuil dans ce que les élèves français appellent « être distrait ».

Note pays France, p. 9

Donnée Sur l'interdiction du téléphone portable, la note apporte la comparaison temporelle qui manquait : 27 % des élèves français étaient en 2025 dans un établissement appliquant une interdiction, contre 23 % en 2022. La moyenne OCDE, elle, est passée de 34 % à 49 % sur la même période. L'écart avec la France s'est donc creusé de 11 à 22 points. Note pays France, p. 9

Deux usages, deux distributions, deux seuils
Répartition des élèves de l'OCDE selon le temps quotidien passé sur des appareils numériques à l'école, pour apprendre et pour les loisirs.
Pour apprendrePour les loisirs
40 % 30 20 10 0 17 36 Aucun 33 33 ≤ 1 h 20 14 1 à 2 h 10 7 2 à 3 h 11 5 3 à 5 h 6 2 5 à 7 h 3 2 > 7 h SEUIL LOISIRS · 1 HEURE PAR JOUR Au-delà, plus l'usage récréatif est long, plus le score en sciences est bas. 30 % des élèves dépassent ce seuil. SEUIL APPRENTISSAGE · 5 HEURES PAR JOUR Jusque-là, l'usage pour apprendre va de pair avec de meilleurs scores. 9 % des élèves dépassent ce seuil.
Sources : OCDE, PISA 2025 Results (Vol. I), Figures I.4.5 et I.4.6, p. 229-230. Les valeurs de score par tranche ne sont pas reproduites ici : elles figurent dans les tables I.B1.4.33 et I.B1.4.35, disponibles en ligne uniquement. Les seuils indiqués sont ceux formulés textuellement par l'OCDE.
Usage pour apprendre à l'écoleUsage récréatif à l'école
Forme de la relationU inversé : les deux extrêmes sont associés aux scores les plus basPlateau court, puis décroissance continue
Zone la plus favorableDe « jusqu'à 1 heure » à « 3 à 5 heures » par jourJusqu'à 1 heure par jour
Part d'élèves au-delà du seuil9 %30 %
Part déclarant aucun usage17 %36 %
Volume moyen déclaré1,7 h/jour1,1 h/jour
Source : ch. 4, p. 229-230 et Figures I.4.5 et I.4.6.
Pourquoi les non-utilisateurs ont de moins bons scores

Rapport C'est le point où la lecture naïve se trompe. L'OCDE écrit : « la performance plus faible observée chez les non-utilisateurs du numérique pour apprendre à l'école peut refléter des facteurs sous-jacents indépendants du profil socio-économique de l'élève, tels que des pénuries d'appareils plus fortes au niveau de l'établissement ou une moindre préparation de l'établissement à l'apprentissage numérique ». Autrement dit, il ne faut pas lire « ne pas utiliser le numérique nuit », mais « les élèves qui n'en utilisent pas sont souvent dans des établissements moins bien équipés ».

ch. 4, p. 229 et note 11, p. 276

Les ressources ne suffisent pas

Donnée Le nombre d'ordinateurs par élève n'est associé à aucune différence de score en sciences, ni avant ni après prise en compte du profil social. Le manque déclaré de ressources numériques est associé à une différence de 13 points avant contrôle social, qui tombe à 2 points après. La disponibilité est passée de 6 ordinateurs pour 10 élèves en 2012 à 9 pour 10 en 2025. Tableau I.4.2, p. 224 ; ch. 4, p. 222

Donnée Résultat contre-intuitif : en moyenne OCDE et dans 27 systèmes, les écoles rurales déclarent davantage d'ordinateurs par élève que les écoles urbaines ; dans 28 systèmes, les établissements défavorisés en déclarent davantage que les favorisés. L'OCDE rappelle que ce comptage ne dit rien de la qualité du matériel ni du débit. note 4, p. 275

La distraction

28 %
des élèves déclarent que leurs camarades sont distraits par le numérique dans la plupart ou la totalité des cours de sciences
31 % / 26 %
dans les établissements défavorisés contre favorisés. Écart de 5 points, observé dans 32 pays.
< 10 %
à B-S-J-Z (Chine), au Japon et en Corée
44,8 %
des élèves français déclarent n'être pas distraits, contre 39,2 % en moyenne OCDE

Figure I.4.7, p. 230-231 ; Tableau I.6, p. 38

Donnée La distraction est plus forte là où les appareils sont plus utilisés en cours : après contrôle du profil social, la probabilité de déclarer une distraction croît avec la fréquence d'usage, le maximum étant atteint quand les ressources numériques sont utilisées à chaque cours ou presque. Figure I.4.9, p. 233

Donnée Seules deux politiques d'établissement sur les neuf testées sont associées à moins de distraction : l'interdiction du téléphone portable dans l'enceinte et des consignes formelles d'usage par discipline. Les sept autres, dont les déclarations écrites générales, les règles fixées par les enseignants avec ou sans les élèves, et les programmes de comportement responsable sur Internet, ne montrent aucune association claire. Figure I.4.10, p. 234-235

27 %
de distraction dans les établissements interdisant le portable
29 %
avec consignes disciplinaires seules
32 %
sans aucune politique
34 % → 50 %
part d'élèves dans un établissement interdisant le portable, 2022 à 2025

Table I.B1.4.52, p. 234

La mise en garde la plus importante de la section

L'OCDE écrit, à propos du lien entre interdiction du portable et performance : « les données PISA ne permettent pas d'inférence causale et n'indiquent donc pas nécessairement que les interdictions elles-mêmes conduisent à une performance plus faible. Les résultats peuvent plutôt suggérer que les systèmes moins performants sont plus susceptibles d'avoir introduit de telles interdictions comme mesures d'atténuation. »

Le chiffre en question : les élèves des établissements interdisant le portable ont des scores en sciences inférieurs de 6 points avant contrôle social, et de 4 points après. Les consignes disciplinaires, elles, sont associées à une différence de 0 point. Aucune de ces valeurs ne permet de conclure dans un sens ou dans l'autre.

Tableau I.4.3, p. 235-236

Les sept usages, relus pour le primaire

Pour apprendre

Le seul usage dont le profil soit clairement favorable, jusqu'à un seuil élevé. Il suppose que l'outil soit au service d'une tâche d'apprentissage identifiée, et non le contraire.

Pour créer et produire

PISA relève qu'une part plus faible d'élèves déclare créer du contenu numérique en 2025 qu'en 2022. La production est le versant le plus exigeant et le plus délaissé de l'usage scolaire.

Pour rechercher

Également en recul dans les déclarations d'élèves. Chercher une information pratique en ligne est pourtant le geste le plus directement connecté à l'évaluation de sources mesurée par PISA.

Pour collaborer

PISA 2025 ne fournit pas d'indicateur isolé de collaboration numérique en classe. Le rapport ne permet pas de trancher ce point.

Récréatif à l'école

Le seul usage sur lequel les données sont franchement défavorables au-delà d'une heure par jour. 30 % des élèves de l'OCDE dépassent ce seuil pendant le temps scolaire.

Distraction

28 % en moyenne OCDE, associée négativement à la performance dans plus des deux tiers des pays, et négativement au sentiment d'appartenance dans tous les pays participants.

Gestion de l'attention

L'OCDE avance un mécanisme sans le démontrer : « la réduction du temps d'apprentissage effectif et les coûts cognitifs de l'attention divisée ». Elle précise que la direction de la relation avec l'appartenance est incertaine et que les deux phénomènes peuvent se renforcer mutuellement.

Préparation des établissements

Les chefs d'établissement de l'OCDE déclarent une préparation au numérique inférieure à 2022, ce qui inverse partiellement les progrès de 2018 à 2022. La France est à −0,25, avant-dernière position mondiale.

ch. 4, p. 218, 230-233 ; note 13, p. 276 ; Tableau I.6, p. 38

Ce qu'un directeur d'école peut en retenir
  • La question n'est pas « numérique ou pas », mais « pour quoi faire, et combien de temps ». Le seuil de tolérance est cinq fois plus bas pour l'usage récréatif sur temps scolaire que pour l'usage d'apprentissage.
  • L'équipement n'est pas le levier. Zéro point de différence associés au nombre d'ordinateurs par élève. Deux points seulement après contrôle social pour le manque de ressources.
  • Deux dispositifs ressortent, et deux seulement : l'interdiction du portable dans l'enceinte, et des consignes d'usage explicites par discipline. Les chartes générales et les programmes de sensibilisation ne montrent aucun effet sur la distraction déclarée.
  • Aucune de ces associations n'établit une causalité. Une interdiction de portable est associée à moins de distraction et à des scores légèrement plus bas, ce qui reflète très probablement le fait que les systèmes en difficulté adoptent ces mesures.
21

L'intelligence artificielle : outil pour penser ou machine à penser à la place de l'élève

Les chatbots ne sont accessibles au public que depuis fin 2022. PISA 2025 est la première évaluation internationale à mesurer leur usage scolaire. Les résultats sont dérangeants dans les deux sens : ils ne valident ni l'enthousiasme ni le rejet.

Ce que PISA a demandé, exactement

Donnée Une question unique, déclinée en quatre finalités et cinq fréquences : « à quelle fréquence utilisez-vous des chatbots d'intelligence artificielle, par exemple ChatGPT, pour vos activités scolaires ». Les quatre finalités sont : résumer un texte que je devais lire, mener une recherche préliminaire sur un nouveau sujet, rédiger des textes pour des devoirs écrits, et m'aider à apprendre. Figure I.4.11, p. 236-237

Interprétation La distinction qui structure tous les résultats tient dans la formulation : les trois premières finalités décrivent des tâches que l'IA exécute à la place de l'élève. La quatrième décrit une aide à l'apprentissage. PISA ne pose pas de question explicite du type « pour faire mon travail à ma place ».

Ce que font les élèves français

Donnée Le volume ne détaillait pas les usages français. La note pays les publie, et ils sont systématiquement inférieurs à la moyenne OCDE.

Usage des chatbots pour les activités scolairesFranceOCDEÉcart
Au moins une fois par semaine, pour aider à apprendre37 %46 %−9 pts
Souvent, pour une recherche préliminaire sur un nouveau sujet29 %31 %−2 pts
Souvent, pour résumer un texte qu'ils devaient lire21 %30 %−9 pts
Souvent, pour rédiger des textes lors d'exercices d'écriture23 %29 %−6 pts
Jamais ou presque jamais, pour aucune tâche scolaire15 %14 %+1 pt
Source : Note pays France, p. 9. La part d'élèves n'utilisant jamais l'IA est équivalente en France et en moyenne OCDE : la différence ne vient pas d'un refus plus répandu, mais d'une intensité d'usage plus faible chez ceux qui l'utilisent.

Interprétation L'usage le plus problématique du point de vue de la compréhension, faire résumer par la machine un texte que l'on devait lire, est celui où l'écart avec l'OCDE est le plus favorable à la France : 21 % contre 30 %. Cela ne dit rien de la trajectoire à venir, l'écart d'équipement et d'accès pouvant se combler vite. Le chiffre à surveiller au prochain cycle est celui-là.

Fréquence d'usage des chatbots par finalité, moyenne OCDE
L'usage général « m'aider à apprendre » est nettement plus fréquent que les trois usages par tâche, et surtout plus quotidien.
Jamais ou presque 1 à 2 fois par an 1 à 2 fois par mois 1 à 2 fois par semaine Tous les jours ou presque
FINALITÉ « M'aider à apprendre » 21 13 21 26 19 Recherche préliminaire 29 17 23 20 11 Rédiger un devoir écrit 32 17 22 18 11 Résumer un texte à lire 32 17 21 19 11 0 % 50 % 100 %
Usage au moins hebdomadaire : 45 % pour « m'aider à apprendre », 29 à 31 % pour les trois tâches spécifiques. 14 % des élèves de l'OCDE ne l'utilisent pour aucune de ces quatre finalités. Source : OCDE, PISA 2025 Results (Vol. I), Figure I.4.11, p. 237, Table I.B1.4.53. Les totaux par ligne font 100 %.

Le résultat qui dérange

QuestionRéponse de PISA 2025Statut
L'IA est-elle utilisée ?Oui, par une majorité d'élèves dans la plupart des pays. Mais 14 % ne l'utilisent pour aucune finalité scolaire, et l'usage quasi quotidien ne concerne qu'un élève sur cinq.Donnée
Les utilisateurs réussissent-ils mieux ?Non. Pour les trois tâches spécifiques, les non-utilisateurs devancent les utilisateurs. Pour « m'aider à apprendre », les utilisateurs hebdomadaires égalent les non-utilisateurs sans les dépasser ; les usages occasionnels et quotidiens sont en dessous.Donnée
L'IA fait-elle donc baisser les résultats ?L'OCDE écrit exactement le contraire : « ces relations n'impliquent pas nécessairement un impact négatif de l'usage de l'IA sur la performance en sciences, mais peuvent refléter un mélange complexe de qui adopte l'IA et de comment ils l'utilisent ».Rapport
Y a-t-il une dose optimale ?Apparemment oui : un usage modéré à hebdomadaire. Mais l'avantage de l'usage modéré est le moins marqué pour la rédaction de devoirs écrits, c'est-à-dire la tâche la plus substitutive.Donnée
Qui utilise l'IA ?Les élèves qui ne l'utilisent pas viennent de milieux plus défavorisés ; les utilisateurs fréquents, de milieux plus favorisés. Mais l'OCDE précise que « le milieu socio-économique à lui seul n'explique pas entièrement les schémas de performance observés ».Rapport
Quel lien avec la curiosité ?Positif : les élèves qui utilisent l'IA chaque jour ou presque, quelle que soit la tâche, déclarent davantage de curiosité. L'OCDE laisse explicitement ouverte la question de savoir si l'IA offre des occasions supplémentaires à des élèves déjà curieux, ou si son usage soutient le développement de la curiosité.Donnée
Quel lien avec la demande d'aide ?Les non-utilisateurs en déclarent plus que les utilisateurs peu fréquents. Chez « m'aider à apprendre », les utilisateurs fréquents en déclarent le plus. L'amplitude de l'indice est très faible : 0,14 point d'écart-type au total.Donnée
Sources : ch. 4, p. 236-243. Aucune de ces relations n'établit de causalité.
Le seul résultat franchement positif de la section, et il concerne l'école

Rapport « Lorsque les élèves bénéficient d'opportunités d'apprentissage liées à l'IA à l'école, ceux qui déclarent utiliser l'IA pour les aider à apprendre fréquemment, une fois par semaine ou plus, tendent à légèrement surpasser leurs pairs, à la fois les non-utilisateurs et les utilisateurs d'environ deux fois par mois ou moins. »

C'est un effet d'interaction : ce n'est ni l'usage seul, ni l'apprentissage critique seul. L'OCDE précise d'ailleurs, en note, que l'apprentissage de l'évaluation des contenus générés par l'IA n'est pas associé en moyenne à la performance après contrôle social, alors que l'apprentissage de l'évaluation de l'information en ligne l'est.

Et l'OCDE ajoute la conclusion opérationnelle : « élargir simplement l'accès aux outils d'IA a peu de chances de produire des bénéfices sans investissements parallèles dans l'accompagnement sur un usage approprié et efficace ».

Encadré I.4.2 et Figure I.4.14, p. 240 ; note 15, p. 276

6 sur 10
élèves apprennent en cours à évaluer la qualité d'une information générée par l'IA. Étendue de 31 % à plus de 80 % selon les pays.
8 sur 10
apprennent à évaluer la qualité d'une information trouvée en ligne. L'écart entre les deux mesure ce qui reste à construire.
46,8 %
en France, contre 62,6 % en moyenne OCDE. L'un des plus grands écarts défavorables français du rapport.
14 %
des élèves de l'OCDE n'utilisent l'IA pour aucune finalité scolaire. La France se situe au-dessus de cette moyenne.

Encadré I.4.2, p. 240 ; Tableau I.6, p. 38 ; Figure I.4.12, p. 238

Sur le terme de « fracture numérique »

L'expression « AI divide » n'apparaît pas telle quelle dans le rapport. L'OCDE écrit : « une nouvelle forme de fracture socio-économique à l'ère de l'IA », et dans sa synthèse « une possible nouvelle fracture dans l'accès à un engagement critique avec l'IA ». La fracture désignée n'est donc pas une fracture d'accès aux outils. C'est une fracture d'accès à l'apprentissage d'un usage critique. La distinction change complètement les conclusions que l'on peut en tirer pour une école.

Encadré I.4.2, p. 240 ; synthèse p. 218

La question, déclinée du CP au CM2

Interprétation PISA n'observe aucun élève du primaire et ne dit rien de l'usage de l'IA avant 15 ans. Ce qui suit est une transposition raisonnée, construite à partir d'un seul principe tiré du rapport : ce qui distingue les élèves n'est pas le volume d'usage, mais l'articulation entre usage et lecture critique du résultat.

NiveauCe qui relève de l'outil pour penserCe qui relève de la machine à penser à la placePosition raisonnable
CPRien qui nécessite une IA générative.Toute production de texte ou d'image à la place de l'élève.Pas d'usage direct par l'élève. L'IA peut servir à l'enseignant pour préparer, différencier ou générer du matériel déchiffrable.
CE1Rien qui nécessite une IA générative pour l'élève.Idem.Pas d'usage direct. Le temps est à l'automatisation, qui est exactement ce qu'une IA ne peut pas faire à la place de l'élève.
CE2Observation collective, guidée par l'enseignant, d'une réponse produite par une IA : « qu'est-ce qui est juste, qu'est-ce qui est faux ».Recherche autonome, production de résumé, rédaction.Usage collectif et démonstratif uniquement, comme objet d'observation.
CM1Comparer une réponse d'IA à une source fiable connue. Repérer une erreur factuelle. Identifier ce qui manque.Faire produire un texte que l'élève rendra comme sien.Usage encadré, en présence de l'enseignant, avec un objectif de vérification, jamais de production.
CM2Évaluer un contenu généré : plausibilité, source, ce qui est vérifiable. Formuler ce qui manquerait pour conclure. Comparer deux réponses divergentes.Résumer un texte à la place de l'élève : c'est précisément l'opération que 35 % seulement des élèves de 15 ans déclarent pratiquer eux-mêmes.Usage encadré, centré sur l'évaluation critique, jamais sur la substitution d'une tâche que l'élève doit apprendre à faire.
Niveau de preuve : Interprétation pour l'intégralité du tableau. PISA 2025 n'évalue aucun élève du primaire et ne prescrit aucun usage par niveau.

La ligne de partage n'est pas entre utiliser et ne pas utiliser. Elle est entre une IA qui soutient l'effort cognitif et une IA qui le court-circuite.

Formulation d'Andreas Schleicher dans l'avant-propos du rapport, p. 6 : « là où la technologie permet ou renforce cette lutte cognitive, les élèves progressent. Là où elle court-circuite l'effort productif de l'apprentissage, elle entrave leur développement. »

22

Les enseignants

Le soutien enseignant est le seul indicateur du chapitre 4 dont l'association avec la performance se renforce après prise en compte du profil social des élèves et des établissements. Tous les autres, ressources numériques, matérielles et humaines, voient la leur s'affaiblir ou disparaître.

Ce que PISA appelle « soutien enseignant »

Donnée Cinq items, perçus par l'élève, sur la fréquence à laquelle son professeur de sciences :

  1. montre de l'intérêt pour l'apprentissage de chaque élève ;
  2. donne une aide supplémentaire quand les élèves en ont besoin ;
  3. aide les élèves dans leur apprentissage ;
  4. continue à enseigner jusqu'à ce que les élèves comprennent ;
  5. donne aux élèves l'occasion d'exprimer leurs opinions.

Note de la Figure I.4.22, p. 251. L'indice a été standardisé en 2015 sur une moyenne de 0 et un écart-type de 1 dans les pays de l'OCDE.

1 sur 2
pays où le soutien enseignant en sciences a augmenté depuis 2015. Hausses les plus fortes : Corée, Japon, Indonésie, Croatie, République slovaque, Thaïlande, Viêt Nam.
37
pays où moins d'élèves qu'en 2015 déclarent que leur professeur continue d'enseigner jusqu'à ce qu'ils comprennent
56
pays où la relation entre soutien enseignant et performance en sciences reste positive après contrôle social
76 à 81
pays où le soutien enseignant est associé positivement aux attitudes d'apprentissage, contre 56 pour la performance

Figures I.4.22 et I.4.23, p. 250-252 ; Tableau I.4.1, p. 221

Rapport L'OCDE relie explicitement l'item « continue jusqu'à ce que les élèves comprennent » à la performance : « les systèmes où la part d'élèves déclarant cela a le moins diminué, ou a même augmenté, ont montré une performance en sciences plus stable depuis 2015, même après prise en compte des évolutions du PIB par habitant ». ch. 4, p. 250

Le retournement au niveau des systèmes, à ne jamais omettre

Au niveau de l'élève, plus de soutien enseignant va de pair avec de meilleurs résultats. Au niveau des pays, la relation s'inverse : les systèmes où le soutien enseignant déclaré est le plus élevé tendent à avoir une performance moyenne plus basse, même après prise en compte du PIB par habitant.

L'OCDE en donne l'explication la plus plausible : « cette association négative doit être interprétée avec prudence, car elle pourrait simplement signaler un mécanisme compensatoire : les enseignants apportent un soutien accru lorsqu'ils rencontrent des élèves en difficulté ».

Ce retournement s'observe aussi ailleurs : l'aide aux devoirs par le personnel est associée négativement à la performance dans 20 pays, ce que l'OCDE attribue à une « causalité inverse ». Même mécanisme pour le temps de devoirs et pour l'absentéisme.

ch. 4, p. 252 ; p. 249-250 ; p. 247 ; p. 270

L'activation cognitive, le résultat le plus exploitable

Donnée PISA mesure cinq pratiques d'enseignement en sciences, sous le nom d'activation cognitive. Les élèves déclarent à quelle fréquence leur enseignant leur demande de :

  • penser à la manière dont des sujets scientifiques nouveaux et anciens sont reliés entre eux ;
  • expliquer un principe scientifique ;
  • expliquer comment concevoir une expérience pour traiter un problème scientifique ;
  • continuer d'essayer même face aux difficultés sur une tâche scientifique ;
  • mémoriser des faits scientifiques.

Encadré I.3.3, p. 188 et note 9, p. 216. Le poids et le signe du cinquième item dans l'indice composite ne sont pas explicités dans le chapitre.

Pourquoi ce résultat compte plus que les autres

Rapport Les élèves du quartile supérieur d'activation cognitive déclarent davantage de plaisir en sciences, de curiosité, de persévérance, d'autorégulation et de fixation d'objectifs. Et surtout : « ces schémas restent largement inchangés après prise en compte de la performance en sciences. Ces relations ne sont pas nécessairement dues simplement aux élèves les plus performants. En d'autres termes, elles reflètent probablement des différences dans les expériences de classe des élèves, plutôt que des différences de niveau antérieur seul. »

L'OCDE en tire une recommandation directe : « aller au-delà de la couverture du programme pour se concentrer sur la manière dont les élèves s'engagent avec le contenu : soutenir les enseignants dans la conception de tâches qui exigent explication, raisonnement et réflexion, et s'assurer que ces pratiques sont combinées à des environnements de classe soutenants ».

Encadré I.3.3, p. 189

Ressources humaines : le point faible français

Donnée En moyenne OCDE, les préoccupations des chefs d'établissement sur les pénuries d'enseignants se sont améliorées par rapport à 2022, tout en restant plus fortes qu'en 2018. À l'inverse, les préoccupations sur les pénuries de matériel et de personnel d'appui ont augmenté. ch. 4, p. 219 et Figure I.4.18, p. 245

Donnée En France, 12,9 % des élèves sont scolarisés dans un établissement dont le chef déclare que la capacité à enseigner n'est pas du tout entravée par un manque de personnel enseignant, contre 28,8 % en moyenne OCDE. C'est l'un des trois écarts France / OCDE les plus défavorables du volume. À l'inverse, 48,5 % des élèves français sont dans un établissement sans pénurie de matériel, contre 43,8 % en moyenne OCDE. Tableau I.7, p. 40-41

Interprétation Le problème français, tel que le rapport le dessine, est un problème de personnel, pas de matériel. Cette configuration est cohérente avec le résultat sur les ressources numériques : ce qui manque n'est pas l'équipement.

Ce que la note pays ajoute, et qui nuance ce constat

Donnée La note publie le chiffre dans l'autre sens et avec son évolution. En 2025, 45 % des élèves français étaient scolarisés dans un établissement où l'enseignement était affecté, au moins dans une certaine mesure, par un manque perçu de personnel enseignant (OCDE 39 %), et 47 % par un manque de personnel auxiliaire (OCDE 39 %). Mais la prévalence a nettement diminué par rapport à 2022, où elle atteignait 67 %.

Donnée Le matériel, lui, se dégrade : 20 % des élèves français sont dans un établissement affecté par un manque de matériel pédagogique, contre 15 % en 2022, et 25 % par un manque d'infrastructures (bâtiments, terrain, chauffage, éclairage, acoustique), contre 19 % en 2022.

Interprétation Les deux courbes se croisent. Le déficit de personnel reste élevé mais recule de 22 points en trois ans ; le déficit matériel part de plus bas mais progresse de 5 à 6 points sur la même période. Le diagnostic « problème de personnel, pas de matériel » reste juste en niveau, il l'est de moins en moins en tendance.

Note pays France, p. 8

Le soutien enseignant français, mesuré en pourcentages

Donnée L'indice français de soutien enseignant valait −0,18 dans le volume. La note en donne le contenu, item par item, avec la comparaison 2015. C'est le tableau le plus sévère de toute la note pour la France.

Part d'élèves déclarant que, dans la plupart des cours de sciences, le professeur…France 2025OCDE 2025France 2015
… s'intéresse aux progrès de chaque élève54 %69 %57 %
… continue d'expliquer jusqu'à ce que les élèves aient compris61 %66 %67 %
… apporte de l'aide supplémentaire quand les élèves en ont besoin67 %73 %70 %
Source : Note pays France, p. 9. Les trois items reculent en France depuis 2015, et les trois se situent sous la moyenne OCDE 2025. L'écart le plus large porte sur l'intérêt perçu pour les progrès de chaque élève : 15 points.

Donnée La note ajoute un constat de trajectoire : « entre 2015 et 2025, le climat de discipline et le soutien de la part des enseignants en cours de sciences se sont en moyenne améliorés dans les pays de l'OCDE. En France, seul le climat de discipline est en progrès, tandis que le soutien de la part des enseignants ne présente pas d'évolution significative. » Note pays France, p. 10

Interprétation À rapprocher de l'item que l'OCDE relie le plus directement à la stabilité des performances : « continue jusqu'à ce que les élèves comprennent ». Il perd 6 points en France depuis 2015, et se situe 5 points sous la moyenne OCDE. C'est un indicateur de pratique, pas de moyens. Il se travaille en formation et en conseil des maîtres, pas en dotation.

Ce que cela implique pour la formation

Les compétences pédagogiques avant les contenus

Le Secrétaire général de l'OCDE l'écrit dans la préface : les enseignants « ont besoin d'être équipés de solides compétences d'enseignement, pas seulement de connaissances disciplinaires, mais des compétences pratiques pour expliquer clairement, gérer une classe, et garder les élèves engagés et motivés ».

Préface, p. 4

L'activation cognitive est formable

Concevoir des tâches qui exigent explication, raisonnement et réflexion. C'est le seul levier du rapport dont la relation aux attitudes résiste au contrôle de la performance.

Encadré I.3.3, p. 189

L'encouragement explicite à persévérer

Là où les élèves déclarent que leurs enseignants leur demandent de continuer à essayer face aux difficultés, l'état d'esprit de développement se traduit davantage en performance. Aux Philippines, l'écart passe de +17 à +41 points.

Figure I.3.11 et p. 169

Le soutien enseignant module l'agentivité

En moyenne et dans 38 systèmes, le lien entre motivation et fixation d'objectifs est renforcé par un soutien enseignant élevé. L'OCDE conclut que « l'agentivité ne devrait pas être comprise comme opérant isolément du contexte ».

Figure I.3.22, p. 186-187

Une donnée d'équité peu commentée

En moyenne OCDE et dans 42 pays, les élèves des établissements défavorisés déclarent des niveaux de soutien enseignant plus élevés que leurs pairs des établissements favorisés. L'OCDE y voit un mécanisme de compensation par les pratiques enseignantes. Dans 11 pays cependant, le schéma est inverse, ce qui « renforce potentiellement les inégalités existantes ».

note 18, p. 277

23

Les familles

C'est le chapitre où PISA 2025 apporte le résultat le plus contre-intuitif, et le plus directement transposable à une relation école-famille.

Ce que PISA appelle « soutien familial »

Donnée Cinq choses que les parents, ou quelqu'un de la famille, font avec l'élève au moins une fois par semaine :

  1. vous parler de votre future éducation ;
  2. vous parler des problèmes que vous pourriez avoir à l'école ;
  3. s'intéresser à ce que vous apprenez à l'école ;
  4. discuter de la façon dont vous vous en sortez à l'école ;
  5. vous demander ce que vous avez fait à l'école ce jour-là.

Note de la Figure I.4.25, p. 255

> 70 %
des élèves déclarent discuter de ce qu'ils ont fait à l'école au moins une fois par semaine, de 37 % au Cambodge à 83 % en Irlande
46 %
seulement ont des discussions régulières sur les problèmes qu'ils pourraient avoir à l'école. L'écart avec le point précédent dépasse 25 points.
77 % → 71 %
part d'élèves dont les parents demandent ce qu'ils ont fait à l'école, 2022 → 2025. Baisse observée dans presque tous les pays.
9e
rang mondial de la France pour l'ampleur de la baisse du soutien familial déclaré entre 2022 et 2025

ch. 4, p. 253-256 ; Figure I.4.26, p. 256

Le résultat contre-intuitif

Rapport « L'association positive entre soutien familial et performance en sciences est principalement portée par l'intérêt des parents pour la vie quotidienne de l'élève, à savoir ce qu'il a fait et appris et comment il s'en sort à l'école, plutôt que par les discussions relatives à la future éducation, lesquelles apparaissent négativement associées à la performance en sciences dans les pays de l'OCDE. »

Ne pas conclure que parler de l'avenir nuit. L'OCDE propose immédiatement l'explication la plus plausible : ces discussions « pourraient se produire plus fréquemment chez les élèves peu performants, en cas d'incertitude, de risque d'échec ou de décisions importantes sur les parcours éducatifs ». C'est un effet de sélection, pas un effet de la conversation.

Figure I.4.25 et p. 254

Les aspirations, et ce qui les façonne

Donnée Les élèves défavorisés sont moins susceptibles d'aspirer à l'enseignement supérieur que leurs pairs favorisés dans presque tous les pays, même à performance égale. À performance comparable en sciences, les élèves défavorisés très performants sont 20 points de pourcentage moins susceptibles d'y aspirer, et les élèves défavorisés peu performants 28 points. Encadré I.4.3, p. 253

Écart d'aspiration au supérieur, favorisés moins défavorisésÉcart brutAprès attentes des pairsAprès attentes parentalesAprès les deux et le profil de l'école
Tous les élèves30 pts25 pts18 pts14 pts
Élèves peu performants en sciences28 pts24 pts20 pts18 pts
Élèves très performants en sciences20 pts16 pts13 pts10 pts
Source : Figure I.4.24, p. 254, moyenne OCDE. Toutes les différences sont statistiquement significatives. Pour l'ensemble des élèves, l'écart passe de 30 à 18 points avec les seules attentes parentales, soit une réduction de 40 %.

Rapport L'OCDE conclut : « bien que le sens de la causalité entre les différents indicateurs ne puisse être établi, les données de PISA 2025 pointent vers le rôle vital des parents dans la formation des attentes éducatives de leurs enfants ». Elle relève aussi que tenir compte des aspirations des pairs et du profil social de l'établissement ne réduit pas beaucoup davantage l'écart. p. 253

Dix choses que les familles peuvent faire

Interprétation Les quatre premières découlent directement de données de PISA 2025. Les six suivantes sont des déductions.

  1. Demander chaque jour ce que l'enfant a fait et appris à l'école. C'est l'item qui porte le plus l'association positive avec la performance, et celui qui a le plus reculé depuis 2022.
  2. Parler des difficultés, pas seulement des résultats. Seuls 46 % des élèves déclarent des discussions régulières sur les problèmes rencontrés à l'école, contre plus de 70 % sur la journée.
  3. Dire ce qu'on attend, explicitement. Les attentes parentales expliquent 40 % de l'écart social d'aspiration au supérieur, à performance égale.
  4. Être vu en train de lire. Les analyses PISA antérieures montrent que les élèves dont les parents lisent, ou disent aimer lire, déclarent eux-mêmes plus de plaisir de lire. Le plaisir de lire a décliné chez les parents aussi.
  5. Protéger un temps de lecture sans écran, régulier et court plutôt que rare et long.
  6. Laisser l'enfant chercher avant d'aider, puis l'aider à formuler précisément ce qu'il ne comprend pas.
  7. Valoriser l'effort et la stratégie plutôt que la rapidité ou la facilité.
  8. Distinguer nettement l'écran pour apprendre et l'écran pour se détendre, et le dire.
  9. Prendre l'assiduité au sérieux. L'OCDE évoque explicitement l'hypothèse d'une évolution des perceptions parentales sur la valeur de l'assiduité régulière.
  10. Ne pas se fier au silence. Le désengagement peut se produire silencieusement chez des élèves à performance moyenne, voire élevée.

Points 1 à 4 : ch. 4, p. 253-256 ; Encadré I.4.3, p. 253 ; Encadré I.2.3, p. 98. Point 9 : Encadré I.2.3, p. 99. Point 10 : ch. 3, p. 189.

Ce que la note pays révèle de l'ampleur française

Donnée Le volume donnait la tendance OCDE, de 77 % à 71 %. La note donne les valeurs françaises, et la chute est d'une tout autre ampleur.

Part d'élèves déclarant, au moins une fois par semaine…France 2022France 2025Écart
… que leurs parents leur demandent ce qu'ils font pendant leur journée à l'école74 %63 %−11 pts
… que leurs parents parlent avec eux des problèmes qu'ils pourraient rencontrer à l'école48 %34 %−14 pts
Source : Note pays France, p. 10. L'item qui recule le plus est celui des difficultés, qui était déjà le plus bas des deux en 2022. En 2025, deux élèves français sur trois ne parlent pas chaque semaine avec leurs parents des problèmes qu'ils rencontrent à l'école.

Interprétation C'est le chiffre de la note le plus directement utilisable dans une communication aux familles. Il ne demande ni moyens, ni réforme, ni équipement : il demande une conversation, et il désigne laquelle. Il justifie à lui seul de reprendre le point 1 et le point 2 de la liste ci-dessous dans un mot aux parents.

Un paradoxe dans les données

La baisse du soutien familial déclaré par les élèves ne s'est pas traduite par une réduction de l'engagement parental dans les activités scolaires tel que le rapportent les chefs d'établissement. La part d'élèves dans un établissement où une majorité de parents discute des progrès avec un enseignant a même augmenté de 3 points par rapport à 2022 : 33 % à l'initiative des parents, 54 % à la demande de l'enseignant.

ch. 4, p. 255-256, Table I.B1.4.126

24

Le climat scolaire

Quatre mesures : le climat disciplinaire, l'exposition au harcèlement sous cinq formes dont une strictement en ligne, l'absentéisme et les retards, le sentiment de sécurité. Elles ne varient pas toutes dans le même sens, et cette divergence est en elle-même un résultat.

Le climat disciplinaire

Donnée Cinq situations sur lesquelles les élèves sont interrogés : camarades qui n'écoutent pas, bruit et désordre, temps que l'enseignant passe à attendre le calme, difficulté à travailler efficacement, retards à commencer le travail. ch. 4, p. 259

37
pays où le climat disciplinaire s'est amélioré depuis 2015, avec la moyenne OCDE. Corée et Croatie en tête. Détérioration dans 10 pays.
30 %
des élèves déclarent des perturbations dues au bruit et au désordre. Un cinquième déclare que les élèves ne peuvent pas bien travailler.
53
pays où les élèves des établissements défavorisés déclarent un climat plus perturbé que ceux des établissements favorisés
−0,12
indice français, contre +0,14 en moyenne OCDE. L'un des plus grands écarts défavorables du volume.

Figure I.4.28, p. 259-260 ; Tableau I.5, p. 36

Donnée La note pays détaille l'indice français, et l'écart est net sur les trois items publiés. 23 % des élèves français indiquent ne pas pouvoir bien travailler pendant la plupart ou la totalité des cours de sciences (OCDE 19 %), 47 % que le bruit et l'agitation perturbent la plupart des cours (OCDE 31 %), et 37 % que leurs camarades n'écoutent pas ce que dit le professeur (OCDE 29 %). L'écart le plus large est celui du bruit : 16 points. Note pays France, p. 10

Donnée Un point favorable, rarement relevé : entre 2015 et 2025, le climat de discipline est en progrès en France. C'est le seul des deux indicateurs de vie de classe à s'améliorer, le soutien enseignant ne montrant pas d'évolution significative. Note pays France, p. 10

Rapport Au niveau des systèmes, les pays dont le climat disciplinaire s'est amélioré tendent à montrer une performance en sciences stable ou en hausse depuis 2015. Mais l'OCDE signale en note que « les associations n'étaient plus statistiquement significatives après exclusion de trois pays atypiques, la Corée, le Kosovo et la Türkiye ». Le résultat au niveau des systèmes dépend donc de trois pays. Au niveau des élèves, en revanche, la relation est positive dans presque tous les pays, même après contrôle social. note 25, p. 277 ; ch. 4, p. 259

Rapport Une donnée d'équité à retenir : « dans les systèmes éducatifs où l'écart de climat disciplinaire entre établissements favorisés et défavorisés est plus grand, les disparités socio-économiques de performance en sciences tendent aussi à être plus grandes ». ch. 4, p. 259

Le harcèlement

Donnée Cinq items, sur les douze mois précédant le test, avec un seuil de victimation fixé à « au moins quelques fois par mois ».

FormeFormulation exacte% OCDEForce de l'association avec la performance
Verbal« D'autres élèves se sont moqués de moi »13,8 %la plus faible
Relationnel« D'autres élèves ont répandu de méchantes rumeurs à mon sujet »8,6 %intermédiaire
Physique« J'ai été frappé ou bousculé par d'autres élèves »4,9 %intermédiaire
Menace« J'ai été menacé par d'autres élèves »4,0 %forte
Cyberharcèlement« Des informations bouleversantes me concernant ont été publiées en ligne sans mon consentement » (nouveau en 2025)3,2 %la plus forte
Sources : ch. 4, p. 260-266 ; note 29, p. 278 ; Figure I.4.31, p. 266. En moyenne OCDE, 20 % des élèves déclarent au moins une forme de harcèlement au moins quelques fois par mois.
L'ordre de la force est l'inverse de l'ordre de la prévalence

La forme la plus rare, le cyberharcèlement à 3,2 %, est celle dont l'association avec la performance est la plus forte. La forme la plus répandue, les moqueries à 13,8 %, est celle dont l'association est la plus faible.

Les deux chiffres à retenir : les victimes de cyberharcèlement obtiennent 59 points de moins en sciences que leurs pairs, et 48 points de moins après prise en compte du profil social. Dans 82 des 86 pays avec données, l'écart va de 13 à près de 90 points, à profil social comparable.

Et il est rarement isolé : en moyenne OCDE, parmi les élèves déclarant avoir été cyberharcelés, neuf sur dix déclarent aussi subir d'autres formes de harcèlement au moins une fois par mois.

L'OCDE précise que « ces relations négatives peuvent refléter une relation qui se renforce mutuellement entre performance plus faible et victimation », et évoque un possible effet dose-réponse.

ch. 4, p. 219, p. 266, Table I.B1.4.139

2-3 %
de cyberharcèlement parmi les élèves dont l'usage numérique hebdomadaire reste modéré : jusqu'à 40 h pour les loisirs, 20 h pour l'apprentissage
7-8 %
parmi ceux qui dépassent 60 heures par semaine. Un taux multiplié par environ trois.
2 % / 5 %
seulement des élèves dépassent 60 h par semaine, pour l'apprentissage et pour les loisirs
56,0 %
des élèves français déclarent n'être exposés à aucune forme de harcèlement, contre 52,5 % en moyenne OCDE

Figure I.4.32, p. 267 ; Tableau I.5, p. 36. L'OCDE écrit « est étroitement lié à » : un élève cyberharcelé peut aussi passer plus de temps en ligne en conséquence.

La nuance française que la note pays ajoute, et qui change le message

Donnée En niveau, la France reste mieux placée que la moyenne OCDE : 18 % des élèves français déclarent avoir été victimes d'au moins une forme de harcèlement quelques fois par mois ou plus, contre 20 % en moyenne OCDE. Le cyberharcèlement s'établit à 3 % en France comme en moyenne OCDE.

Donnée Mais la trajectoire est défavorable : « la prévalence du harcèlement y a augmenté entre PISA 2022 et PISA 2025, comme dans la grande majorité des pays participants. Une hausse en contraste avec le recul enregistré en France entre 2018 et 2022, probablement lié à la persistance des effets des perturbations liées à la pandémie de COVID-19. »

Interprétation Un chiffre meilleur que la moyenne, dans une tendance qui remonte. Les deux informations doivent voyager ensemble : citer la première sans la seconde donne une image fausse de la situation. Pour un dispositif de prévention en place, c'est l'argument le plus solide pour ne pas relâcher l'effort sur la base d'une comparaison internationale flatteuse.

Note pays France, p. 9

Le passage le plus directement transposable à un dispositif d'établissement

Rapport « Ces constats suggèrent la valeur ajoutée de stratégies globales, au niveau de l'établissement, qui traitent le harcèlement comme un problème systémique plutôt qu'individuel. Un climat disciplinaire ordonné et un fort sentiment de sécurité émergent comme des facteurs protecteurs particulièrement importants, soulignant le rôle des approches globales d'établissement de prévention et d'atténuation du harcèlement. Les politiques et pratiques qui promeuvent des attentes comportementales cohérentes, des environnements d'apprentissage sûrs et inclusifs, et une responsabilité partagée entre les personnels, apparaissent plus étroitement associées à des niveaux plus faibles de harcèlement que des mesures isolées. »

Figure I.4.33 et ch. 4, p. 267-268

Trois mouvements contradictoires depuis 2022

Le harcèlement remonte

La prévalence augmente dans une large majorité de pays, le harcèlement relationnel en tête, dans tous les pays participants. Mais les niveaux 2025 restent inférieurs à ceux de 2018 : la baisse de 2018 à 2022 avait été plus ample que la remontée de 2022 à 2025. L'OCDE évoque l'effet des périodes d'enseignement à distance sur les occasions de harcèlement en présentiel.

ch. 4, p. 263

Le climat déclaré par les chefs d'établissement se dégrade

En 2022, environ 30 % des élèves étaient dans un établissement où les grossièretés posaient problème de façon modérée ou importante. En 2025, 52 %. Une hausse de 22 points en trois ans, négativement associée au niveau des systèmes à l'évolution des performances en sciences et en lecture.

ch. 4, p. 267-268

Le sentiment de sécurité, lui, s'améliore

Malgré ces deux mouvements, les élèves déclarent en 2025 se sentir plus en sécurité à l'école et sur le trajet qu'en 2022, dans presque tous les pays. Et l'évolution du sentiment de sécurité est positivement associée à l'évolution des performances. L'OCDE ne propose pas d'explication à cette apparente contradiction.

ch. 4, p. 268

Absentéisme et retards

Indicateur, au moins une fois dans les deux semaines précédant le test2025vs 2018vs 2022
Manquer une journée entière d'école22 %+0,6 pt+3 pts
Sécher des cours24 %−3 pts+2 pts
Arriver en retard à l'école50 %+2 pts+4 pts
Moyennes OCDE. Source : Figure I.4.34 et ch. 4, p. 269. La moitié des élèves de l'OCDE déclarent au moins un retard en deux semaines : c'est le chiffre le plus élevé de toute la section climat scolaire.

Rapport « L'absentéisme est négativement associé à la performance en sciences et aux attitudes envers l'apprentissage dans presque tous les pays. Ces relations tiennent même après prise en compte du profil socio-économique, soulignant un possible impact négatif de l'absentéisme mais pouvant aussi signaler une causalité inverse : les élèves en difficulté académique peuvent choisir de sécher les cours. » ch. 4, p. 270

France, au moins une fois dans les deux semaines précédant le test201820222025OCDE 2025
Manquer une journée entière d'école16 %13 %18 %22 %
Sécher au moins un cours30 %26 %27 %24 %
Arriver en retard à l'école57 %50 %54 %50 %
Source : Note pays France, p. 10. La France reste sous la moyenne OCDE pour les journées manquées, au-dessus pour les cours séchés et les retards. Les trois indicateurs remontent entre 2022 et 2025 sans retrouver le niveau de 2018.

Donnée Une donnée qui concerne directement le primaire, citée par l'OCDE dans l'Encadré I.2.3 : chez les élèves de quatrième année, c'est-à-dire le CM1, la part d'élèves absents au moins une fois toutes les deux semaines est passée de 10,7 % en 2019 à 14,8 % en 2023 en moyenne OCDE. Encadré I.2.3, p. 99, d'après les données TIMSS citées par l'OCDE

25

L'environnement

Le chapitre 5 mesure quatre dimensions de ce que l'OCDE appelle l'agentivité environnementale : la maîtrise, les attitudes, l'engagement, et les occasions d'apprentissage offertes par l'école. Le résultat le plus utile pour une école se trouve dans la quatrième.

480
moyenne OCDE sur la sous-échelle de sciences de l'environnement. France : 486.
3 sur 4
élèves atteignent au moins le niveau 2. Dans sept systèmes, plus de 85 %.
72 %
participent à au moins une activité liée à l'environnement dans l'année. France : 73,9 %.
62 %
souhaitent contribuer à protéger l'environnement dans leur futur métier. France : 58,5 %.

ch. 5, p. 283-297 ; Tableau I.8, p. 42

Donnée La note pays complète le tableau français. 76 % des élèves français atteignent au moins le niveau 2 en sciences de l'environnement, contre 74 % en moyenne OCDE : c'est le seul domaine cognitif où la France devance la moyenne sur la part d'élèves au niveau de base. Sur les convictions, 82 % savent qu'il y a des choses qu'ils peuvent faire pour avoir un impact positif (OCDE 81 %), 78 % pensent qu'en agissant ensemble les problèmes environnementaux se résoudront (OCDE 82 %), mais seulement 64 % savent comment coopérer avec d'autres pour cela (OCDE 68 %). Note pays France, p. 10

Interprétation Le point de rupture français se situe sur le savoir-faire coopératif, pas sur la conviction. Les élèves croient à l'action collective un peu moins que la moyenne, et surtout ils savent moins bien comment s'y prendre. C'est un objet de travail scolaire identifiable : organiser des actions environnementales réellement collectives, où la coopération est la compétence exercée, et pas seulement le cadre.

La conscience environnementale recule

Connaissance déclarée des enjeux environnementaux, 2015 et 2025
Part d'élèves déclarant en savoir quelque chose ou pouvoir bien l'expliquer. Moyenne OCDE. Les cinq thèmes comparables reculent tous, sans exception.
20152025
0 % 25 50 75 Extinction des espèces 79 75 −4 Défrichement des forêts 73 67 −6 Pénurie d'eau 72 68 −4 Gaz à effet de serre 63 57 −6 Déchets nucléaires 54 45 −9
Le thème « effets de la pollution plastique » est nouveau en 2025 et n'a pas d'antécédent comparable : 77 % des élèves déclarent en savoir quelque chose. Source : OCDE, PISA 2025 Results (Vol. I), ch. 5, p. 288, Table I.B1.5.9. Il s'agit de la connaissance déclarée par les élèves, pas d'une connaissance testée.

Le décalage entre l'intention et la capacité d'agir

Énoncé% d'accord, OCDE
« Si les gens travaillent ensemble, nous pouvons résoudre les problèmes environnementaux »82 %
« Je sais qu'il y a des choses que je peux faire pour avoir un impact positif sur l'environnement »81 %
« Prendre soin de l'environnement mondial est important pour moi »75 %
« Je sais travailler avec d'autres pour avoir un impact positif sur l'environnement »68 %
Source : Figure I.5.5, p. 289. Le dernier item, celui du savoir-faire collectif, est celui qui varie le plus entre pays : de 48 % à 90 %.

Donnée Parmi les 28 % d'élèves qui n'ont participé à aucune des cinq activités environnementales, les raisons invoquées sont : ne connaître personne d'engagé (56 %), penser que quelqu'un d'autre s'en occupera (49 %), estimer que ses actions ne feraient pas de différence (47 %), ne pas savoir comment faire (40 %). Figure I.5.9, p. 295-296

Donnée Résultat contre-intuitif : parmi les non-participants, ceux qui invoquent les trois premières raisons performent mieux en sciences de l'environnement que ceux qui ne les invoquent pas, après contrôle social : +23 points pour « je ne connaissais personne », +9 pour « mes actions ne feraient pas de différence », +5 pour « quelqu'un d'autre s'en occupera ». Seule la raison « je ne savais pas comment » n'est associée à aucune différence de performance. ch. 5, p. 296, Table I.B1.5.40

Rapport L'OCDE en tire une conclusion différenciée : « les élèves les moins performants peuvent avoir besoin d'un soutien pour développer des connaissances et des informations sur comment participer, tandis que les élèves plus performants peuvent bénéficier davantage d'une exposition à des exemples locaux pertinents et à des modèles qu'ils peuvent suivre ». p. 296-297

Les quatre occasions d'apprentissage que PISA mesure

Énoncé, perçu par l'élève% OCDEÉcart avec les extrêmes
« Mon enseignant offre des occasions de faire des recherches sur des questions environnementales »50 %Indonésie ≈ 93 %, Pays-Bas ≈ 19 %
« Je suis évalué sur mes connaissances environnementales »46 %Thaïlande ≈ 91 %, Pays-Bas ≈ 15 %
« Ma classe discute de solutions aux problèmes environnementaux »44 %Indonésie ≈ 93 %, Pays-Bas ≈ 17 %
« Mon enseignant nous emmène en sortie de terrain pour enquêter sur des questions environnementales »31 %Thaïlande ≈ 90 %, Pays-Bas ≈ 10 %
Source : Figure I.5.13, p. 303. Les valeurs OCDE sont exactes ; les valeurs extrêmes par pays sont des lectures de position sur le graphique. La sortie de terrain est de loin l'activité la moins répandue.
Le résultat central du chapitre 5, et son contre-point

Rapport Le résultat positif : dans tous les pays et économies participants, les élèves qui déclarent plus d'occasions de discuter, d'enquêter, de rechercher ou d'être évalués sur les questions environnementales présentent une conscience environnementale plus élevée, une croyance plus forte dans leur capacité à agir et dans l'efficacité collective, ainsi qu'un engagement à court et long terme plus fort. Ces relations subsistent après contrôle du profil social des élèves et des établissements.

Rapport Le contre-point : la relation avec la performance en sciences de l'environnement est tout autre. Après contrôle social, elle est positive dans un peu moins d'un tiers des pays, négative dans un autre tiers ainsi qu'en moyenne OCDE, et non significative dans le tiers restant. L'OCDE ajoute deux avertissements : ce résultat « ne doit pas être interprété comme une relation causale », et l'indicateur « capte la présence de ces occasions, sans capter leur qualité, leur intensité pédagogique ni le temps d'exposition ».

Rapport Sa conclusion : « offrir simplement des occasions d'apprentissage environnemental peut ne pas suffire. Ces occasions doivent être combinées à un enseignement et un apprentissage efficaces. »

Figure I.5.15 et ch. 5, p. 304-306

Donnée Deux résultats d'équité inattendus : en moyenne OCDE et dans environ la moitié des pays, les élèves des établissements défavorisés déclarent plus d'occasions d'apprentissage environnemental que ceux des établissements favorisés. Même schéma pour les écoles rurales par rapport aux écoles urbaines, dans 34 pays. C'est l'inverse du gradient observé pour la performance et les attitudes. ch. 5, p. 304, Table I.B1.5.55

Pourquoi l'éducation à l'environnement est un terrain favorable pour le reste

Interprétation Le raisonnement suivant n'est pas celui de l'OCDE. Il est cohérent avec ses données.

  • Elle mobilise la lecture documentaire, celle dont PISA observe qu'elle décroche : textes longs, plusieurs sources, données chiffrées, controverses.
  • Elle impose de lire des données : courbes, tableaux, cartes, y compris avec des valeurs atypiques à expliquer.
  • Elle oblige à distinguer une affirmation, une preuve et une opinion, ce qui est exactement l'objet de la compétence « évaluer l'information scientifique pour décider », force relative de la France.
  • Elle offre des situations où l'action collective est possible, ce qui répond aux trois principales raisons de non-participation identifiées par PISA.
  • Elle engage les mathématiques : proportions, ordres de grandeur, comparaisons, ce qui donne un contexte réel à la proportionnalité du cycle 3.

Avec la limite que PISA impose de rappeler : la seule présence d'occasions d'apprentissage environnemental n'est pas associée à une meilleure performance en sciences de l'environnement. La qualité de l'enseignement reste le facteur non mesuré.

Partie V

Les limites

Ce que d'autres systèmes réussissent, et ce que PISA ne permet pas de conclure.

26

Les pays qui résistent à la tendance

Sur une décennie de recul quasi général, quelques systèmes progressent. L'OCDE prévient que ces trajectoires « doivent être interprétées à la lumière des points de départ, des niveaux moyens de performance et de la distribution des résultats à l'intérieur des systèmes ».

SystèmeSciencesLectureMathsCe que montre réellement PISA
Cambodge+72+36+57Progression dans les trois domaines, à partir d'un niveau très bas, avec une couverture de la population de 43 % seulement et une forte hausse du taux d'éligibilité. Le score minimum des 25 % de meilleurs élèves progresse aussi.
Türkiye+62+34+35Le seul système cité par l'OCDE à la fois comme système du haut de la distribution et comme système en double réussite sur les deux périodes. Seul pays OCDE où les élèves favorisés progressent.
Philippines+22+38+25Progression dans les trois domaines. Fait notable : la proportion de lecteurs fluents y a augmenté entre 2018 et 2025, avec le Brunei Darussalam.
Qatar+19+18+12Progression dans les trois domaines, et double réussite décennale : moins d'élèves faibles et plus d'élèves très performants.
Émirats arabes unis+18−6+20Double réussite sur les deux périodes. Ses élèves défavorisés progressent de plus de 40 points entre 2022 et 2025.
Monténégro+16−13−14Double réussite sur les deux périodes, portée par les sciences seules.
Taipei chinois+14+14+9Progression dans les trois domaines, depuis un niveau déjà élevé. Mais l'amélioration vient des élèves forts, les faibles ne bougeant pas, d'où un écart qui se creuse.
République slovaque+12−8−13Double réussite décennale en sciences, dans un système par ailleurs parmi les plus inégalitaires de l'OCDE (20,7 % de variance expliquée par l'origine sociale).
Royaume-Uni0−7−9Cité par l'OCDE comme système du haut de la distribution ayant consolidé ses résultats. Sciences +12 entre 2022 et 2025, et double réussite sur cette période.
Tendances décennales 2015-2025, en points de score. Source : Tableau I.2.9, p. 101 ; listes de double réussite : ch. 2, p. 93-94 ; commentaires : p. 90, p. 103, p. 105-106, p. 121, Annexe A1 p. 314. La significativité statistique de chaque valeur est codée par une teinte dans le rapport et n'est pas reproduite ici.
Ce que l'on peut raisonnablement en apprendre
  • Le recul n'est pas une fatalité. Il existe des trajectoires ascendantes sur la même décennie, dans des contextes économiques variés.
  • Performance et équité peuvent monter ensemble. Cinq systèmes ont réduit leur part d'élèves faibles et augmenté leur part d'élèves très performants sur dix ans.
  • L'élargissement de l'accès ne fait pas mécaniquement baisser les meilleurs. Dans au moins trois des sept systèmes ayant élargi l'accès au secondaire, le score minimum des 25 % de meilleurs élèves s'est maintenu ou a progressé.
  • La dépense n'est pas le facteur décisif au-delà d'un seuil. La relation dépense-performance se découple au-delà d'environ 85 000 dollars cumulés par élève. Le Luxembourg, plus gros dépensier avec 288 521 dollars par élève, obtient des scores en sciences inférieurs à ceux de l'Irlande, de la France et de l'Italie, qui investissent chacun moins de la moitié de ce montant.

ch. 2, p. 94 et p. 105-106 ; ch. 1, p. 54-55 ; Préface, p. 5

Ce qu'il serait dangereux de copier mécaniquement
  • Les progressions depuis un niveau très bas. Au Cambodge, en Géorgie ou en Ouzbékistan, le score moyen des élèves défavorisés en 2022 était inférieur à 400 points. Progresser de 40 points depuis ce niveau n'a pas le même sens qu'en France.
  • Les progressions liées à la couverture. Dans plusieurs pays, l'évolution de la population testée pèse sur le score moyen. L'OCDE construit un indicateur spécifique pour neutraliser cet effet.
  • Les progressions portées par le seul haut de la distribution. En Corée, à Macao, à Taipei chinois et aux Émirats arabes unis, l'amélioration vient des élèves forts et l'écart se creuse.
  • Les politiques isolées. PISA n'évalue aucune politique. Le rapport ne permet jamais d'attribuer une progression à une mesure particulière.

ch. 2, p. 103, p. 104-106, p. 121

Les huit systèmes les plus équitables et performants à la fois

Donnée Huit systèmes combinent plus de 75 % d'élèves au niveau 2 ou au-dessus en sciences et moins de 10 % de variance expliquée par l'origine sociale : B-S-J-Z (Chine), Canada, Estonie, Irlande, Japon, Corée, Lituanie et Macao (Chine). Tous, sauf la Lituanie pour la lecture, obtiennent en outre des résultats supérieurs à la moyenne OCDE dans les trois domaines.

L'OCDE assortit ce constat de la précaution habituelle : « bien que ces résultats n'impliquent pas que l'équité cause une performance plus élevée, ils indiquent que beaucoup des systèmes les plus efficaces pour limiter la faible performance et réduire les disparités socio-économiques tendent aussi à être des systèmes où la réussite globale est forte ».

Figure I.2.10, p. 110

27

Ce que PISA ne dit pas

Quinze conclusions que l'on entendra, et que les données ne permettent pas de tirer. Pour chacune, ce qui la rend abusive, et ce que le rapport dit réellement.

Conclusion abusivePourquoi elle l'est, et ce que dit réellement le rapport
01« Les élèves de primaire ont tel niveau PISA. »PISA évalue des élèves de 15 ans et 3 mois à 16 ans et 2 mois, ayant au moins six années de scolarité. Aucun score de CP, CE1, CE2, CM1 ou CM2 n'existe. Toute publication de ce type fabrique une donnée. p. 48
02« Telle méthode pédagogique est responsable du classement. »PISA ne teste aucune méthode. L'OCDE écrit que « PISA reflète les expériences d'apprentissage cumulées des élèves jusqu'à l'âge de 15 ans, plutôt que des résultats imputables à un moment précis ou à une politique particulière ». ch. 1, p. 52
03« Les écrans causent directement la baisse. »L'OCDE écrit textuellement : « ces tendances n'établissent pas de lien direct entre activités en ligne et baisse de la performance en lecture ». L'usage pour apprendre présente d'ailleurs un profil favorable jusqu'à cinq heures par jour. Encadré I.2.3, p. 98 ; Figure I.4.5, p. 229
04« Interdire le portable fait baisser les résultats. »Les élèves des établissements interdisant le portable ont des scores inférieurs de 4 points après contrôle social. L'OCDE écrit : « les données PISA ne permettent pas d'inférence causale. Les résultats peuvent plutôt suggérer que les systèmes moins performants sont plus susceptibles d'avoir introduit de telles interdictions comme mesures d'atténuation. » Tableau I.4.3, p. 235-236
05« L'IA fait baisser les résultats. »L'OCDE écrit : « ces relations n'impliquent pas nécessairement un impact négatif de l'usage de l'IA sur la performance, mais peuvent refléter un mélange complexe de qui adopte l'IA et de comment ils l'utilisent ». ch. 4, p. 239
06« Les enseignants sont responsables. »L'OCDE écrit : « cela ne signifie pas que les enseignants et les écoles sont directement responsables du déclin. Les écoles peuvent plutôt être le lieu où plusieurs pressions convergent. » Et en conclusion de l'encadré : ces hypothèses « n'attribuent de responsabilité ni aux élèves, ni aux enseignants, ni aux écoles, ni aux familles ». Encadré I.2.3, p. 97 et p. 100
07« L'immigration explique la baisse. »Double réfutation. D'une part : « PISA 2025 ne fournit aucune base à l'affirmation selon laquelle des proportions plus importantes d'élèves issus de l'immigration seraient liées à de moins bons résultats éducatifs dans les pays d'accueil ». D'autre part, l'OCDE calcule que la recomposition démographique explique environ 1,5 point sur les 25 de baisse en lecture. ch. 2, p. 141 ; Annexe A1, p. 310
08« Le confinement explique la baisse. »« Il n'existe pas de relation simple entre la durée des fermetures et les tendances de lecture ultérieures. » La Suède, sans fermeture, perd 21 points ; le Costa Rica, avec vingt semaines, n'enregistre aucun changement significatif. Le déclin était par ailleurs visible avant la pandémie. Encadré I.2.3, p. 99
09« Il faut plus d'équipement numérique. »Le nombre d'ordinateurs par élève est associé à zéro point de différence de score, avant comme après contrôle social. Le manque déclaré de ressources numériques est associé à 2 points après contrôle. Tableau I.4.2, p. 224
10« Il faut plus de budget. »La relation dépense-performance se découple au-delà d'environ 85 000 dollars cumulés par élève. L'OCDE écrit que « de bonnes politiques et des choix de dépense avisés prédisent bien mieux la performance PISA que le seul niveau de dépense par élève ». ch. 1, p. 54-55 ; Préface, p. 5
11« La France progresse en équité. »À manier avec prudence. L'écart social français se resserre de 21 points, avec une progression réelle des élèves défavorisés de 13 points, ce qui est favorable. Mais la France reste plus inégalitaire que la moyenne OCDE en niveau : 100 points d'écart contre 85, et 13,5 % de variance expliquée contre 11,6 %. Tableau I.2, p. 30-31 ; Tableau I.2.10, p. 120
12« Tel pays est classé Ne. »L'OCDE ne publie pas de rang. Elle indique que le classement rigoureux passe par des fourchettes de rangs, disponibles uniquement en ligne. Tout rang cité à l'unité ignore les intervalles de confiance. Annexe A3, p. 327
13« X points de baisse égalent Y mois de scolarité perdus. »L'OCDE écrit : « les lecteurs devraient éviter d'utiliser une estimation unique pour convertir une différence en équivalents d'années ou de mois de scolarité ». Deux raisons : le rythme d'apprentissage varie fortement selon les pays (de 10 points en Serbie à 28 en Écosse), et rien ne garantit qu'il reste constant. Aucune estimation n'existe pour la France. Encadré I.2.2 et Tableau I.2.7, p. 90-91
14« Les élèves sont moins engagés parce qu'ils bâclent le test. »L'OCDE a vérifié. La part d'élèves qui cochent toujours la même réponse sur une échelle mixte est plus faible en 2025 qu'en 2022 et 2018. La fatigue en cours de test ne joue pas de rôle significatif, et les écarts entre première et deuxième heure ne se sont pas creusés. Annexe A1, p. 317
15« Un écart social qui se resserre est un progrès. »« Un écart socio-économique plus petit peut résulter d'une performance stagnante chez les élèves défavorisés pendant que la performance des élèves favorisés décline. » C'est exactement ce qui est observé en moyenne OCDE. L'écart s'est réduit de 13 points parce que les favorisés ont perdu 8 points. ch. 2, p. 118 ; Tableau I.2.10, p. 120
Les six causalités inverses que l'OCDE signale elle-même

Le rapport est remarquablement explicite sur ce point. Six fois, il évoque le renversement possible du sens de la relation.

  • Interdiction du portable et performance : les systèmes moins performants ont pu adopter ces mesures en réaction.
  • Temps de devoirs et performance : les élèves les moins performants passent plus de temps sur leurs devoirs.
  • Aide aux devoirs par le personnel : l'OCDE emploie littéralement le terme de « causalité inverse », l'aide allant aux élèves en difficulté.
  • Soutien enseignant au niveau des systèmes : mécanisme compensatoire, les enseignants soutenant davantage les élèves en difficulté.
  • Absentéisme et performance : auto-sélection des élèves en difficulté.
  • Distraction numérique et sentiment d'appartenance : direction incertaine, possible renforcement mutuel.

ch. 4, p. 235, 247, 249-250, 252, 270, 233

Trois résultats fragiles, signalés par l'OCDE en note

Trois corrélations au niveau des systèmes disparaissent après exclusion de quelques pays atypiques. Elles ne doivent pas être citées sans cette réserve.

  • Interdictions de portable et temps de loisir numérique : r passe de 0,3 à 0,14 après exclusion de la République dominicaine, de la Hongrie et de la Nouvelle-Zélande.
  • Climat disciplinaire et performance, évolution 2015-2025 : r = 0,13 après exclusion de la Corée, du Kosovo et de la Türkiye.
  • Climat disciplinaire et performance, niveaux 2025 : r = 0,14 après exclusion de la Corée, du Japon, de B-S-J-Z (Chine), du Kenya et de l'Arabie saoudite. L'OCDE note toutefois que les corrélations de rang restent similaires, ce qui atténue cette réserve.

notes 14, 25 et 28, p. 276-278

La distinction qui structure tout le document

Ce que PISA mesure

Des tâches passées à 15 ans, dans des situations de la vie réelle, plus des questionnaires déclaratifs sur les attitudes, l'école et la famille.

Ce que PISA montre

Des scores, des répartitions par niveau, des écarts entre groupes, des tendances dans le temps, des corrélations entre indicateurs.

Ce que PISA suggère

Des associations, parfois assorties d'hypothèses explicatives que l'OCDE formule avec prudence, jamais des causes établies.

Ce que nous en déduisons

Une lecture pour l'école primaire française, construite à partir des descripteurs de compétence, signalée comme interprétation dans tout ce rapport.

Ce que nous ne pouvons pas affirmer

Les quinze conclusions ci-dessus, et toute attribution d'un résultat à 15 ans à une pratique, un niveau de classe ou une politique identifiée.

Partie VI

Les outils

Trois inventaires pour travailler : les chiffres, les figures du rapport original, et les briefs des infographies à produire.

28

Les 30 chiffres à retenir

Classés par thème. La colonne « confiance » qualifie la solidité de la donnée : élevée pour un chiffre imprimé dans le rapport, moyenne pour une valeur assortie d'une réserve méthodologique explicite de l'OCDE, à vérifier pour une valeur dont la significativité dépend d'un codage non reproduit ici.

ChiffreSignificationSourceConfiance
0191pays et économies participants en 2025, contre 81 en 2022p. 46-47élevée
02760 000élèves évalués, représentant environ 33 millions de jeunes de 15 ansp. 48élevée
03482moyenne OCDE en sciences, domaine majeur de 2025ch. 2, p. 70élevée
04461 / 463moyennes OCDE en lecture et en mathématiquesch. 2, p. 70élevée
05−7 / −27 / −24tendance décennale OCDE-35 en sciences, lecture, mathématiquesT. I.2.9, p. 101à vérifier
0620 %des jeunes de 15 ans de l'OCDE sont faibles dans les trois matières, contre 16 % en 2022Préface, p. 3élevée
0720 pointsgain annuel d'apprentissage typique autour de 15 ans, de 10 points en Serbie à 28 en ÉcosseT. I.2.7, p. 91moyenne
0826 % / 7,2 %part d'élèves sous le niveau 2 et aux niveaux 5-6 en sciences, moyenne OCDET. I.2.2, p. 77élevée
09259 pointsécart interdécile en sciences, le plus grand jamais mesuré par PISAch. 2, p. 91élevée
10−15 / −38 / −32évolution 2015-2025 au 25e percentile, sciences, lecture, maths, OCDE-23ch. 1, p. 57-58élevée
11−25 pointsrecul de la lecture entre 2018 et 2025, moyenne OCDE-35Annexe A1, p. 308élevée
1256 sur 74systèmes en baisse significative en lecture depuis 2018. Cinq progressent.Annexe A1, p. 308élevée
136,6 % → 11,4 %part de lecteurs hâtifs à l'épreuve de fluence, 2018 à 2025T. I.A1.15, p. 314élevée
1437 % / 25 %garçons et filles sous le niveau de base en lecture, moyenne OCDEch. 2, p. 133élevée
15+13 / +24avantage des garçons en mathématiques, à la moyenne et au 90e percentilech. 2, p. 131élevée
1612 %de la variation de performance en sciences expliquée par l'origine sociale, moyenne OCDEch. 2, p. 115élevée
1785 / 100écart favorisés-défavorisés en sciences, moyenne OCDE et FranceT. I.2, p. 30-31élevée
1837 % / 12 %élèves défavorisés et favorisés sous le niveau 2 en sciencesch. 2, p. 121élevée
19−13 / −21resserrement de l'écart social 2022-2025, moyenne OCDE et FranceT. I.2.10, p. 120à vérifier
2041 % / 21 %élèves immigrés et non immigrés socio-économiquement défavorisés, OCDE-29ch. 2, p. 139élevée
211,7 h / 1,1 husage numérique quotidien à l'école, pour apprendre et pour les loisirsch. 4, p. 226élevée
225 h / 1 hseuils au-delà desquels l'association change de sens, apprentissage et loisirFig. I.4.5-6, p. 229-230élevée
2328 %d'élèves déclarant une distraction numérique dans la plupart des cours de sciencesFig. I.4.7, p. 230élevée
240 pointde différence de score associée au nombre d'ordinateurs par élèveT. I.4.2, p. 224élevée
2514 % / 19 %élèves n'utilisant jamais l'IA, et l'utilisant quotidiennement pour apprendreFig. I.4.11-12, p. 237-238élevée
266 sur 10élèves apprenant en cours à évaluer une information générée par l'IA, contre 8 sur 10 en ligneEncadré I.4.2, p. 240élevée
2720 % / 3,2 %victimes d'au moins une forme de harcèlement, et de cyberharcèlementch. 4, p. 260 et 266élevée
28−59 / −48écart de score associé au cyberharcèlement, avant et après contrôle socialch. 4, p. 219élevée
2977 % → 71 %élèves dont les parents demandent ce qu'ils ont fait à l'école, 2022 à 2025ch. 4, p. 255élevée
3013 % → 16 %part du temps de classe consacrée au maintien de l'ordre, 2018 à 2024, données TALIS citées par l'OCDEEncadré I.2.3, p. 97moyenne
Huit chiffres français ajoutés par la note pays

Ces valeurs ne figurent pas dans le volume. Elles proviennent de la note nationale publiée par l'OCDE et sont arrondies à l'unité. Elles complètent le tableau ci-dessus sans en modifier la numérotation.

ChiffreCe qu'il mesureSource
6 501 / 289élèves et établissements de l'échantillon français, représentant 768 200 jeunes, soit 88 % de la classe d'âgeNote pays, p. 11
+12 / +11 / +4points de pourcentage d'élèves peu performants gagnés depuis 2015 en maths, lecture, sciencesNote pays, p. 4
+31points de score associés à la mentalité de développement en France, contre 28 en moyenne OCDENote pays, p. 8
14 / 19points associés à une unité de curiosité, France contre OCDE. Persévérance : 8 contre 13Note pays, p. 7
−24 / −11points associés à la distraction numérique en cours de sciences, France contre OCDENote pays, p. 9
54 % / 69 %élèves déclarant que le professeur s'intéresse aux progrès de chaque élève, France contre OCDENote pays, p. 9
74 % → 63 %parents demandant ce que l'enfant fait à l'école, France, 2022 puis 2025Note pays, p. 10
48 % → 34 %parents parlant des problèmes rencontrés à l'école, France, 2022 puis 2025Note pays, p. 10
29

Les 20 figures du rapport à retenir

Sur les quatre-vingts figures du volume, voici celles qu'il faut avoir sous les yeux, avec leur message et leur public.

RéférenceTitre traduitPageMessagePublic
Fig. I.1.2Les multiples dimensions de l'apprentissage53La matrice conceptuelle du volume : maîtrise, engagement, environnement sûr et équitable, familles et écoles soutenantes.Décideur
Fig. I.1.3Performance en sciences et dépenses d'éducation55Le découplage au-delà d'environ 85 000 dollars cumulés par élève. R² = 0,67.Décideur
Fig. I.1.6Tendances des élèves faibles et forts57Le décrochage se joue en bas : −38 points au 25e percentile en lecture contre −27 au 75e.Tous
Fig. I.1.9Apprenants engagés et apprenants performants60Maîtrise et engagement se recoupent sans se confondre : 50 %, 23 %, et 14 % à l'intersection.Directeur, décideur
Fig. I.1.12Mobilité sociale, état d'esprit et résilience65Le triangle des croyances : trois fois plus de chances de percevoir la mobilité sociale avec un état d'esprit de développement.Enseignant
Fig. I.2.2Variation de la performance entre et au sein des écoles7531 % de la variation entre écoles, 69 % au sein des écoles, en moyenne OCDE. La France est dans le tiers le plus segmenté.Décideur
Fig. I.2.3Niveaux de compétence des élèves en sciences79La traduction concrète du recul : 26 % sous le seuil, 7 % au sommet.Tous
Tab. I.2.2Description des niveaux agrégés de compétence en sciences77Les descripteurs exacts. Le document le plus utile de tout le rapport pour une équipe pédagogique.Enseignant
Fig. I.2.6Tendances de performance dans le temps95Vingt-cinq ans en une image. Pic en 2009 pour les sciences, 2012 pour la lecture, chute des mathématiques après 2018.Tous
Tab. I.2.9Tendances depuis 2015101La ligne France : −12, −44, −38 contre −7, −27, −24 pour la moyenne OCDE.Décideur
Fig. I.2.10Force du gradient social et part d'élèves au niveau 2110Les quatre quadrants de l'équité. Huit systèmes conjuguent inclusion et justice.Décideur
Fig. I.2.11Recouvrement des élèves faibles dans les trois matières11329 % des jeunes de 15 ans faibles partout, 49 % faibles quelque part, en incluant les non-scolarisés.Décideur
Tab. I.2.10Évolution de l'écart social 2022-2025120Le resserrement par le haut qui descend, et les rares exceptions dont la France fait partie.Décideur
Fig. I.2.17Privation des élèves12512 % des élèves déclarent une privation, avec des écarts de score de 52 à 64 points.Directeur
Fig. I.3.12Élèves vérifiant la fiabilité des sources170Plus de 81 % d'adhésion déclarée, mais 43 % préfèrent le bon sens aux études scientifiques.Enseignant
Tab. I.3.2Description des profils scientifiques17346,4 % de profil scientifique fort, 37,5 % de profil non restrictif, 10,9 % de profil non scientifique. Scores associés : 532, 466, 434.Enseignant
Fig. I.4.5-6Temps numérique à l'école et performance229-230Les deux seuils, cinq heures pour apprendre, une heure pour les loisirs.Tous
Fig. I.4.11Usage des chatbots pour le travail scolaire237Quatre finalités, cinq fréquences. « M'aider à apprendre » domine, et 19 % l'utilisent quotidiennement.Tous
Fig. I.4.31Exposition au harcèlement et performance266L'ordre de force est l'inverse de l'ordre de prévalence. Le cyberharcèlement, le plus rare, est le plus associé.Directeur
Fig. I.5.13Occasions d'apprentissage environnemental en classe303Quatre types, de 31 % pour la sortie de terrain à 50 % pour la recherche en classe.Enseignant, directeur
Les pages sont celles de la pagination imprimée du rapport. Deux tableaux sont inclus dans cette sélection parce qu'ils fonctionnent comme des figures de référence.
30

Vingt infographies à produire

Briefs prêts à passer en production. Chacun précise le format, la hiérarchie visuelle, les données, la forme graphique et l'emplacement des sources. Les règles visuelles communes figurent en fin de section.

1 · PISA 2025 en 60 secondes

Format A4 portrait ou 1080 × 1350. Titre « PISA 2025 ». Sous-titre « 91 pays, 760 000 élèves, un domaine majeur : les sciences ». Données quatre tuiles de chiffres (91 / 760 000 / 482 / 26 %), puis quatre pastilles domaines. Graphique aucun, uniquement de la typographie hiérarchisée. Source pied de page, deux lignes.

2 · La France face à l'OCDE

Format paysage 16:9. Forme barres divergentes horizontales, écart France moins OCDE sur quinze indices, triées du plus positif au plus négatif. Couleurs teal pour positif, brique pour négatif, gris neutre entre −0,05 et +0,05. Annotation deux accolades : « croyances favorables » en haut, « conditions défavorables » en bas.

3 · La chute de la lecture

Format portrait. Forme courbe unique 2000-2025 de la moyenne OCDE, avec pic marqué en 2012 et deux annotations sur 2018-2022 et 2022-2025. Encart la barre des lecteurs hâtifs, 6,6 % → 11,4 %. Alerte bandeau brique : « 56 systèmes sur 74 en baisse ».

4 · Les mathématiques depuis 2015

Forme courbe 2003-2025 montrant le plateau jusqu'en 2018 puis la chute. Deuxième niveau barres empilées de l'écart de genre par percentile : +3 au 10e, +13 à la moyenne, +24 au 90e. Message « la chute est tardive, et l'écart de genre se joue en haut ».

5 · Les sciences en 2025

Forme triptyque des trois compétences (eps, ede, eid) avec leur définition en une ligne et le score France / OCDE. Graphique trois jauges horizontales courtes. Encart les trois formes de connaissance : contenu, procédurale, épistémique.

6 · Les inégalités scolaires

Forme deux panneaux. À gauche, barres de l'écart social 85 / 100. À droite, la décomposition du resserrement : +5 et −8 pour l'OCDE, +13 et −8 pour la France. Alerte « un écart qui se resserre n'est pas forcément un progrès ».

7 · Le profil de l'élève future-ready

Forme diagramme de Venn à deux cercles : performants 50 %, engagés 23 %, intersection 14 %. Autour douze pastilles de composantes avec leur valeur OCDE. Couleurs bleu et teal, intersection en ochre.

8 · CP → CM2 → PISA

Format paysage large ou A3. Forme frise à sept étapes avec la compétence déterminante sous chacune. Bandeau supérieur « les résultats observés à 15 ans ne commencent pas à 15 ans ». Mention obligatoire « jalons pédagogiques, pas de scores PISA ».

9 · Les fondamentaux

Forme pyramide inversée à quatre niveaux : décoder, automatiser, comprendre, raisonner. Chaque niveau porte le volume d'attention qu'il libère pour le suivant. Couleur dégradé d'une seule teinte, du clair au foncé.

10 · Lire, comprendre, interpréter, vérifier, raisonner

Forme chaîne horizontale à six maillons avec un liseré de couleur sur les trois derniers. Annotation zone de recul à 15 ans sur les trois derniers, zone de construction au primaire sur les trois premiers.

11 · Calcul, problème, raisonnement, transfert

Forme quatre paliers en escalier ascendant, avec la classe pivot en étiquette. Encart les six constructions précoces du §8. Couleur ochre, une seule teinte en dégradé.

12 · Observer, questionner, expliquer, vérifier

Forme cycle fermé à quatre étapes, flèche de retour marquée. Encart latéral les descripteurs du niveau 2 de PISA en regard de chaque étape. Message « la démarche d'investigation est la traduction scolaire de ce que PISA mesure ».

13 · Numérique, outil ou distraction

Forme deux courbes superposées sur le même axe horizontal du temps d'usage, avec deux lignes verticales de seuil à 1 h et 5 h. Mention obligatoire les valeurs de score par tranche ne sont pas publiées dans le rapport imprimé : ne représenter que la forme qualitative, pas des valeurs.

14 · IA, assistant ou béquille

Forme barres empilées à 100 % pour les quatre finalités, ordonnées par prévalence. Encart le résultat d'interaction : usage hebdomadaire plus apprentissage critique. Alerte « la fracture porte sur l'apprentissage critique, pas sur l'accès aux outils ».

15 · Climat, engagement, apprentissage

Forme schéma à trois blocs reliés, avec les nombres de pays où chaque association est observée. Encart les trois mouvements contradictoires depuis 2022 : harcèlement en hausse, climat jugé plus négatif, sentiment de sécurité en hausse.

16 · Les 25 leviers pédagogiques

Format A3 ou poster. Forme grille de 25 cases regroupées en quatre familles, chaque case portant son numéro, son intitulé court, son niveau et sa pastille de niveau de preuve. Légende obligatoire des quatre niveaux de preuve.

17 · Les 10 priorités du CP

Format A4 portrait, affichable en salle des maîtres. Forme liste numérotée avec pictogramme discret, plus une bande latérale des cinq indicateurs vérifiables. Aucun graphique.

18 · Les 10 priorités du CM2

Même gabarit que le 17, pour former une paire visuelle. Bande latérale les cinq erreurs à éviter plutôt que les indicateurs, pour varier l'entrée.

19 · CM2 vers la sixième

Forme tableau à deux colonnes, ce qui se poursuit et ce qui change, avec une ligne de démarcation verticale forte. Encart les gestes du métier d'élève à transmettre : demande d'aide, fixation d'objectifs, relecture.

20 · PISA 2025 en une page

Format A4 recto seul, destiné à circuler. Forme quatre quadrants : le monde, la France, l'école primaire, ce qu'on ne peut pas conclure. Chaque quadrant trois chiffres et une phrase. Pied de page source complète et date.

Règles visuelles communes

Palette
  • Encre bleu pétrole #3179ad pour la moyenne OCDE et les repères neutres.
  • Signal brique #c8452a pour la France et pour les alertes. Une seule couleur d'alerte, jamais deux.
  • Appui teal #0f9b8e et ochre #b07c14 pour les troisième et quatrième séries.
  • Fond gris légèrement bleuté plutôt que blanc pur, pour éviter l'effet diaporama administratif.
  • Cette palette a été validée sur les six contrôles de lisibilité, y compris les trois formes de daltonisme, en mode clair et en mode sombre.
Typographie
  • Titres une grotesque condensée, en graisses lourdes, avec un interlettrage resserré.
  • Texte courant une serif d'écran, corps 16 à 18 px, longueur de ligne proche de 65 signes.
  • Chiffres et étiquettes une monospace, en chiffres tabulaires, pour que les colonnes s'alignent.
  • Les intitulés en capitales reçoivent un interlettrage augmenté.
Hiérarchie et graphiques
  • Une idée par planche. Le titre énonce le message, pas le sujet.
  • Une seule échelle par graphique. Jamais deux axes verticaux : deux mesures d'échelles différentes appellent deux graphiques.
  • Marques fines, extrémités arrondies, deux pixels de respiration entre barres adjacentes.
  • Étiquettes de valeur sélectives, jamais sur chaque point.
  • Grilles et axes en retrait, jamais plus contrastés que les données.
  • Le texte porte une couleur de texte, jamais la couleur de la série.
  • Toute échelle tronquée est signalée explicitement.
Sources et mentions
  • Source en pied de planche, en monospace, corps réduit : référence du chapitre, numéro de figure ou de tableau, page imprimée.
  • Mention obligatoire sur toute planche concernant le primaire : « jalons pédagogiques, pas de résultats PISA ».
  • Mention obligatoire sur toute planche présentant une corrélation : « association, pas causalité ».
  • Légende des niveaux de preuve présente dès qu'une planche mélange données et interprétations.
Partie VII

Quatre lectures du même rapport

Le même matériau, adressé à quatre destinataires. Chacune de ces quatre sections se lit seule.

31

Version enseignant : ce que je peux faire dans ma classe

Pour chaque niveau : dix actions, cinq indicateurs, cinq erreurs, cinq priorités. Toutes relèvent du niveau Interprétation. PISA n'évalue aucun élève du primaire et ne valide aucune pratique pédagogique.

CP
Dix actions
  1. Enseigner le code de manière explicite et systématique
  2. Ne donner à lire que du déchiffrable tant que le code s'installe
  3. Faire lire à voix haute chaque élève chaque jour
  4. Relever la fluence trois fois dans l'année
  5. Tenir un temps quotidien de compréhension orale sur texte long
  6. Enseigner le vocabulaire en réseaux, avec réactivation
  7. Faire écrire une phrase par jour, avec encodage
  8. Automatiser les faits numériques par rituels de cinq minutes
  9. Faire schématiser chaque problème avant l'écriture
  10. Installer le vocabulaire du métier d'élève
Cinq indicateurs
  • Mots correctement lus par minute, trois relevés
  • Part d'élèves encodant une phrase dictée sans aide
  • Durée d'attention tenue sur une tâche d'écriture
  • Part d'élèves reformulant une consigne
  • Part d'élèves formulant ce qu'ils ne comprennent pas
Cinq erreurs
  • Confondre vitesse et fluence
  • Arrêter la compréhension orale dès que la lecture démarre
  • Donner du non-déchiffrable trop tôt
  • Traiter le vocabulaire comme un effet secondaire
  • Chercher l'autonomie sur des tâches nouvelles
Cinq priorités
  1. Le code, avant tout le reste
  2. La compréhension orale, très au-delà de l'écrit
  3. Le vocabulaire, enseigné et non rencontré
  4. Les faits numériques, automatisés par la fréquence
  5. Le temps d'apprentissage, protégé
CE1
Dix actions
  1. Chronométrer des relectures courtes chaque semaine
  2. Allonger progressivement les textes lus en autonomie
  3. Faire résumer oralement un texte d'une page
  4. Enseigner l'accord dans le groupe nominal jusqu'à l'automatisme
  5. Faire copier sans erreur, avec vérification par l'élève
  6. Tenir un rituel de calcul mental quotidien de cinq minutes
  7. Faire produire la représentation d'un problème avant tout calcul
  8. Exiger la justification : « je sais que, parce que »
  9. Installer la relecture systématique avant de rendre
  10. Suivre individuellement les temps de réponse sur les faits de base
Cinq indicateurs
  • Mots correctement lus par minute, seuil connu de l'élève
  • Part d'élèves résumant un texte d'une page
  • Temps de réponse moyen sur les faits numériques
  • Part d'élèves schématisant spontanément
  • Nombre de corrections faites par l'élève sur sa copie
Cinq erreurs
  • Passer à la compréhension fine avec un décodage instable
  • Multiplier les supports courts
  • Faire du calcul mental une performance collective
  • Valoriser la réponse juste plus que la justification
  • Renoncer au vocabulaire faute de temps
Cinq priorités
  1. La fluence, mesurée et suivie
  2. L'endurance de lecture, construite
  3. Le calcul, automatisé par la fréquence
  4. La schématisation, devenue réflexe
  5. La relecture, installée comme geste
CE2
Dix actions
  1. Donner un texte long par semaine, avec tâche exigeant tout le texte
  2. Enseigner l'inférence explicitement, en la nommant
  3. Faire dire sur quel indice repose chaque inférence
  4. Traiter le vocabulaire disciplinaire avant la lecture
  5. Faire écrire pour rendre compte de ce qu'on a compris
  6. Introduire le résumé, très guidé
  7. Donner des problèmes à deux étapes, énoncés non chronologiques
  8. Installer trois représentations mathématiques et les réutiliser
  9. Faire une expérience avec une seule variable qui change
  10. Faire dire ce que les résultats ne permettent pas de conclure
Cinq indicateurs
  • Longueur de texte lu en autonomie avec compréhension vérifiée
  • Part d'élèves justifiant leur inférence par un indice
  • Part d'élèves utilisant une représentation sans consigne
  • Part d'élèves donnant un ordre de grandeur avant calcul
  • Part d'élèves distinguant observation et interprétation
Cinq erreurs
  • Traiter la compréhension comme un questionnaire
  • Rester sur des textes courts pour protéger les élèves
  • Faire une démarche d'investigation sans variable contrôlée
  • Donner la représentation au lieu de la faire produire
  • Corriger sans faire verbaliser le chemin
Cinq priorités
  1. Le texte long, délibérément
  2. L'inférence, enseignée
  3. Le vocabulaire disciplinaire, anticipé
  4. Les représentations, stabilisées
  5. Les limites d'un résultat, formulées
CM1
Dix actions
  1. Faire produire un résumé sans le texte sous les yeux
  2. Utiliser ces résumés pour repérer ce qui n'est pas compris
  3. Faire repérer un point de vue dans un texte
  4. Distinguer argument et exemple, explicitement
  5. Travailler la fraction sur la ligne graduée avant toute règle
  6. Faire dire pourquoi une situation n'est pas proportionnelle
  7. Donner des problèmes avec données inutiles
  8. Faire lire un graphique dans chaque discipline
  9. Faire repérer une valeur atypique et la questionner
  10. Installer un critère unique de fiabilité d'une source
Cinq indicateurs
  • Exhaustivité des idées principales dans les résumés
  • Part d'élèves comparant deux fractions sans algorithme
  • Part d'élèves écartant une donnée inutile sans consigne
  • Part d'élèves disant ce qu'un graphique ne dit pas
  • Part d'élèves réutilisant le critère hors de sa séance
Cinq erreurs
  • Opérer sur les fractions avant qu'elles soient des nombres
  • Réduire la proportionnalité au produit en croix
  • Faire de l'esprit critique une séance isolée
  • Accepter un résumé phrase à phrase
  • Réserver les graphiques aux mathématiques
Cinq priorités
  1. Le résumé, sans support
  2. La fraction, comme nombre
  3. Le tri de l'information
  4. Les données, partout
  5. Un critère de fiabilité, réutilisé
CM2
Dix actions
  1. Faire lire un texte long par semaine
  2. Faire comparer deux documents divergents par période
  3. Exiger la citation du passage qui justifie la réponse
  4. Faire construire des représentations de données
  5. Appliquer un critère de fiabilité toute l'année
  6. Appliquer ce critère à un contenu généré par une IA
  7. Faire planifier un travail sur plusieurs jours
  8. Enseigner la demande d'aide : quand, à qui, pour dire quoi
  9. Enseigner la fixation d'objectifs : un but, un délai, un critère
  10. Évaluer la relecture et le contrôle pour eux-mêmes
Cinq indicateurs
  • Part d'élèves restituant les idées d'un texte de trois pages
  • Part d'élèves citant le passage justifiant leur réponse
  • Part d'élèves repérant une divergence entre deux documents
  • Part d'élèves formulant une demande d'aide précise
  • Part d'élèves tenant un plan sur plusieurs jours sans relance
Cinq erreurs
  • Traiter la liaison avec la sixième comme une visite
  • Confondre autonomie et absence d'accompagnement
  • Réserver l'esprit critique à l'éducation aux médias
  • Évaluer la seule réponse juste
  • Supposer que demander de l'aide va de soi
Cinq priorités
  1. Le texte long et le croisement de sources
  2. La justification par la preuve
  3. Le critère de fiabilité, y compris face à l'IA
  4. La demande d'aide, enseignée
  5. La fixation d'objectifs, enseignée
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Version directeur d'école : plan d'action pour une école

Douze entrées, dans l'ordre d'un projet d'école. Chacune indique ce que PISA permet de dire, et ce qu'elle laisse à la décision locale.

EntréeCe que PISA permet d'appuyerCe qui relève de la décision locale
DiagnosticDistinguer trois questions : le niveau moyen, la part d'élèves sous le seuil, et l'écart entre les extrêmes. PISA montre qu'un système peut voir sa moyenne stable pendant que son bas décroche.Choisir les indicateurs locaux : fluence, résolution de problèmes, absentéisme, participation aux échanges avec les familles.
PrioritésTrois cibles ressortent des données : la lecture de textes longs, l'évaluation de l'information, et l'autorégulation (demande d'aide, fixation d'objectifs).N'en retenir qu'une ou deux par année. Une priorité qui n'exclut rien n'est pas une priorité.
FormationL'activation cognitive est le seul levier du rapport dont la relation aux attitudes résiste au contrôle de la performance. L'OCDE recommande de soutenir les enseignants dans la conception de tâches exigeant explication, raisonnement et réflexion.Le format : observation croisée, analyse de séances, conception collective. PISA ne dit rien du format.
Travail d'équipe31 % de la variation de performance se situe entre écoles, 69 % au sein des écoles. La cohérence interne pèse donc davantage que la comparaison externe.Les objets de continuité choisis : progression de fluence, gestes du métier d'élève, critères de justification.
ÉvaluationL'OCDE signale un recul de l'usage des données pour planifier des actions d'amélioration, tout en précisant que ce recul n'est pas systématiquement associé à des tendances plus négatives.Décider quoi relever, à quelle fréquence, et ce qu'on en fait. Une donnée non utilisée coûte du temps sans rien produire.
LectureLe recul porte d'abord sur les textes longs et les processus de haut niveau. Les tâches de prélèvement d'une information isolée résistent.Le dispositif : quart d'heure de lecture, lecture offerte, carnets, défis. PISA n'en valide aucun.
MathématiquesLa chute est tardive et portée par le bas de la distribution. La corrélation sciences-mathématiques est la plus forte du rapport (0,88).Le choix entre consolidation des automatismes et travail sur la résolution de problèmes, ou leur articulation.
SciencesLa définition 2025 déplace le centre de gravité vers l'usage critique de l'information scientifique. La compétence « évaluer et utiliser l'information pour décider » est la force relative française.Le point d'appui : projet EDD, démarche d'investigation, éducation aux médias, ou les trois.
NumériqueNi tout ni rien. Seuil d'une heure par jour pour l'usage récréatif sur temps scolaire, cinq heures pour l'usage d'apprentissage. Deux politiques d'établissement seulement sont associées à moins de distraction.La règle interne et sa mise en œuvre. L'OCDE rappelle qu'aucune inférence causale n'est possible.
Intelligence artificielleCe qui distingue les élèves n'est pas le volume d'usage mais l'articulation entre usage et apprentissage de l'évaluation critique. Élargir l'accès sans accompagnement « a peu de chances de produire des bénéfices ».À quel niveau introduire quoi, et sous quelle forme. PISA n'observe aucun élève du primaire.
Climat scolaireL'OCDE valide empiriquement l'approche globale d'établissement contre le harcèlement, et écrit qu'elle apparaît « plus étroitement associée à des niveaux plus faibles de harcèlement que des mesures isolées ».L'articulation avec les dispositifs nationaux et les partenariats locaux.
Relation aux famillesL'association positive passe par l'intérêt pour le quotidien scolaire, pas par les discussions sur l'avenir. Le soutien familial déclaré a baissé partout, et particulièrement en France.Le canal et la forme du dialogue. Une information descendante ne produit pas un échange quotidien.
Liaison CM2-sixièmeIl reste quatre années entre le CM2 et PISA. Ce qui se transmet le mieux, ce sont les gestes de travail, pas les contenus.Le contenu concret de la liaison, et ce que l'on décide de suivre après le départ des élèves.
Cinq questions à poser en conseil des maîtres
  1. Combien de textes longs un élève lit-il en entier, par période, dans notre école ? C'est l'entrée la plus directe dans la difficulté identifiée par PISA.
  2. À quel niveau enseignons-nous explicitement à demander de l'aide et à se fixer un objectif ? Ce sont les deux points faibles français les plus nets, et ils sont chiffrés : à 15 ans, 33 % des élèves français planifient souvent leur travail et 71 % osent demander de l'aide à leur enseignant, contre 37 % et 77 % en moyenne OCDE.
  3. Avons-nous un critère commun de fiabilité d'une source, du CE2 au CM2 ? Un critère unique réutilisé vaut mieux qu'une grille jamais mobilisée.
  4. Que faisons-nous du temps consacré au maintien de l'ordre ? Trois points de pourcentage de temps de classe, à l'échelle d'une année, représentent plusieurs semaines.
  5. Qu'est-ce que nous demandons aux familles, concrètement ? Si la réponse est « suivre le travail », PISA suggère de la reformuler en « demander ce que l'enfant a fait et appris aujourd'hui ». En France, la part de jeunes à qui cette question est posée chaque semaine est passée de 74 % à 63 % en trois ans, et celle des conversations sur les difficultés de 48 % à 34 %.
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Version parent : ce que cela signifie pour mon enfant

Une page, en langage simple.

De quoi parle-t-on

Tous les trois ans, l'OCDE fait passer un test à des élèves de 15 ans dans le monde entier. En 2025, ils étaient 760 000 dans 91 pays. Le test ne porte pas sur le programme scolaire : il regarde si les jeunes savent se servir de ce qu'ils ont appris dans des situations de la vie courante. Aucun élève de l'école primaire ne passe ce test.

Ce que montrent les résultats

  • Les résultats baissent presque partout, et pas seulement en France. C'est la lecture qui recule le plus.
  • Ce sont les élèves les plus en difficulté qui perdent le plus. Les écarts se creusent par le bas.
  • Ce qui recule le plus, ce n'est pas la capacité à lire des mots, c'est la capacité à rester concentré sur un texte long, à relier plusieurs informations, à juger si une information est fiable.
  • De plus en plus de jeunes répondent vite et faux plutôt que de prendre le temps. Cette part a presque doublé entre 2018 et 2025.
  • La France est dans la moyenne en sciences, un peu en dessous en lecture et en mathématiques, et recule plus vite que la moyenne sur dix ans.
  • Les élèves français croient beaucoup en leur capacité à progresser. Ils sont 81 % à penser que l'intelligence se développe par le travail et l'effort, contre 69 % en moyenne. C'est un point fort, et c'est celui qui rapporte le plus : en France, l'écart de résultats entre ces élèves et ceux qui pensent le contraire est de 31 points, contre 28 en moyenne.

Ce que vous pouvez faire

Demandez ce qu'il a fait aujourd'hui

C'est la question dont les données montrent le lien le plus net avec la réussite. En France, 74 % des jeunes disaient en 2022 que leurs parents la posaient chaque semaine. En 2025, ils ne sont plus que 63 %.

Parlez aussi des difficultés

En France, seul un jeune sur trois dit que ses parents lui parlent chaque semaine des problèmes qu'il rencontre à l'école. Ils étaient près d'un sur deux en 2022. C'est la baisse la plus forte de toutes celles mesurées.

Dites ce que vous attendez

À résultats scolaires égaux, les enfants de familles moins favorisées envisagent beaucoup moins des études supérieures. Les attentes exprimées par les parents expliquent 40 % de cet écart.

Lisez devant lui

Les jeunes dont les parents lisent, ou disent aimer lire, déclarent davantage de plaisir à lire. Ce plaisir a aussi reculé chez les adultes.

Protégez des temps longs sans écran

Ce n'est pas l'écran en soi qui pose question, c'est l'usage de loisir pendant le temps scolaire, et la difficulté à rester longtemps sur une même tâche.

Laissez chercher avant d'aider

Puis aidez votre enfant à dire précisément ce qu'il ne comprend pas. Savoir demander de l'aide est justement l'un des points faibles des élèves français.

Ce que ces résultats ne disent pas

Ils ne disent pas que votre enfant est en difficulté. Ils ne disent pas non plus que les écrans, les enseignants ou le confinement sont responsables de la baisse : l'OCDE écarte explicitement chacune de ces explications simples. Et ils ne donnent aucun résultat pour les classes du primaire.

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Version décideur : dix priorités

Classées selon cinq critères. L'impact potentiel et le niveau de preuve sont appuyés sur PISA ; le coût, la faisabilité et le délai relèvent d'une appréciation qui n'engage que ce document.

PrioritéImpactCoûtFaisabilitéDélaiPreuveAncrage
01Protéger et étendre le temps de lecture de textes longsélevéfaibleélevée3 à 5 ansDonnéeLa longueur du texte est un moteur fort du recul, sur toute la période 2018-2025.
02Former à l'activation cognitiveélevémoyenmoyenne5 ansRapportSeul levier dont la relation aux attitudes résiste au contrôle de la performance.
03Enseigner explicitement l'autorégulation : demande d'aide, fixation d'objectifsélevéfaiblemoyenne3 ansDonnéeLes deux plus grands écarts défavorables du profil attitudinal français.
04Cibler les ressources sur les élèves et les établissements en difficultéélevéélevémoyenne5 à 10 ansDonnéeLe recul est porté par le bas de la distribution. 37 % des élèves défavorisés sont sous le niveau 2.
05Faire de l'évaluation critique de l'information un objet d'enseignement continuélevéfaiblemoyenne3 à 5 ansDonnée43 % des élèves préfèrent le bon sens aux études scientifiques ; 37,5 % ont un profil non restrictif.
06Traiter la fracture d'apprentissage critique de l'IA, pas la fracture d'accèsélevémoyenmoyenne3 ansRapport6 élèves sur 10 apprennent à évaluer un contenu généré ; les élèves défavorisés moins souvent.
07Agir sur l'assiduité, dès l'école élémentairemoyenmoyenmoyenne3 ansDonnéeAbsence au moins bimensuelle en quatrième année : 10,7 % en 2019, 14,8 % en 2023.
08Traiter le harcèlement comme un problème systémique d'établissementmoyenfaibleélevée3 ansRapportL'approche globale est associée à des niveaux plus faibles que les mesures isolées.
09Réguler l'usage récréatif du numérique sur temps scolairemoyenfaibleélevée1 à 3 ansHypothèseAssociation claire au-delà d'une heure par jour, mais l'OCDE écarte toute inférence causale.
10Réorienter la dépense vers l'usage plutôt que vers le volumemoyennulfaible5 à 10 ansDonnéeDécouplage dépense-performance au-delà d'environ 85 000 dollars cumulés par élève. Zéro point de différence associée au nombre d'ordinateurs par élève.
Impact, coût, faisabilité et délai : appréciation de ce document, non issue de PISA. Niveau de preuve : solidité du constat de départ. PISA n'évalue aucune politique publique et ne permet d'attribuer aucun résultat à une mesure identifiée.
Ce que l'OCDE recommande elle-même, dans sa préface

Le Secrétaire général de l'OCDE formule quatre orientations : la focalisation, avec des attentes élevées et constantes en lecture, mathématiques et sciences ; la profondeur plutôt que l'étendue, « mieux vaut enseigner un ensemble restreint de sujets essentiels assez bien pour une maîtrise réelle que parcourir superficiellement une longue liste » ; la cohérence du système, curriculum, enseignement et évaluation devant se renforcer plutôt que se contredire ; et des enseignants équipés de compétences pédagogiques pratiques, pas seulement de connaissances disciplinaires.

Sur l'IA, il ajoute : « elle devrait être utilisée de manière ciblée pour le retour et la pratique personnalisée. Elle devrait s'ajouter à l'apprentissage par l'effort des élèves plutôt que le remplacer, puisque la compréhension réelle vient de ce que l'on fait par la pensée, pas de ce qu'un outil fait à notre place. »

Préface, p. 4

Partie VIII

Clôture

Le message, la frise finale, le contrôle qualité et les sources.

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PISA 2025, le message essentiel

Ce qui recule le plus, à 15 ans, n'est pas la capacité à lire des mots. C'est la capacité à rester longtemps sur un texte, à relier plusieurs informations et à juger si elles tiennent.

Ce que nous savons

  • La performance moyenne des pays de l'OCDE est au niveau le plus bas jamais mesuré dans les trois domaines, et le recul était engagé avant la pandémie.
  • La lecture recule le plus : 28 points en dix ans, 25 points depuis 2018, dans 56 systèmes sur 74.
  • Le recul est porté par le bas de la distribution. Les scores des 10 % les plus faibles en sciences sont les plus bas jamais enregistrés depuis 2006.
  • Les compétences qui reculent le plus sont celles qui exigent une attention soutenue : textes longs, intégration de plusieurs éléments, évaluation de l'information.
  • La part d'élèves qui répondent vite et faux a presque doublé à l'épreuve de fluence, de 6,6 % à 11,4 %.
  • Ce recul n'est pas un artefact de mesure. L'OCDE l'a vérifié item par item, position par position, et sur le comportement de réponse au questionnaire.
  • L'engagement recule en même temps que la performance, et les deux reculs vont de pair pays par pays.
  • Le sentiment d'appartenance et le climat disciplinaire, eux, s'améliorent.
  • Des systèmes progressent, et certains progressent en performance et en équité à la fois.

Ce que nous pouvons raisonnablement déduire

  • Que les conditions d'accès aux compétences mesurées à 15 ans se construisent bien avant, et que l'automatisation du décodage et du calcul est ce qui libère l'attention nécessaire au reste.
  • Que la lecture de textes longs, l'évaluation d'une source et le croisement de documents relèvent d'un enseignement explicite, pas d'une exposition.
  • Que la demande d'aide et la fixation d'objectifs sont des compétences enseignables, et que ce sont précisément les deux points faibles les plus nets des élèves français.
  • Que la question du numérique se pose en termes de finalité et de dose, pas de présence ou d'absence.
  • Que l'intelligence artificielle se prépare par la littératie critique plutôt que par l'équipement.

Ce que nous ne savons pas

  • Pourquoi le recul a commencé. L'OCDE propose quatre forces complémentaires et refuse explicitement d'en désigner une.
  • Si les pratiques proposées dans ce document produisent les effets attendus. PISA n'évalue aucune pratique pédagogique.
  • Ce qui se passe exactement dans l'école primaire française, puisque la France fait partie des trois pays dont les résultats PISA baissent alors que les résultats PIRLS de fin de CM1 étaient stables.
  • Dans quel sens vont la plupart des relations mesurées. L'OCDE évoque elle-même six causalités possiblement inverses.
  • Si le recul de la lecture reflète un rôle moins central des compétences de lecture à l'ère des grands modèles de langage. L'OCDE écrit que « le débat transcende le pouvoir des données PISA et doit aussi être informé par des valeurs et des visions du monde ».

Annexe A1, p. 318

Ce qu'il faudrait mesurer

  • La fluence et l'endurance de lecture au primaire, de façon comparable dans le temps.
  • Le comportement de réponse des élèves plus jeunes : la hâte apparaît-elle avant 15 ans, et quand.
  • L'effet d'interventions pédagogiques identifiées, ce que PISA ne fait pas et n'a pas vocation à faire.
  • L'exposition réelle aux textes longs sur une scolarité, qu'aucune enquête internationale ne documente aujourd'hui.
  • La qualité, et non la seule présence, des occasions d'apprentissage. L'OCDE signale elle-même cette limite pour l'éducation à l'environnement.

Ce que l'école primaire peut faire dès maintenant

  1. Mesurer la fluence et la suivre, parce que c'est la condition d'accès à tout le reste.
  2. Faire lire un texte long par semaine, avec une tâche qui exige d'avoir tout lu.
  3. Enseigner l'inférence et l'évaluation d'une source comme on enseigne une technique.
  4. Installer un critère de fiabilité, unique et réutilisé toute l'année, du CE2 au CM2.
  5. Enseigner la demande d'aide et la fixation d'objectifs, explicitement.
  6. Rendre la relecture et le contrôle obligatoires, et les évaluer pour eux-mêmes.
  7. Distinguer nettement l'usage du numérique pour apprendre et pour se détendre.
  8. Déplacer le dialogue avec les familles vers ce que l'enfant a fait et appris aujourd'hui.
  9. Traiter le climat comme une ressource d'apprentissage, avec des routines stables plutôt que des réactions au cas par cas.
  10. Protéger le temps d'enseignement effectif, parce que ce qui s'y perd ne se rattrape pas ailleurs.
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🇫🇷 Du CP à 15 ans

Les résultats observés à 15 ans ne commencent pas à 15 ans.
La frise complète, et la compétence déterminante de chaque étape
Sous chaque étape, ce dont l'absence bloque la suivante.
CP Décoder Fondations CE1 Ne plus y penser Automatisation CE2 Construire du sens Compréhension CM1 Enchaîner des arguments Raisonnement CM2 Réutiliser ailleurs Transfert 6e → 3e Tenir seul Complexification 15 ANS S'engager sans enjeu PISA CE QUE L'ÉCOLE PRIMAIRE CONSTRUIT Cinq années pour automatiser le décodage et le calcul, installer la compréhension, puis le raisonnement, et transmettre les gestes du métier d'élève. CE QUE PISA MESURE Deux heures de tâches de la vie réelle, sans enjeu, quatre ans après le départ de l'école primaire. Les colonnes CP à CM2 sont des jalons pédagogiques, construits à partir des descripteurs de compétence publiés par l'OCDE. Ce ne sont ni des scores PISA, ni des attendus officiels des programmes français. PISA n'évalue aucun élève de l'école élémentaire.
CP
Décoder
Sans quoi rien de ce qui suit n'est accessible.
CE1
Automatiser
Sans quoi l'attention reste prise par le code.
CE2
Comprendre
Sans quoi lire pour apprendre reste impossible.
CM1
Raisonner
Sans quoi l'information reste une collection de faits.
CM2
Transférer
Sans quoi rien ne survit au changement de contexte.
Collège
Tenir seul
Sans quoi l'autonomie exigée devient un abandon.
15 ans
S'engager
Sans quoi la compétence existe et ne se mobilise pas.
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Contrôle qualité

Les dix vérifications appliquées à ce document, et leur résultat. Cette section existe pour que le lecteur puisse contrôler le contrôle.

VérificationRésultat
01Chaque statistique est-elle réellement présente dans le rapport ?Oui, à une exception près, signalée : les valeurs de score par tranche d'usage numérique (Figures I.4.5 et I.4.6) ne sont pas publiées dans le rapport imprimé. Ce document représente donc la distribution des élèves, qui l'est, et rapporte les seuils textuellement énoncés par l'OCDE, sans tracer de courbe de score.
02Chaque chiffre possède-t-il sa source ?Oui. Chapitre, figure ou tableau, page imprimée. Les renvois utilisent la pagination du rapport, égale au numéro de page du PDF diminué de deux. Les chiffres issus de la seconde source portent la mention Note pays France et sa pagination propre.
03Les chiffres français sont-ils distingués des moyennes OCDE ?Oui. Chaque tableau comparatif comporte une colonne France et une colonne OCDE. Le périmètre de la moyenne OCDE est précisé à chaque changement : OCDE complète, OCDE-35, OCDE-29, OCDE-23.
04Les corrélations sont-elles présentées comme des corrélations ?Oui. Les formulations retenues sont « est associé à », « coïncide avec », « va de pair avec ». Les six causalités inverses signalées par l'OCDE font l'objet d'un encadré dédié au §27.
05Les causes supposées sont-elles présentées avec prudence ?Oui. Les quatre forces du recul sont présentées comme complémentaires, avec la phrase de l'OCDE : elles « n'attribuent de responsabilité ni aux élèves, ni aux enseignants, ni aux écoles, ni aux familles ».
06Des résultats PISA sont-ils attribués au CP-CM2 ?Non. L'avertissement figure au §03, au §11, au §16, dans la légende de chaque tableau de la partie III et dans le §27. Aucune colonne de niveau du primaire ne porte de score.
07Les interprétations pédagogiques sont-elles signalées ?Oui, par le marqueur Interprétation et, pour les tableaux, par une mention en légende. Les quatre niveaux de preuve sont définis au §00.
08Les données 2015, 2018, 2022 et 2025 sont-elles distinguées ?Oui. Le §04 explicite les trois horizons et leurs méthodes de calcul différentes : régression linéaire pour la tendance décennale, différence brute avec erreur de lien pour 2022-2025.
09Les limites méthodologiques sont-elles prises en compte ?Oui. Sont explicitement signalées : la limite de l'item unique pour l'état d'esprit de développement, la sensibilité des indices de soutien perçu aux styles de réponse culturels, l'hypothèse conservatrice sur les jeunes non couverts par l'échantillon, la fragilité de trois corrélations après exclusion de pays atypiques, l'ambiguïté du chiffre français sur l'interdiction du portable, et la différence de fenêtre temporelle entre les évolutions 2015-2025 et 2022-2025.
10Le document est-il intégralement en français ?Oui. Les termes anglais sont conservés entre parenthèses lorsqu'ils ont une valeur scientifique propre, et les citations de l'OCDE sont traduites avec renvoi à la page d'origine.
Anomalies relevées dans le rapport original

Quatre points, signalés pour la traçabilité et non comme critique du travail de l'OCDE.

  • Tableau I.1.1, p. 65 : décalage systématique d'une ligne entre les numéros de figures et leurs titres, qui se propage jusqu'à la Figure I.1.12. Les titres corrects sont ceux figurant en tête de chaque figure dans le corps du texte.
  • Encadré de synthèse, p. 69 : l'ordre des systèmes de tête en résolution de problèmes computationnels contredit celui du Tableau I.2.4, p. 84. Les trois valeurs sont identiques, seuls les pays sont permutés. Le tableau fait foi.
  • Annexe A1, p. 308 : renvoi à « Box I.2.4 » pour les gains annuels d'apprentissage, alors que l'encadré correspondant est numéroté I.2.2 au chapitre 2. L'encadré I.2.4 porte en réalité sur la comparaison PISA-PIAAC.
  • Note pays France, p. 7 : « 26 % estiment que l'école a été une perte de temps (moyenne de l'OCDE : 4 %) ». Cette valeur de 4 % est incohérente avec le reste de la note et avec le volume, où l'utilité perçue de l'école s'établit à 45 % en France contre 51 % en moyenne OCDE. Il s'agit très probablement d'une coquille. Ce chiffre n'est pas utilisé dans le présent document.
Ce que ce document ne contient pas, et pourquoi
  • Aucun rang français. L'OCDE ne publie pas de rang et renvoie à des fourchettes disponibles en ligne uniquement.
  • Aucun chiffre de l'Infographic 1 (p. 44). Cette page est une image dont les valeurs ne sont pas extractibles par voie textuelle.
  • Aucune valeur issue d'une lecture de position sur un graphique n'est présentée comme une donnée. Les rares positions relatives citées sont explicitement qualifiées comme telles.
  • Aucune conversion mécanique de points en années de scolarité n'est faite pour la France, puisque aucune estimation de gain annuel n'existe pour elle.
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Sources et traçabilité

Source primaire

OCDE (2026), PISA 2025 Results (Volume I): Future-Ready Students, PISA, OECD Publishing, Paris. 377 pages. https://doi.org/10.1787/73451bc5-en

Source secondaire

OCDE (2026), Résultats du PISA 2025 (Volume I) : Des élèves prêts pour l'avenir, Note pays : France, 13 pages, rédigée par Francesco Avvisati, Direction de l'éducation et des compétences de l'OCDE. Publiée sous licence CC BY 4.0, mêmes conditions d'attribution que le volume.

Une version abrégée du Volume I en français existe également : OCDE (2026), Résultats du PISA 2025 (Volume I, version abrégée) : Des élèves prêts pour l'avenir, https://doi.org/10.1787/72cbf7bd-fr

Volume rédigé sous la direction d'Andreas Schleicher, Lucia Dellangelo et Yuri Belfali, coordonné par Miyako Ikeda. Chapitres 1 et 5 : Miyako Ikeda. Chapitres 2 et 3 : Rodrigo Castaneda Valle, avec Francesco Avvisati pour le chapitre 2. Chapitres 4 et 5 : Nathan Viltard et Daniel Salinas. Représentants français au PISA Governing Board : Thierry Rocher. National Project Manager pour la France : Franck Salles.

Structure du volume

PartieIntituléPages
·Préface, avant-propos, guide de lecture, synthèse et tableaux de synthèse I.1 à I.83 à 45
·What is PISA ?46 à 50
ch. 1Multidimensional student learning in PISA 202551 à 66
ch. 2Student performance in PISA 2025, dont la section équité à partir de la p. 10868 à 149
ch. 3Student attitudes towards learning150 à 216
ch. 4Student school life and beyond217 à 279
ch. 5Students and the environment280 à 307
A1Trends in reading scores over three PISA cycles (2018-2025)308 à 320
A2The PISA target population and the PISA samples321 à 325
A3Technical notes on analyses in this volume326 à 331
B1, B2Results for countries and economies, results for regions332 à 345
C, D, EItems libérés, aperçu des tendances, contributeurs346 à 377
Pagination imprimée du rapport. Le numéro de page du PDF est supérieur de deux unités.

Repères techniques à connaître avant de citer un chiffre

  • Un point PISA correspond à une taille d'effet (d de Cohen) de 0,01 ; dix points à 0,10.
  • Un niveau de compétence représente environ 75 points en sciences, 73 en lecture, 62 en mathématiques.
  • L'erreur de lien entre les sciences 2022 et 2025 est de 2,9 points. Elle est indépendante de la taille de l'échantillon et doit être prise en compte dans toute comparaison entre cycles.
  • Le seuil de significativité conventionnel est de 5 %, soit un intervalle de confiance de l'estimation plus ou moins 1,96 fois l'erreur-type.
  • Les astérisques accolés à certains pays (Canada, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pays-Bas, États-Unis, Albanie) signalent des réserves de l'OCDE sur le taux de participation ou la couverture. La France n'en porte pas : elle a satisfait aux standards d'échantillonnage.
  • Six systèmes ont passé une version papier du test, avec uniquement des items de tendance : Cambodge, Douchanbé, Région du Kurdistan (Irak), Maurice, Rwanda et Zambie.

Encadré 1, p. 23 ; Annexe A3, p. 326-331 ; Guide de lecture, p. 16-18 ; p. 49

Pour aller chercher les données manquantes

La très grande majorité des tableaux de résultats n'est pas imprimée. Les identifiants à utiliser sont ceux des tables I.B1.2a.x (performance), I.B1.2b.x (socio-économique), I.B1.2c.x (genre), I.B1.2d.x (immigration), I.B1.3.x (attitudes), I.B1.4.x (vie scolaire), I.B1.5.x (environnement) et I.A1.x (annexe lecture). Elles sont accessibles par les liens de données du rapport, chapitre par chapitre.

Volumes à paraître

  • Volume II, Connected through English : maîtrise de l'anglais langue étrangère dans 22 pays, dont la France, qui a participé à cette évaluation optionnelle.
  • Volume III, Effective Learners in the Digital World : apprentissage autorégulé et résolution de problèmes avec outils computationnels, exploitant les données de processus de réponse.

p. 49

Statut de ce document

Ce rapport est une lecture française du Volume I de PISA 2025, produite pour un usage de direction d'école et d'équipe pédagogique. Il n'engage ni l'OCDE, ni le ministère de l'Éducation nationale. Les données proviennent exclusivement du volume cité. Les interprétations pédagogiques sont signalées comme telles et n'engagent que ce document.

Établi le 12 septembre 2026 à partir du texte intégral du rapport, révisé le 13 septembre 2026 après intégration de la note pays française. Pagination des documents imprimés.